Critique de film

La Maison de la terreur

"La Casa con la scala nel buio"
affiche du film
  • Genre : Thriller - Giallo
  • Année de production : 1983
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Lamberto Bava
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Elisa Briganti, Dardano Sacchetti
  • Musique : Guido De Angelis, Maurizio De Angelis
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Andrea Occhipinti, Anny Papa, Lara Naszinski, Fabiola Toledo, Michele Soavi
  • Récompenses : Aucune

Musicien, Bruno loue une grande villa afin dâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de La maison de la terreur - Terrore en un spazio
Par : Damien Taymans




Bruno, jeune compositeur, est mandaté pour créer la musique du film d’horreur que prépare Sandra. Afin de trouver une inspiration maximale, le musicien loge dans une maison sordide vidée de tout habitant, un lieu perdu censé provoquer l’effroi nécessaire à la création de sa partition…

Lamberto Bava, ancien assistant successivement de son père Mario, de Ruggero Deodato et de Dario Argento, signe avec La maison de la terreur son deuxième film, trois ans après son premier essai Baiser macabre qui ne rencontra qu’un succès minime. Au départ destiné au petit écran sous la forme de quatre épisodes d’une demi-heure chacun, le métrage jouira finalement d’une sortie en salles eu égard de ses qualités formelles et de l’ère du temps baignée jusqu’à plus soif dans les gialli. Désireux de combler les lacunes patentes de sa précédente œuvre pas assez habitée à son goût, Bava fils accepte la délicate mission qui lui est confiée de réaliser le film inspiré du scénar rédigé par Elisa Briganti et Dardano Sacchetti. Pour des raisons budgétaires évidentes, le métrage est centré autour de cette obscure demeure, point de départ du projet, investie par l’équipe de tournage avant que le producteur Luciano Martino qui vient de l’acquérir ne commence à la retaper. Un choix artistique qui inclut d’emblée une intrigue claustrophobique, rendue par une inertie géographique omniprésente.

Bien plus qu’une œuvre de commande, La maison de la terreur adopte une trame narrative simpliste (unité de lieu, des meurtres inexpliqués, un assassin invisible) pour toiser du côté du giallo de tradition argentienne. Dépassant le cadre fixé, le métrage s’oriente largement vers le suspense complexe en multipliant les crimes et les pistes, en se doublant d’une dimension artistique duelle (le film dans le film, la répercussion dans la réalité d’événements émanant de la pellicule). Préfiguration de l’idée centrale de son futur Démons où des brassées de forces démoniaques investissent une salle de cinéma en traversant l’écran ? Rien n’est moins sûr. Cette mise en abyme trouve plutôt sa raison d’être dans les multiples références que Bava intègre au sein de son métrage, renvoyant ainsi aux Pulsions et surtout Blow out de De Palma, ou au Ténèbres (et sa musique électronique) d’Argento tout en lorgnant du côté des œuvres de son paternel (l’entrée en faux-semblant s’inspire autant du film de De Palma que de La fille qui en savait trop). Enfin, sautant les générations, Lamberto insère un clin d’œil plutôt bien foutu au génial Hitchcock par le truchement d’un horrible meurtre au sein de la salle de bains et d’un dénouement quasiment semblable à celui de Psychose. Malgré ses épanchements dans un gore soft, le métrage perd pourtant toute saveur assez rapidement en raison de la multiplicité des pistes qu’il propose et des thèses foireuses qu’il tente de soutenir afin de maintenir une tension désamorcée par des séquences à la limite de la comédie familiale. Embourbé dans une narration épileptique rendue par des montages en parallèle souvent approximatifs, le giallo devient davantage un chat à neuf queues empilant les cadavres qu’une œuvre cohérente reposant sur une enquête relativement ficelée (la découverte du tueur totalement absconse).

Ultra-référentielle, La maison de la terreur perd de son éclat en s’appropriant force brillantes idées gialliques quelque peu épuisées depuis. En résulte une œuvre sise le cul entre deux chaises qui parvient difficilement à calfeutrer le manque de moyens derrière une atmosphère claustrophobique souvent trop peu soutenue.

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