Critique de film

Nuit de la mort (La)

"La nuit de la mort"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Cannibales
  • Année de production : 1980
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Raphaël Delpard
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h30
  • Scénariste : Raphaël Delpard, Richard Joffo
  • Musique : Laurent Petitgirard
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Isabelle Goguey, Charlotte de Turckheim, Betty Beckers, Michel Debrane, Ernest Menzer, Georges Lucas, Germaine Delbat,...
  • Récompenses : Aucune

Martine décide de se prendre un poste d'infirmière-gouvernante dans une maison de retraite après avoir quitté Serge. Y rencontrant une irascible collègue Nicole Clément, elle découvrira que l'autoritaire directrice, Mademoiselle Hélène et tous les vieux pensionnaires semblent tous mijoter quelque chose de pas net pendant la nuit...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Nuit de la Mort - Une belle surprise !
Par : Quentin Meignant




On ne peut pas vraiment dire que Raphaël Delpard signa une grande carrière en tant que réalisateur. L’homme, à la base acteur (La grande lessive), signa, comme réalisation la plus connue, Les bidasses aux grandes manoeuvres, film pseudo-humoristique rasant le degré zéro de du baromètre du rire.

A son palmarès, on compte aussi deux films de genre : le très pénible Clash (1984) et La nuit de la mort, film étonnamment distribué en DVD par Eurociné. Il s’agit donc là d’une petite curiosité dans le monde de l’horreur et il faut donc regarder ce film avec une précaution indispensable : ne pas être trop exigeant ! Surtout au vu de la première scène : un acteur interprète assez mal la lecture d’une lettre qui nous est d’ailleurs lue par une voix off peu engageante. Cette entame particulièrement maladroite fait furieusement penser à un petit Z fauché qui se prend au sérieux.

Néanmoins, on a vite fait de se raviser à la vue de la séquence suivante : un immense château, sombre juste ce qu’il faut, qui fait office de home pour vieillards, fait face à Martine, l’héroïne du film. Cette dernière ne tarde pas à rencontrer la ravissante et toute jeune Nicole, alias Charlotte de Turckheim, qui sera victime un peu plus tard du cannibalisme des vieux. La prestation de cette dernière est exceptionnelle : nue, maniant à merveille l’art de la Scream Queen, elle fait montre d’un grand talent qui ne tardera pas à la révéler aux yeux de quelques autres réalisateurs. Il s’agit donc là du premier vrai rôle de Charlotte de Turckheim qui avait juste fait une apparition dans Les dépravées du plaisir (Ca c’est un bon film !), film X à la française, en 1975 !

Mais ne nous déconcentrons pas et revenons à nos moutons : ce qui trouble, en ce début de métrage, c’est indéniablement la bande originale torturée que nous livre Laurent Petitgirard, compositeur du générique de Maigret, le fana de la pipe. Cette dernière donne un certain punch mais traduit aussi tout le malaise que Delpard essaie de nous faire ressentir. Ainsi, chaque séquence mettant en scène l’un des vieux cannibales est une pure folie : on se demande clairement ce que cherchent ces gens affamés de chair humaine et au regard totalement hagard.

La mise en scène prônée par Delpard est efficace, d’autant que les (vieux) acteurs s’en donnent véritablement à coeur joie : avançant groupés, se battant comme des chiffonniers, volant un coeur, ces petits grabataires ont décidément bien plus de répondant que prévu au niveau horrifique !

Des scènes d’un gore exquis font d’ailleurs bien vite leur apparition : éviscération et dégustation d’organes sont aux menus pour ces chers vieillards qui n’en ratent décidément pas une pour mettre en ostentation toute la répugnance de leur condition.

Sans être d’une qualité inégalable (on constate quand même quelques défauts graphiques), ces séquences de cannibalisme font réellement froid dans le dos, surtout quand on a la certitude que notre jolie et pauvre héroïne sera la prochaine victime sur la liste...

Mais voilà, les certitudes sont faites pour être bousculées et Delpard nous sort de sa poche deux twists gigantesques qui retournent totalement l’histoire et qui provoquent une grande hausse du rythme. Si le premier twist est plutôt prévisible, il n’en est pas moins jouissif puisqu’il annonce un final qui fleure bon le massacre sanguinaire de vieux, utopie rêvée par la moindre infirmière homesque... Mais, là où Delpard aurait pu s’arrêter et nous présenter un film somme toute banal, il décide de remettre le couvert en intronisant un ultime élément perturbateur dans son film. Ce dernier élément qui ne fut évoqué qu’avec éloignement jusque-là fait son apparition dans un final qui surprendra tout le monde. Alors que l’on se dirigeait tranquillement vers le générique de fin, Delpard bouleverse tous les codes du genre en nous montrant ce que l’on a eu sous le nez durant tout le film. Authentique et jouissive prise de risque à mettre au crédit de ce réal méconnu.

Une fin on ne peut plus froide, à l’image d’un film qui constitue une magnifique surprise ! S’éloignant des métrages du même genre, Delpard a su ménager une belle place à son film dans le paysage du cinéma bis français des 80’s... On ne peut que regretter qu’un tel réalisateur n’ait pas persévéré dans cette voie. Ce film est en tout cas une petite gourmandise à la française à découvrir de toute urgence !

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