Critique de film

La Bicyclette à remonter le temps

"The Two-Wheeled Time Machine "
affiche du film
  • Genre : Court-métrage - Fantastique, Science-Fiction
  • Année de production : 1997
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : David Lowe
  • Pays d'origine : Australie
  • Durée : 21 minutes
  • Scénariste : David Lowe
  • Musique : Max Lyandvert
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Essie Davis, Matt Day, Treffyn Koreshoff
  • Récompenses : Aucune

Tout enfant, un excentrique à vélo confie un secret à Henry : si l'on va assez vite (et le vélo suffit), on peut fuir le temps qui ne vous rattrapera plus. Il quitte Ally, celle qu'il aime et fuit le temps, retrouvant Ally, une fois tous les quinze ans, le temps d'un moment seulement avant de repartir et fuir le temps.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La bicyclette à remonter le temps - De temps en temps
Par : Quentin Meignant


Après son court thriller, Freestyle, récompensé au San Diego International Film Festival, David Lowe termina ses études en 1997 en présentant un nouveau court-métrage intitulé The Two-Wheeled Time Machine, autrement dit La bicyclette à remonter le temps. Doté d’un titre pour le moins original, ce petit film de fin d’études pourrait être perçu comme un ersatz de la fameuse saga Retour vers le futur qui avait marqué la fin des 80’s et le début des 90’s. Mais Lowe, en bon australien qu’il est, entendait surtout rendre un vibrant hommage au cinéma de l’illustre Peter Weir, l’un des plus grands cinéastes qu’ait connu le pays des kangourous et des koalas. Même si le thème du métrage est évidemment le voyage dans le temps à l’aide d’une bicyclette, c’est avant tout dans le traitement du sujet que se distingue l’œuvre de Lowe.

Les éléments qui ont fait le succès de Peter Weir se retrouvent donc assez aisément au fil de ce court. Ainsi, la photographie, campagnarde à souhait, tient tout d’abord le haut du pavé, avant de céder le relais au mystère, véritable marque de fabrique de l’œuvre weirienne. Sans l’ombre d’une explication, qui se serait d’ailleurs avérée vaine voire ridicule de niaiserie, Lowe procède avant tout en mettant en avant la valeur graphique et inattendue de sa mise en scène. Un mystérieux coursier roulant à vélo, un monstre, sorte de mélange entre un coyote et un dragon, surgissant dans le ciel enveloppent l’ensemble dans une sorte de brume scénaristique encore exacerbée par d’indicibles ellipses.

Le court entre alors dans sa phase la plus importante et Lowe y apporte un traitement tout particulier. Sortant totalement des sentiers battus du voyage dans le temps, le réalisateur préfère s’attarder sur les retours de son héros dans le présent, laissant ainsi de côté ses aventures dans le passé et le futur. Les fondements de cette originalité trouvent leur ancrage dans un romantisme d’une poésie rare, rappelant étrangement le très troublant Pique-nique à Hanging Rock. Emouvant, envoûtant et fluide (on ne peut qu’apprécier l’emploi des nombreuses ellipses), le film monte alors en puissance jusqu’à un merveilleux final, meilleure conclusion possible à une œuvre d’une telle puissance.

David Lowe parvient, avec cette Bicyclette à remonter le temps, à rendre un brillant hommage au maître Peter Weir. Court-métrage d’une classe rare, ce film s’avère aussi être très intense émotionnellement parlant. Lowe, qui n’est toujours pas passé au long et qui a d’ailleurs totalement disparu de la circulation, a prouvé qu’il était de la race des tous grands réalisateurs australiens.

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