Critique de film

L'Aube des zombies

"Dawn of the Mummy"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA, Egypte, Italie
  • Durée : 1h33
  • Musique : Shuki Levy
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  • Bande annonce
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  • Récompenses : --

Un photographe et ses modèles arpentent les alentours de la pyramide de Kheops afin d'alimenter un magazine de mode en mal d'exotisme. Suite à un incident, le petit groupe tombe nez à nez avec des pilleurs de tombes qui viennent de mettre à jour le tombeau maudit d'un roi égyptien, au fond duquel repose la momie de celui-ci. Le photographe tombe amoureux de ce décor providentiel, et investit les lieux en faisant poser ses filles, pendant que les pilleurs se mordent les doigts en attendant leur départ, car il est hors de question de révéler aux indésirables visiteurs la présence d'un somptueux trésor. Mais qui dit momie dit malédiction, et comme cette momie là semble avoir un bien sombre passé, elle provoque le réveil de dizaines de zombies sanguinaires au beau milieu du désert...

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’aube des zombies - La nuit des morts ronflants
Par : Fred Pizzoferrato


Après un prologue (misérable) situé dans l’Egypte antique, L’Aube des zombies se poursuit au présent et suit les aventures d’une bande de mannequins stupides (« tu te rends compte que tu passes devant la Grande Pyramide » dit l’une, auquel une autre, occupée à badigeonner ses orteils réponds « je préfère que mes pieds soient impeccables ») et de leurs photographes. La session photo dans le désert perturbe un trio de minables pilleurs de tombe à la recherche d’un trésor millénaire, lesquels prétendent être des archéologues pour ne pas éveiller les soupçons. Malheureusement, le petit groupe trouble le sommeil d’une momie vindicative décidée à les exterminer jusqu’au dernier…

Coproduction entre l’Italie, l’Egypte et les Etats-Unis, L’Aube des zombies cherche manifestement à s’inscrire dans la lignée, alors fructueuse, des films de morts vivants hérité de George A. Romero et Lucio Fulci. Malheureusement, le rythme excessivement lent du métrage risque d’endormir les plus indulgents.

Après de pénibles déambulations aux pieds des pyramides, l’aube des zombies, annoncée par le titre, se produit à mi-film (très exactement après quarante quatre minutes !) et montre une poignée de cadavres s’extirper lentement du sable devant un soleil du plus bel effet. Une séquence réussie tranchant avec le reste de L’Aube des zombies car l’intrigue se traine péniblement et rien ne se passe véritablement avant le dernier quart d’heure. Quelques effets gore sympathiques (hachoir dans la tête, gorge arrachée à pleines dents) ponctuent une action mollassonne et témoignent des exactions de la momie maléfique mais tout cela parait bien médiocre. Heureusement, les quinze dernières minutes rattrapent, en partie, les faiblesses précédentes, tant le cinéaste multiplie les passages sanglants avec une bonne santé réjouissante. Les zombies, enfin réveillés, n’en finissent plus de déchirer les cous, d’étriper leurs victimes, de broyer des cranes ou de dévorer cervelles et entrailles. Un climax manifestement inspiré des délires gore perpétrés par Lucio Fulci (et ses successeurs moins doués) à la même époque. A la réalisation, l’égyptien Frank (Farouk) Agrama, surtout connu pour son mythique démarquage féminin de King Kong, tout simplement intitulé Queen Kong, fait ce qu’il peut, c’est-à-dire pas grand-chose, mais prend plaisir à cadrer son monstre à bandelettes et ses effets gore.

Les dialogues, pour leur part, sont plutôt drôles et participent à l’ambiance nanar du métrage (« Va te faire foutre !...Et si tu ne sais pas par qui les chameaux ne demandent que ça »), tout comme le jeu affreusement cabotin de l’ensemble du casting. Certains passages versent d’ailleurs dans une outrance réjouissante, comme en témoigne la découverte du trésor par le héros, laquelle se prolonge par une scène de joie délirante et navrante. Une séquence romantique au coin du feu, bercée par une déclaration d’amour à la guitare (« Quand je vois ton joli sourire, oserais je te dire que tu m’attires ? ») vaut, elle aussi, son pesant de cacahouètes. Les acteurs égyptiens, eux, en font des tonnes et se vautrent dans les pires clichés, encore desservi par un accent caricatural et un humour consternant, le tout s’avérant, en définitive, plutôt amusant au second degré.

Voulu comme un croisement entre La malédiction des pharaons et La nuit des morts vivants, ce métrage méconnu tend, malheureusement, davantage vers la série Z et vole à peine plus haut que les productions Eurociné de la même époque ou des bisseries italiennes comme La terreur des zombies ou Zombie IV. Seuls les inconditionnels du cinéma d’épouvante des années ’80 y trouveront matière à s’y divertir, les autres s’abstiendront sans remord même s’il existe de bien plus médiocres « zombie movies » et que le dernier quart d’heure, sanglant à souhait, permet au métrage de décrocher, de justesse, la moyenne.


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