Critique de film

La Secte

"La Setta"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Satanisme
  • Année de production : 1991
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Michele Soavi
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h56
  • Scénariste : Dario Argento, Gianni Romoli, Michele Soavi
  • Musique : Pino Donaggio
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Kelly Curtis, Herbert Lom, Mariangela Giordano, Michel Adatte, Carla Cassola, Angelika Maria Boeck, Giovanni Lombardo Radice, Niels Gullov, Tomas Arana, Donald O'Brien,...
  • Récompenses : Aucune

Myriam, une jeune femme, renverse un vieillard en voiture. Il refuse d'aller à l'hôpital, mais accepte de se reposer chez elle. Il semble connaître la maison et lui fait part d'une mystérieuse destinée avant de s'éteindre. Bientôt, des faits étranges et sanglants se produisent dans l'entourage de Myriam.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Secte - Soavi s’aguerrit...
Par : Quentin Meignant


Soavi… Ce nom ne sera pas sans vous rappeler l’excellent Dellamorte dellamore que le réalisateur transalpin signa en 1994, alors que le Festival Fantastic’Arts arrivait à peine sur le territoire de Gerardmer. Ce grand monsieur du cinéma italien contemporain marqua visiblement les organisateurs de l’événement qui, deux ans plus tard, le choisirent comme membre du jury.

Mais sachez que ce film n’est pas sa première œuvre et que, bien avant les aventures de Francesco et Gnaghi, Michele s’était déjà lancé dans le grand bain du cinéma de genre. Dans sa filmographie, nous retrouvons donc des œuvres diverses comme Bloody Bird et La secte, film auquel on va s’attacher tout particulièrement. Ces films, relativement passés inaperçus sur le marché, sont le meilleur moyen d’évaluer les progrès de Soavi et de constater à quel point son style unique était presque inné.

En effet, l’univers particulier du réalisateur filtre à travers chaque plan, chaque mouvement de caméra dans un film qui, sans être un canon du genre, possède des qualités techniques insoupçonnées. Pour ce qui est son cinquième film, Soavi a donc trompé tout le monde : le public s’attendait à une série B rythmée et il a plutôt eu droit à un film techniquement très abouti au rythme un peu moindre.

C’est d’ailleurs à proprement parler le seul reproche que l’on puisse faire une œuvre néanmoins déplaira au grand public de par son inégalité. Rien ne vient en effet sauver une intrigue décidément trop molle et trop « distante » du spectateur. On ne se sent jamais concerné par une histoire sortie de nulle part. Le montage est parfois le responsable d’une trop grande incompréhension des tenants et des aboutissants. En de rares instants, le stress s’empare néanmoins du spectateur grâce à l’ambiance quelque peu claustrophobique de certaines scènes, comme par exemple celle de la morgue. Parfaitement réussie, cette dernière installe un véritable climat de terreur hélas suivi par… le néant !

C’est donc dans l’indifférence la plus totale que l’action se déroule mais après tout, ce n’est pas là le principal ! Tous les scénarios ne peuvent pas être réussis et le métrage recèle bien d’autres qualités pour nous charmer.

Ce qui frappe tout le long du film, c’est le brio avec lequel Soavi parvient à nous faire éprouver diverses sensations par des manières diverses. Nous reconnaissons tout d’abord le cadre comique qui fit le succès de Dellamorte Dellamore. Certes, Soavi n’en est qu’aux prémices du niveau artistique qu’il a atteint trois ans plus tard, mais sa « patte » est bien présente dans certaines scènes. Le fait de se faire dérouler la scène de départ dans le monde hippie a quelque chose de totalement original et disgrâcieux : l’horreur est donc présente aussi dans ce monde idyllique et révolutionnaire ! Peu de réalisateurs y avaient pensé !

Ensuite, Michele nous abreuve pour notre plus grand plaisir de scènes d’une drôlerie savamment étudiée : un lapin qui zappe, des gros plans de gosses aux déguisements animaliers ridicules ! Tout est fait et bien fait pour que ces scènes se fondent dans le flux d’images. Ce surréalisme dans l’image jette les solides bases qui seront celles des aventures de Francesco Dellamorte.

Vu le manque de moyens flagrant dont fut frappé le film, les prouesses réalisées par Soavi tiennent du miracle ! La musique, signée par l’inévitable Pino Donaggio (Carrie, Piranhas, Black Cat,…), est une petite merveille d’efficacité s’accordant parfaitement avec des mouvement de caméras d’une qualité et d’une précision chirurgicale.

Il n’y a donc que le scénario, pourtant revendiqué par Dario Argento entre autres, qui est réellement décevant mais le problème, c’est qu’il vide le film de beaucoup de sa substance. La seule chose qui en vaille la peine est un parallélisme entre la naissance de l’antéchrist et celle de Jésus qui eut lieu 2000 ans plus tôt. Ce parallélisme, habilement amené, peut faire froid dans le dos ou tout simplement faire réfléchir ceux qui s’en donneront la peine.

La prestation des acteurs n’a rien d’exceptionnelle et s’accorde avec le mauvais scénario : sans âme ! Mais n’en tenons pas rigueur à un Michele Soavi qui nous a montré qu’il savait monter en puissance. Espérons qu’il revienne bientôt nous régaler de son humour sinistre !

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage