Critique de film

King Kong

"King Kong"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Aventure
  • Année de production : 1933
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ernest B. Schoedsack, Merian C. Cooper
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h44
  • Budget : 670 000 dollars
  • Scénariste : James Ashmore Creelman, Ruth Rose
  • Musique : Max Steiner
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  • Bande annonce
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  • Casting : Fay Wray, Robert Armstrong, Bruce Cabot, Frank Reicher, Sam Hardy, Noble Johnson, Steve Clemente, James Flavin
  • Récompenses : TV Land Award du Meilleur film à regarder dans un drive-in en 2008

Figurante sans travail, la blonde Ann Darrow est engagée par le réalisateur Carl Denham pour être la vedette de son prochain film. Le Venture, le navire commandé par le capitaine Englehorn et qui comprend toute l'équipe, atteint Skull Island, une île mystérieuse où vivrait une créature légendaire vénérée par les indigènes et appelée King Kong . Durant le voyage, Ann tombe amoureuse de John Driscoll, le second du bateau. Une fois débarqués, les explorateurs sont aussitôt repérés par les indigènes et font marche arrière. Mais ces derniers enlèvent Ann, la "femme aux cheveux d'or", et l'attachent pour l'offrir en sacrifice à King Kong. Au moment où ses compagnons arrivent pour la délivrer, un singe gigantesque saisit la jeune fille et disparaît dans la forêt. Denham et ses hommes se lancent alors à la poursuite de King Kong.

Les critiques à propos de ce film

Critique de King Kong - Le monde perdure
Par : Damien Taymans




Carl Denham, réalisateur en faillite, a l’intention de tourner un fabuleux film sur l’île du Crâne, une île hantée par le terrible Kong, esprit mythique qui effraie les autochtones. Ambitieux, Denham embauche la jeune Ann Darrow comme actrice principale de sa nouvelle aventure romantique. Sur place, l’équipage entier est confronté à une multitude de monstres dominés par le fameux King Kong, un singe gigantesque, qui tombe en amour de la jeune créature blonde…

En l’an de grâce 1933, un événement cinématographique va bousculer à tout jamais les mentalités de millions de spectateurs de par le monde : l’arrivée sur les écrans de King Kong. Au casting, aucun acteur réellement révélé hormis peut-être la jeune Fay Wray incapable à elle seule de drainer tant de monde dans les salles obscures. A la réalisation, Ernest B. Schoedsack qui vient coup sur coup de signer deux films d’aventures horrifiques dont l’un, Les Chasses du comte Zaroff, compte dans ses rangs l’actrice fétiche précédemment citée en vedette féminine ainsi que le fabuleux scénariste Creelman également à l’œuvre sur le présent métrage. La particularité fondamentale de King Kong tient autant dans son pitch aventuresque et exotique que dans la nature de sa distanciation par rapport aux précédentes œuvres cinématographiques. Mis à part The Lost world d’Harry O. Hoyt tiré d’un roman de sir Arthur Conan Doyle (1925), aucune œuvre cinématographique ne s’est encore essayé à faire d’un animal sa vedette. King Kong, contrairement au Monde perdu qui présentait une foule d’animaux surannés sans jamais vraiment sublimer l’un ou l’autre au détriment de ses congénères, confère à sa mystérieuse créature une place de choix, celle du rôle-titre et d’acteur principal. A n’en point douter, l’ingéniosité de l’entreprise réside dans la peinture exceptionnelle du personnage central, singe anthropoïde, doté d’une pléiade de sentiments prétendument humains qui le rendent tour à tour colérique, vengeur, tendre et … amoureux. Au thème du Monde perdu vient se greffer le mythe de La Belle et la bête, métissage savoureux qui finit de transformer l’œuvre de Schoedsack et Cooper, par l’entremise du génie des scénaristes James Ashmore Creelman et Ruth Rose, épouse de Schoedsack, en un fabuleux conte fantastique qui ne se contente pas d’empiler les dantesques séquences de combats démesurés mais creuse véritablement la personnalité de chacun de ses héros.

Outre les ébats non consommés entre l’énorme créature poilue et la pépite aux cheveux dorés, King kong propose un spectacle phénoménal : la spectaculaire cérémonie indigène en guise de sacrifice au dieu Kong, l’attaque de l’équipage par un stégosaure visiblement vénèr’ puis par un brontosaure qui détruit leur rafiot et avale en passant quelques-unes de ces carcasses hyperactives, l’exceptionnel combat entre Kong et un tyrannosaure qui désirait goûter aux charmes de sa belle captive, la destruction du village des autochtone par le monstre en pétard, la libération dans New York, l’escalade de l’Empire State Building et, l’attaque finale d’engins volants menée à l’encontre du gorille. Autant d’événements qui plongent le spectateur dans un cauchemar effroyable, symbolisant par le biais d’une métaphore filée à l’extrême l’engourdissement relatif de la société étatsunienne en ce sombre millésime (Denham au bord de la faillite, la jeune femme misérable, Kong qui déverse sa hargne sur un New York faiblard), une peinture sociologique qui sera également reprise dans la suite officielle du métrage la même année, Le fils de King du même Schoedsack.

Enfin, impossible de ne pas souligner l’incroyable travail réalisé sur les effets spéciaux par l’équipe de Willis O’Brien qui réalisa des miracles pour l’époque, construisant nombre de modèles réduits articulés et bâtissant des parties de Kong grandeur nature, s’escrimant à permettre à la gueule du géant de varier les expressions faciales en fonction des aventures. King Kong est un chef-d’œuvre d’inventivité en même temps que l’un des films les plus spectaculaires dont Hollywood ait accouché. Un monstre et une icône étaient nées…


Oeuvres liées :

Le fils de Kong (1933)
King Kong (1976)
King Kong (2005)


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