Critique de film

Montagne du dieu cannibale (La)

"La montagna del dio cannibale"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Horreur - Cannibales
  • Année de production : 1978
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Sergio Martino
  • Pays d'origine : Italie
  • Durée : 1h39
  • Scénariste : Cesare Frugoni, Sergio Martino
  • Musique : Guido De Angelis, Maurizio De Angelis
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Ursula Andress, Stacy Keach, Claudio Cassinelli, Antonio Marsina, Franco Fantasia,...
  • Récompenses : Aucune

Accompagnée de son frère et du professeur Foster, Susan Stevenson part à la recherche de son mari disparu au cours d'une mission anthropologique en Nouvelle-Guinée. Pour cela, ils doivent passer par la terrible jungle de Marabata, territoire d'une féroce tribu cannibale, les Pukas.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Montagne du dieu cannibale - L’exotisme en maître
Par : Quentin Meignant




Après des années 60 et 70 riches en chefs-d’œuvre, allant du giallo au film d’horreur dans la plus pure tradition du genre, l’Italie s’enfonça petit à petit dans les méandres du film d’exploitation et du cinéma bis. Cette « descente aux enfers », dont les films de cannibales demeurent les principaux représentants, fut certes pavée de bonnes intentions et de quelques chefs-d’œuvre (Cannibal Holocaust pour ne citer que lui) mais fut surtout synonyme de déclin du cinéma de genre dans la botte transalpine. A la base de cet essoufflement se trouvent quelques petits faiseurs tels que Bruno Mattei, Umberto Lenzi ou encore Sergio Martino. Le cinéaste proposa lui aussi sa vision du film d’aventures teinté de cannibalisme avec La Montagne du dieu cannibale, métrage au pitch classique mettant en scène une jeune femme, Susan Stevenson, partant à la recherche de son mari, anthropologue disparu dans la jungle de Nouvelle-Guinée. Elle y fera la rencontre d’une tribu cannibale assoiffée de chair humaine.

Partant d’un script d’un classicisme assez repoussant, Sergio Martino, débute son œuvre de manière maladroite, par la lecture d’un texte présentant les dangers qui découlent d’un voyage dans la jungle de Nouvelle-Guinée. Certes, cette lecture a le don de mettre le spectateur face au propos principal du métrage mais le discours, lu d’une voix monocorde, tranche directement avec un générique de qualité et met en avant les défauts d’un montage sonore rudimentaire. S’ensuivent alors nombre de bavardages censés jeter les bases d’une intrigue paraissant prévisible et inintéressante. Chose que viendra démentir la seconde partie, Martino évitant brillamment un manichéisme irritant et instillant à son œuvre un soupçon d’ingrédients du thriller, nécessaires à la bonne tenue de l’intrigue.

Assez captivant, le déroulement de l’aventure donne lieu à quelques séquences sanguinolentes kitsches, bien représentatives des sous-productions italiennes de l’époque. Martino, conscient des défauts graphiques de l’ensemble, se livre alors, tels un documentariste, à des plans d’une faune agressive. Les scènes montrant des serpents dans leur milieu naturel ou en plein repas (mémorable séquence d’un anaconda dévorant un singe) ou des sauriens attaquer un animal quelconque sont légion et offrent à l’ensemble un cadre exotique du plus bel effet. A vrai dire, hormis Cannibal Holocaust et son déferlement monstrueux, La Montagne du dieu cannibale parvient comme aucune autre œuvre à dépeindre l’enfer à ciel ouvert que représente la jungle. Ce simple fait suffit à combler le spectateur en manque de sensations fortes, tandis que quelques notes d’un score cauchemardesque viennent parachever à merveille des éviscérations finales assez bien maîtrisées.

Loin d’être un chef-d’œuvre, La Montagne du dieu cannibale demeure à ce jour l’un des meilleurs films d’aventures mettant en scène l’anthropophagie. Martino parvenant à combler les énormes lacunes de son œuvre par un scénario un peu plus original que la moyenne et par une générosité graphique étonnante, le métrage acquiert au fil du temps un certain degré de sympathie, il est vrai bien aidé par les formes généreuses d’Ursula Andress.


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