Critique de film

La Famille Pierrafeu

"The Flintstones"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Fantastique
  • Année de production : 1994
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h31
  • Budget : 45 millions de dollars
  • Musique : David Newman
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Dans un petit village préhistorique, les familles Pierrafeu et Rubble sont les meilleures amies du monde. Après avoir gagné un concours grâce aux Rubble, Fred Pierrafeu est promu bras droit de son patron et est contraint de prendre des décisions à l'encontre de ses amis. Fred ignore qu'il est alors victime des plans machiavéliques de son patron...

Les critiques à propos de ce film

Critique de La Famille Pierrafeu - Yabba-Dabba-Daube !
Par : Samuel Tubez






En 1994, le spécialiste en films familiaux Brian Levant (Beethoven, La course au jouet) adapte le dessin animé Les Pierrafeu (1960) des studios Hanna-Barbera dans un film live avant tout destiné aux plus jeunes. Le tout avec la complicité de John Goodman, Rick Moranis…et du Jim Henson’s Creature Shop !

Maintenant au fil des années une certaine exigence dans l’innovation des techniques d’animation et de manipulation tout en demeurant fidèle à l’esprit artisanal de leur père spirituel, les artistes du Jim Henson’s Creature Shop inventent et perfectionnent au début des années 90 le Henson Performance Control System qui permet la transmission de données enregistrées sur ordinateur afin d’animer à distance leurs animatroniques. Leurs créatures gagnent ainsi des expressions faciales de plus en plus complexes et réalistes et ce, dès Les Tortues ninja en 1990. L’une des œuvres exploitant parfaitement ce procédé est la série Dinosaures avec ses créatures anthropomorphes, ainsi que le film Babe (d’ailleurs oscarisé en 1996 pour ses effets visuels) qui est probablement l’un des sommets en matière d’avancée technologique dans l’univers de ces marionnettes aux servomoteurs complexes. Mais pour l’heure, nous sommes en 1994 et la compagnie est en charge des animaux préhistoriques habitant la ville de Bedrock. Dinosaures, mammouths et volatiles y cohabitent avec les humains, dont les principaux héros sont Fred et Wilma Pierrafeu, accompagnés de leurs amis Barney et Betty Laroche. Nous sommes bien sûr dans une préhistoire imagée où les autochtones vivent avec des codes de sociétés modernes (ils pointent à l’usine, tondent leur pelouse ou possèdent un broyeur à ordures caché sous l’évier), ce qui laisse pas mal de liberté aux artistes, bien que la série originale doit être sagement respectée (Joseph Barbera et William Hanna étant à la production). C’est d’ailleurs bien là l’un des seuls intérêts du film, qui possède des décors et créatures loufoques majoritairement fabriqués « en vrai » et non virtuels, comme ce sera de plus en plus souvent le cas jusqu’à nos jours, et ce, même si le métrage s’appuie sur une poignée d’effets numériques concoctés par la société ILM sur des plans larges ainsi que sur le sautillant Dino, l’animal domestique des Pierrafeu.
Le Jim Henson’s Creature Shop a donc créé toute une ménagerie de bêtes préhistoriques pour les besoins de cette adaptation très infantile, dont on retiendra également le Dictaplume, perroquet dictaphone qui est en fait une marionnette très sommaire mais plutôt efficace, prouvant qu’un simple effet vaut parfois mieux qu’un gloubi-boulga numérique. Hélas, en dépit des notables travaux de ces artisans, La Famille Pierrafeu peine à convaincre. Le jovial John Goodman et le gringalet Rick Moranis, qui tiennent les rôles principaux, ont peut-être l’air de s’amuser à cabotiner comme des fous dans cette production « Steven Spielrock », la bêtise ambiante, le flot de bons sentiments et les situations hautement prévisibles gâchent franchement le tableau, au demeurant plutôt joli grâce au travail du chef décorateur William Sandell (Robocop, Hocus Pocus). Un gâchis, donc, comprenant son lot de gags pas drôles, de dialogues longuets sans intérêt, de séquences d’action mollassonnes dénuée d’imagination, le tout ponctué par une métaphore gentillette nous assommant avec l’éternel discours sur l’argent ne faisant pas le bonheur. C’est à peine si les apparitions d’Halle Berry se dandinant en tenue en peau de bête nous sortent de notre torpeur, c’est dire !

La Famille Pierrafeu est donc sur la forme plutôt charmant (tout du moins pour les spectateurs nostalgiques des animatroniques) grâce au travail des artisans du Jim Henson’s Creature Shop couplé à celui du directeur artistique William Sandell. Par contre, sur le fond, le film de Brian Levant est horriblement vide et creux, accumulant les gags prévisibles et balourds et ne comprenant qu’une métaphore bien surannée sur le pouvoir corrupteur. Un véritable gâchis qu’un second film, en vérité une préquelle intitulée Les Pierrafeu à Rock Vegas sortie en 2000, ne parviendra pas à corriger, s’enfonçant davantage dans la bêtise et l’utilisation d’effets numériques déjà datés avant l’heure.


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