Critique de film

Légende de Beowulf (La)

"Beowulf"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Robert Zemeckis
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h53
  • Budget : 150 millions de dollars
  • Scénariste : Neil Gaiman, Roger Avary
  • Musique : Alan Silvestri
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ray Winstone, Angelina Jolie, Anthony Hopkins, Crispin Glover, Robin Wright Penn, John Malkovich, Brendan Gleeson, Alison Lohman, Greg Ellis, Sebastian Roche
  • Récompenses : Nominé au Critics Choice Award du Meilleur film d'animation (2008)
    Nominé aux Satellite Awards de la Meilleure image et des Meilleurs effets visuels (2007)

En ces temps lointains, les sauvages contrées du Nord de l'Europe étaient peuplées de héros et de monstres, et des hommes audacieux, taillés pour la lutte et les conquêtes, pouvaient encore se forger des destins d'exception. Le plus glorieux d'entre ces aventuriers fut le Viking Beowulf, qui surgit un beau jour pour sauver le vieux roi Hrothgar et ses sujets des assauts d'une féroce créature. Son nom devint vite légendaire à travers le royaume et, partout, l'on chanta sa bravoure face au maléfique Grendel. Beowulf ne devint pas seulement célèbre, mais riche. Et avec la richesse vinrent bientôt de dangereuses tentations et une inextinguible soif de pouvoir. Car le héros était aussi humain, trop humain, sans doute, et le guerrier plus avide, plus ambitie et bien plus faillible qu'on ne l'imaginait...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La légende de Beowulf - Je suis Beowulf. Pourfendeur de critique !
Par : Chroniqueurs




Par Dante

La légende de Beowulf est une révolution dans bien des sens. Tout d’abord celle du réalisateur. Alors que Zemeckis nous avait habitués à du léger et du gentil, comme Forrest Gump ou son mitigé Pole Express, il abandonne ici complètement les contes de noël et se soucie peu des enfants. Les dés sont jetés dès les premières minutes du film : Vikings braillards, complètement saouls, enclins à culbuter tout ce qu’ils trouvent et chantant des chansons paillardes propres à faire blanchir un muletier. On est donc amené très rapidement dans une atmosphère chaleureuse et guerrière, qui n’est pas sans rappeler Le 13ème guerrier de McTiernan. Après une scène d’étripage en règle, où ça gicle dans tous les sens, on découvre Beowulf, héros légendaire du Nord, qui n’a ici aucune ressemblance avec le regretté Christophe Lambert (ah non, il n’est pas mort), autant dire également que La légende de Beowulf n’a rien à voir avec le précédent opus nommé Beowulf, on se demande bien pourquoi d’ailleurs.

Zemeckis s’éloigne également de l’imagerie du héros pur et désintéressé en nous livrant un Beowulf cruel et arrogant qui adore raconter ses exploits (la course de nage) et dévoiler son corps d’athlète (la scène du combat). Vous l’aurez compris, pas un zeste de sensibilité ou de poésie, hormis une petite chanson douce glissée au milieu des hurlements des ivrognes. Zemeckis s’éloigne donc de sa filmographie pour nous livrer une œuvre brutale et épique, dans la digne lignée du 13ème guerrier, qui restait à ce jour le meilleur film sur l’ambiance nordique du Moyen Age. Mais, plus qu’une simple vision de la vie de ces barbares venus du froid, Zemeckis s’inscrit également dans la légende en nous montrant des combats acharnés entre hommes et monstres, dragon furieux, et démon envoûtant. Comme il le faisait avec les contes de Noël, il met en image La légende de Beowulf dans toute sa fureur et sa cruauté. La musique y est aussi pour beaucoup, un score sauvage et épique qui entre tout à fait dans le cadre du film.

Question scénario, l’histoire est simple et n’est faite que pour mettre en avant combats et affrontements dantesques (on ne s’en plaindra pas, on était là pour ça). Mais La légende de Beowulf porte le même défaut qu’une oeuvre comme 300. Bien que l’action soit mise en avant et comble les attentes des plus difficiles par son intensité, c’est dans les dialogues que le film pèche. Outre les déballages d’insultes et les répliques senties de Beowulf « Je suis Beowulf le pourfendeur de monstres », le niveau s’arrête là. Et quand, dans la deuxième partie du film, quelques dialogues apparaissent, ils sont rendus indigestes par la technologie de la performance capture.

La voilà la deuxième révolution du film et non la moindre. La technologie de la performance capture n’a pas fini d’être sujette à des controverses et des disputes acharnées. Alors que Le Pole Express avait déçu notamment par ses performances technologiques, la performance capture est ici grandement améliorée dans La légende de Beowulf et elle y montre ses possibilités infinies autant que ses limites. Le rendu dans l’action est irréprochable et dès la première attaque on sent les possibilités de cette nouvelle technologie : placement de caméra improbable, censure reculée, possibilités multiples dans le jeu des personnages et leurs mouvements. Bien sûr tout cela au mépris du réalisme, mais dans un film comme La légende de Beowulf, cela passe parfaitement. Malgré ça, le réalisateur se donne parfois trop de liberté, ce qui fait passer le film pour des cinématiques de jeu vidéo, notamment lors du combat final. Mais là où résident les plus grosses lacunes de la performance capture, c’est dans les dialogues, les personnages bien qu’humanisés, sont loin d’atteindre toutes les subtilités du visage humain. Ici, Anthony Hopkins ressemble à un gros bébé alcoolique, John Malkovich a un faux air de conspirateur japonais avec sa moustache, Ray Winstone est méconnaissable (on comprend pourquoi) et bien sûr la plastique d’Angelina Jolie est très bien mise en avant mais nous fait tout de même regretter le réel. Si tout cela peut passer dans les scènes d’action, les dialogues, eux, sont complètement dénaturés et on a beaucoup de mal alors à rentrer dans l’intrigue.

La légende de Beowulf est donc un grand film épique comme on aimerait en voir plus souvent, mais qui, de par l’utilisation de la performance capture manque, et c’est un comble de le dire, d’action. En espérant les prochaines corrections de cette nouvelle technologie qui repoussera encore un peu plus loin les limites du cinéma.


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