Critique de film

Momie (La)

"The Mummy"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Horreur - Momies
  • Année de production : 1932
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Karl Freund
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h13
  • Budget : 196 000 dollars
  • Scénariste : Nina Wilcox Putnam, Richard Schayer, John L. Balderston
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  • Bande annonce
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  • Casting : Boris Karloff, Zita Johann, David Manners, Edward Van Sloan, Bramwell Flectcher, Noble Johnson, Leonard Mudie
  • Récompenses : Aucune

Dans l'Egypte ancienne, le grand prêtre Imhotep a été enseveli vivant pour avoir volé un manuscrit qui devait ressusciter sa belle. Découvert sous forme de momie par un archéologue, rendu à la vie, il monte une expédition pour retrouver la tombe de sa bien-aimée. Mais celle-ci s'est réincarnée en jeune femme moderne, et il lui faut la conquérir.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La momie - Rififi en Egypte
Par : Damien Taymans


En 1921, sur le site de Thèbes, des archéologues du British Museum découvrent un sarcophage qui renferme le corps momifié d’Imhotep qui fut embaumé vivant pour avoir transgressé l’interdit en tombant amoureux de la princesse Anck-es-en-Amon. Ramené à la vie par un incrédule qui n’a que faire des malédictions divines, Imhotep s’enfuit en emportant avec lui le parchemin de Thot, outil qui permet de ressusciter les morts. Quelques années plus tard, Imhotep, sous le nom de Ardath Bey, indique où se trouve le tombeau de sa dulcinée. Persuadé qu’Helen Grovesnor, fille du gouverneur du Soudan, est la nouvelle enveloppe corporelle de l’âme de sa feue fiancée, il sème la terreur sur l’expédition…

Après les succès du Dracula de Tod Browning et du Frankenstein de James Whale, Universal persévère dans le rayon horrifique en donnant vie à une autre figure mythique de l’épouvante : la momie. Réalisation confiée à Karl Freund qui oeuvra comme chef op’ sur le film vampirique de Browning après avoir effectué cette tâche sur des joyaux expressionnistes comme Metropolis, Docteur Jekyll et Mister Hyde ou encore Le Golem. Un expressionnisme encore omniprésent dans cette pellicule campée en Egypte dont les somptueux décors exotiques sont sublimés par la photographie majestueuse du réalisateur. La momie, revenons-y. Encerclée par des bandelettes, plus très fraîche sous son amas de Velpo, la momie reprend vie suite à une malédiction qui l’a laissée intacte (ou presque) pour terroriser ceux qui ont osé profaner son tombeau. Difficulté notable : si les légendes foisonnent sur le thème, aucun matériel littéraire n’est réellement exploitable, contrairement aux transpositions antérieures des romans de Mary Shelley et de Bram Stoker. Tâche ardue donc pour John L. Balderston, créateur de la pièce de théâtre contant les aventures du célèbre comte Dracula dont Browning s’est inspiré. Pour édifier son intrigue, Balderston puise dans une multitude de sources diverses et variées allant des manuels d’histoire aux nouvelles de Conan Doyle, en passant par les œuvres cinématographiques contemporaines. Car, à n’en point douter, cet Imhotep est un héritier pas si lointain des créatures mises en scène par la Universal.

A l’instar du capé aux canines acérées, la momie possède une emprise totale sur la jeune femme qu’il tente d’attirer dans ses rets, au détriment de son fiancé actuel (incarné par David Manners qui se trouvait déjà dans cette posture dans Dracula), plongeant la pauvre victime dans un était psychologique quasiment schizophrénique. Pour le défaire, un vieillard, puits de science mythologique qui connaît les incantations capables de désarçonner le rouleau de Lotus (on aura fait toutes les marques) ambulant : un rôle qui incombe à nouveau, comme celui de Van Helsing l’année précédente, à l’excellent Edward Van Sloan. Et pour incarner le monstre, l’inénarrable Boris Karloff qui gagna ses galons et conquit le public grâce à son incarnation d’un rôle muet (à l’orée du cinéma parlant) via le personnage énigmatique de la créature de Frankenstein que Whale s’était escrimé à humaniser. Une humanisation prégnante dans ce nouvel opus puisqu’Imhotep, sous ses allures de monstre sanguinaire, poursuit en réalité une utopie noblement romantique : retrouver celle qui ravit à l’époque son cœur, quitte à braver les interdits des dieux.

Classique parmi les classiques, La momie séduit autant par son attraction photographique qu’il ne déçoit par sa rigoureuse reprise des modèles dont il s’inspire. Ersatz égyptien de Dracula et de Frankenstein, Imhotep traîne ses bandelettes au fil d’une intrigue parfois mollassonne parfois passionnée.

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