Critique de film

La chute de Londres

"London Has Fallen"
affiche du film
  • Genre : Action
  • Année de production : 2016
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA, Grande-Bretagne, Bulgarie
  • Durée : 1h39
  • Musique : Trevor Morris
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Les plus grands leaders du monde occidental sont attendus à Londres aux funérailles du Premier ministre britannique, mort dans des circonstances plus que douteuses. Mais ce qui avait commencé comme l’événement le plus sécurisé de la planète tourne rapidement au désastre. Cible d’un complot terroriste, la capitale anglaise est mise à feu et à sang et la plupart des chefs d’état faits prisonniers. Seuls ont pu s’échapper le président américain et l’agent secret Mike Banning, qui vont devoir à la fois combattre pour survivre et mettre fin aux agissements des terroristes.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La chute de Londres
Par : Fred Pizzoferrato


Voici trois ans, deux studios se livrèrent à une petite guéguerre absurde en opposant deux long-métrages à l’intrigue similaire. Produit par Millenium, le modeste mais solidement burné La Chute de la Maison Blanche avait récolté un franc-succès avec plus de 160 millions de dollars de recettes pour un budget estimé à 70 millions. Une belle opération qui écrasa le pourtant très divertissant White House Down dont le budget pharaonique (150 millions) ne fut que péniblement remboursé. Guère étonnant que La Chute de la Maison Blanche ait droit à une suite à l’intrigue identique caractérisée par une évidente volonté de surenchère spectaculaire, agrandissant le huis-clos à une capitale entière.

Fonçant à cent à l’heure (la durée réduite à 99 minutes aide à ne pas s’ennuyer) La Chute de Londres enquille joyeusement les clichés au niveau des différents chefs d’Etats : le Français est un glandeur buveur de champagne, l’Allemande une acariâtre de la pire espèce, le Japonais un vieux râleur et l’Italien se tape une jeunette en haut de l’abbaye de Westminster. Mais aucun n’a droit à plus d’une minute de présence puisque tous périssent dans une vague d’attentats à grande échelle orchestrés par d’immondes barbus dirigés depuis un pays arabe non identifié par le très méchant Aamir truc muche.

Heureusement, Mike Banning (Gerard Butler) remet le couvert pour sauver le seul qui leur échappe, à savoir le président américain. Et comme il le dit, « ceux de votre espèce veulent notre mort mais nous sommes plus qu’un pays, plus qu’un drapeau et dans deux mille ans on vous cassera encore votre sale gueule ». Le garde du corps ultra viril (un tiers John McClane, un tiers du John Matrix de Commando et un tiers du Chuck Norris d’Invasion USA…le tout sous l’influence manifeste du Jack Bauer de « 24 heures chrono ») et le leader du monde libre se trouvent donc embarqués dans une longue course poursuite qui voit les principaux monuments de la capitale anglaise complètement désintégrés par les terroristes. Ces derniers ayant infiltré la police, la ville se voit livrée à elle-même mais Banning va néanmoins réussir à les tuer jusqu’au dernier. Le final, excessif et jouissif, nous montre d’ailleurs le héros investir le repaire des méchants pour les buter un par un avec de belles éclaboussures écarlates. Lorsqu’un militaire lui déconseille d’entrer dans le refuge des barbus car il y a « au moins cent terroristes là-dedans », Banning réplique du tac au tac « alors ils ne sont pas assez nombreux ». Fun. Un autre moment sympa voit le héros torturer puis tuer le frère du chef terroriste avec qui il communique par téléphone. Lorsque le président lui demande si c’était nécessaire il répond malicieusement « non ». De bons moments bad-ass.
La Chute de Londres constitue donc un bon divertissement du samedi soir qui exhale l’amitié virile (Butler ne peut s’empêcher de répéter « qu’il a des couilles ») et le patriotisme à la gloire des Etats-Unis avec un message radical et réactionnaire des plus sympathiques dans la tradition des meilleures productions Cannon des années 80. Les effets spéciaux oscillent entre le réussi et le bâclé (certains rappellent les pires téléfilms Syfy) mais participent au charme d’un long-métrage bourré jusqu’à la gueule de testostérone et dont la principale ambition consiste à détruire un maximum de monuments et à abattre un maximum de méchants en un minimum de temps. Les invraisemblances criantes et l’invulnérabilité absolue des héros (le président et son garde du corps s’en tirent sans une égratignure alors que la moitié de Londres explose) participent à l’ambiance cartoonesque d’un film où tout se résout facilement, à savoir d’une bonne balle dans la caboche.

Dans les limites de ses ambitions et en dépit de passages mal branlés qui auraient mérité davantage de finition, La Chute de Londres assure le spectacle et s’offre même quelques petites prouesses comme une jolie fusillade en plan séquence. Si le tout ne retrouve pas l’énergie brute de La Chute de la Maison Blanche, cette séquelle reste globalement efficace et, malgré une légère déception (on n’est pas loin qualitativement parlant de ces suites hâtivement emballées pour le marché dtv), on passe un bon moment devant cette résurrection du cinoche couillu des eighties. A regarder une main dans le popcorn et une autre sur la bannière étoilée.


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