Critique de film

L'Orphelinat

"El Orfanato"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Fantômes
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Juan Antonio Bayona
  • Pays d'origine : Mexique, Espagne
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Sergio G. Sánchez
  • Musique : Fernando Velázquez
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Belen Rueda, Geraldine Chaplin, Mabel Rivera, Andrés Gertrudix, Roger Príncep, Montserrat Carulla
  • Récompenses : Barcelona Film Awards du Meilleur film, Meilleure actrice (Belen Rueda), Meilleure direction artistique, Meilleure photographie, Meilleur montage, Meilleur son, Meilleur réalisateur révélé en 2007
    Nominé aux Barcelona Film Awards pour la Meilleure musique et Meilleur scénario en 2007
    Nominé au Critics Choice Award du Meilleur film étranger en 2008
    COFCA Award de la Meilleure photographie en 2008
    Nominé au CFCA Award du Meilleur film étranger en 2007
    Nominé aux CEC Awards de la Meilleure actrice (Belen Rueda), Meilleure photographie, Meilleur réalisateur, Meilleur montage, Meilleur film, Meilleure musique et Meilleur scénario original en 2008
    Nominé aux Goyas des Meilleurs costumes, Meilleur montage, Meilleur film, Meilleur maquillage, Meilleure actrice (Belen Rueda), Meilleure musique, Meilleure direction artistique, Meilleure direction de production, Meilleur scénario original, Meilleur son, Meilleurs effets spéciaux, Meilleure actrice de second rôle (Géraldine Chaplin) en 2008
    Grand prix et Prix du jury SCi Fi au efstival de Gerardmer 2008

Laura a passé son enfance dans un orphelinat entourée d'autres enfants qu'elle aimait comme ses frères et sœurs. Adulte, elle retourne sur les lieux avec son mari et son fils de sept ans, Simon, avec l'intention de restaurer la vieille maison. La demeure réveille l'imagination de Simon, qui commence à se livrer à d'étranges jeux avec "ses amis"... Troublée, Laura se laisse alors aspirer dans l'univers de Simon, convaincue qu'un mystère longtemps refoulé est tapi dans l'orphelinat...

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’orphelinat - A voir seul ou accompagné...
Par : Damien Taymans


En l’an 2000, un certain Sergio Sanchez écrit un script qui aurait pu rester dans les armoires de producteurs handicapés du talent. Mais il n’en est rien et celui-ci fait son chemin pour être revisité par Juan Antonio Bayona avant de terminer sa course dans les mains expertes de Guillermo Del Toro qui, séduit par la qualité de ce dernier et amoureux du travail pictural du clippeur Bayona, va concilier les deux afin de permettre la création du métrage L’orphelinat.
Il n’est pas étonnant que le créateur de L’échine du diable et du Labyrinthe de Pan se soit intéressé au projet vu les similitudes lointaines qui existent avec les deux œuvres précitées.

Basé sur une idée de départ très convenue (un môme disparaît au sein d’une vieille demeure), L’orphelinat est pourtant l’occasion de redécouvrir toute la force que possède le scénario dans un bon film. Recourant aux rebondissements récurrents, le scénar n’en reste pas moins cohérent de bout en bout. Sans utiliser une seule seconde les effets modernes qui sont censés apporter leur lot de réalisme et de peur comme les effets spéciaux à outrance ou les exagérations sonores, Bayona rayonne grâce à une mise en scène léchée, une direction d’acteurs époustouflante et un sens de la technique irréprochable. Œuvre contemporaine oui, mais améliorée par un retour flagrant aux sources de l’horreur et du cinéma d’antan. Lorgnant sur ses grands frères de manière méticuleuse, L’orphelinat parvient même à surpasser ceux-ci dans la mise en scène de ces séquences (ainsi une séquence de Poltergeist y fait un retour flamboyant).

La force de l’entreprise de Bayona est incontestablement le pouvoir atmosphérique qu’il parvient à injecter à l’intérieur de l’œuvre, créant une ambiance morbide mais touchante, symbole de la qualité dichotomique de l’ensemble du métrage. Car, si L’orphelinat ressemble à s’y méprendre au niveau du climax à des films comme Les autres d’Amenabar ou à Darkness de Jaume Balaguero, il se distingue également d’eux par le traitement duel que le réalisateur impose à son chef-d’œuvre. Touchant à l’humain de bout en bout de son parcours, L’orphelinat parvient à faire autant peur qu’il ne réussit à émouvoir le spectateur. Œuvre fantastique, horrifique mais foncièrement ontologique aussi, soulevant les passions et rabrouant les âmes. Le spectacle d’une mère (magnifique Belen Rueda) désespérée qui lutte chaque seconde contre les pensées du commun des mortels pour s’immiscer dans un univers particulier, celui auquel participe son fils et ses amis. Une lutte qui se transforme rapidement en jeu, le pessimisme est alors frappé de couleur pour en arriver à un final éblouissant.

L’orphelinat mérite amplement le statut qu’on lui décerne depuis quelques temps tant sa maîtrise formelle et scénaristique font de lui l’outsider que le monde ibère aura désormais du mal à égaler.


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