Critique de film

La Ferme de la terreur

"Deadly Blessing"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Wes Craven
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h40
  • Budget : 2,5 millions de dollars
  • Scénariste : Glenn M. Benest, Matthew Barr, Wes Craven
  • Musique : James Horner
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Maren Jensen, Sharon Stone, Susan Buckner, Jeff East, Colleen Riley
  • Récompenses : Aucune

A la suite de la morte suspecte de son mari, Martha Schmidt devient témoin de phénomènes de plus en plus inexpliqués et effrayants. Il est vrai qu'à proximité de chez elle s'est installée une étrange communauté religieuse: les Hittites. Ces derniers vivent en autarcie et refusent toute technologie moderne car ils y voient à la place des manifestations du Démon.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La ferme de la terreur - Hittites, téléphone, démon
Par : Damien Taymans




Martha Schmidt, à la suite de la mort accidentelle de son mari, devient le témoin de phénomènes de plus en plus étranges qui ne peuvent provenir que de la communauté Hittite installée à deux pas de chez elle dont son feu époux a été banni lorsqu’il l’a demandée en mariage. Les sectaires voient en Martha la représentante de l’incube, personnage démoniaque aux pouvoirs malfaisants…

Devant la difficulté de trouver des financements pour sa Créature du marais (ses précédents La dernière maison sur la gauche et La colline a des yeux lui ont bâti une réputation de pornocrate), Wes Craven rejoint le tournage de La ferme de la terreur, métrage pour lequel il n’a au départ été engagé que pour réécrire le premier scénario. Doté d’un budget confortable (en regard des précédentes pelloches fournies par le cinéaste) de 3,5 millions de dollars, à la tête d’un casting honorable (le monstre antipathique Michael Berryman que le réal transforma sans mal en redneck pour La colline a des yeux, le vétéran Ernest Borgnine et la débutante Sharon Stone qui signe alors sa deuxième apparition à l’écran), Craven voit dans cette œuvre de commande une excellente opportunité de se sacrer définitivement en tant que maître du film de genre (un carcan qu’il jugera réducteur par la suite) en enfilant les situations horrifiques. Dans ce domaine, impossible de bouder son plaisir : arachnide qui s’invite dans la bouche d’une Sharon Stone passive, un serpent pervers qui se faufile dans le bain de la mignonne Maren Jensen (une séquence qui préfigure l’une des plus célèbres des futures Griffes de la nuit), une pendaison, une femme brûlée vive dans sa propre voiture, Craven compile les séquences-chocs pour créer un climat anxiogène. Un climax soutenu par la faune hétérogène, pendant religieux des rednecks chers au cinéaste. Impossible d’appréhender autrement cette communauté consanguine dominée par l’inquiétant patriarche Isaiah qui renvoie les acteurs de La Petite maison dans la prairie à leurs devoirs en leur inculquant la foi par le truchement de flagellations rédemptrices et autres coups de boutoirs.

Revanchard à l’égard de la tradition baptiste radicale dans laquelle il a grandi, Craven multiplie les attaques pamphlétaires via sa pellicule en accolant à la tribu des Hittites de bien curieuses traditions et en les dépeignant comme une organisation sectaire intégriste qui n’hésite pas à bannir tout dissident à leur morale précaire. Pourtant, si les véhémences du cinéaste sont légion, elles ne restent souvent qu’au rang de métaphores bancales à défaut d’être approfondies et se trouvent en outre désamorcées par un dénouement pour le moins curieux imposé par la production au réalisateur qui lui préférait un recul plus tacite et inquiétant, laissant planer un voile d’inaboutissement sur son œuvre. Le cinéaste oscille entre deux tendances, l’une personnelle, l’autre commanditée de créer une œuvre terrifiante et d’y glisser une allusion corrosive à l’encontre d’une religion abrutissante qui aveugle ses disciples en leur fournissant des œillères dès le berceau. Bringuebalant d’une tendance à l’autre, l’intrigue se repaît tantôt aux abreuvoirs des Hittites tantôt à la mangeoire de la petite équipée cloisonnée dans sa ferme pour finalement se morceler en deux sous-trames qui s’entrechoquent par l’entremise d’une surabondance d’effets incessamment contrebalancée par des séquences mollassonnes aux verbiages gonflants.

La ferme de la terreur, loin d’être un chef-d’œuvre dans la carrière en dents de scie du réalisateur, constitue une série B horrifique sympathique aux effluves seventies prégnantes. Certaines scènes séduisent par leur efficacité tandis que l’ensemble pâtit d’un manque de rythme préjudiciable à l’installation du moindre climax.

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