Critique de film

L'Exorciste au commencement

"Exorcist : The Beginning"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Horreur
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Renny Harlin
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h55
  • Budget : 50 millions de dollars
  • Scénariste : William Wisher Jr., Caleb Carr, Alexi Hawley
  • Musique : Trevor Rabin
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  • Bande annonce
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  • Casting : Stellan Skarsgård, Gabriel Mann, Israel Aduramo, Clara Bellar, Ilario Bisi-Pedro
  • Récompenses : Nominé aux Razzie awards du Pire réalisateur et de la Pire Séquelle en 2005

Le Père Lankester Merrin est hanté par le souvenir des atrocités commises durant la Deuxième Guerre mondiale. Sentant sa foi l'abandonner, il quitte sa Hollande natale et d'effectuer en Afrique un voyage de la dernière chance ? un pèlerinage qu'il espère salvateur. Au Caire, Merrin est abordé par un amateur d'antiquités rares qui lui propose de rejoindre un chantier archéologique au Kenya. Dans la lointaine province de Turkana, les Anglais viennent de faire une découverte des plus troublante : une église byzantine parfaitement conservée. Misant sur les compétences archéologiques acquises par Merrin à Oxford, le collectionneur espère dénicher le premier une ancienne relique dissimulée dans l'église. Mais, sous l'église, sommeille une entité diabolique qui n'attend qu'un signe pour s'éveiller et répandre à nouveau sur Terre le sang, la mort et les plus abominables violences...

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’Exorciste, au commencement - Diable, es-tu là ?
Par : Damien Taymans




Hanté par les souvenirs qu’il conserve de la deuxième guerre mondiale, le père Lankaster Merrin se voit confier une mission par un commanditaire qui l’envoie quérir un fétiche dans les ruines d’une église étonnamment retrouvée au Kenyan, découverte d’autant plus stupéfiante qu’elle relève d’un anachronisme étrange. Sur place, l’ex-père Merrin doit affronter une entité diabolique qui s’est emparée du corps d’un petit enfant…

Après deux séquelles de moyenne facture, L’Exorciste de William Friedkin, originellement romancé par William Peter Blatty qui signera d’ailleurs le troisième épisode de la franchise, s’entiche d’un nouvel opus sous forme de préquelle. Censé dépeindre la rencontre entre le père Merrin et l’esprit qui possèdera plus tard la jeune Reagan (une enquête déjà mollement menée dans le décevant deuxième opus réalisé par John Boorman), L’Exorciste au commencement réinvestit les terres africaines originelles en situant son intrigue dans un Kenya sableux où viennent à peine d’émerger les vestiges d’une ancienne église romaine enfouie sous des tonnes de sable. Un enfouissement qui renvoie inéluctablement, ex opus, à l’anéantissement des studios de Morgan Creek Productions de la version de Paul Schrader réalisée sur commande d’une production peu satisfaite du résultat obtenu par le cinéaste qui réussit à magnifier La Féline de Tourneur en 1982 et s’était escrimé sur cette préquelle à faire ressurgir la confrontation scientifico-religieuse qui baignait l’œuvre originale. Un siège éjectable qui profite finalement au Finlandais Renny Harlin, spécialiste des action movies musclés qui déménagent (Cliffhanger, Die Hard 2, Driven), dont la seule incursion dans le genre date du quatrième épisode des aventures de Freddy Krueger, le tombeur de ces lames.

Reprenant le matériau de base travaillé par William Wisher Jr. et Caleb Carr, Harlin fournit une version tortueuse, élaguant grossièrement certains passages essentiels de l’œuvre de Schrader au profit de séquences relativement plus sanglantes. Au détriment bien souvent de la moindre cohérence scénaristique. C’est ainsi que se côtoient pêle-mêle un prêtre en pleine crise de foi (et de foie puisqu’il carbure depuis à l’alcool de genièvre), un enfant possédé qui ne l’est pas, une infirmière pas possédée qui l’est, un guide acnéique lubrique avec fort penchant pour la gnôle qui déambule aveuglément au sein d’une intrigue où il n’a pas sa place, des soldats anglais et des autochtones qui se livrent une guérilla territoriale en guise d’exotisme putride d’une œuvre sise dans un pays dont elle ne semble pas se soucier de capter l’une ou l’autre caractéristique culturelle (si ce n’est le petit gamin qui tente de refourguer sa camelote aux tables de bars, apanage des petits étrangers exploités sur nos terres occidentales). Outre cette faune pour le moins hétéroclite, le métrage surprend en s’essayant au twist whodunit pompeux qui, s’il parvient à étonner le spectateur dans un film de cet acabit, tue dans l’œuf la possibilité d’édifier une horreur frontale semblable à celle introduite par le chef-d’œuvre de Friedkin. En clair, que le diable fasse mumuse avec des crucifix et profère des insanités à tire-larigot oui, qu’il prenne son pied à s’amuser avec le prêtre en jouant à cache-cache, non !

En clair, cette préquelle tient davantage de la boursouflure maladive que de l’oeuvrette mûrement réfléchie. Même si, soyons honnêtes, certaines séquences s’avèrent diablement (!) efficaces. Autant léché (à l’instar de sa photographie) que bourrin (à l’image de son scénar’ qui louvoie à l’excès s’acoquinant de discours pseudo-religieux pour mieux retarder l’échéance), L’Exorciste au commencement est un nouvel épisode bâtard dans une franchise qui en contenait déjà deux, qui conforte à nouveau l’impossibilité de rivaliser d’intelligence avec le modèle érigé par Friedkin.

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