Critique de film

Kenshin le vagabond

"Rurôni Kenshin: Meiji kenkaku roman tan"
affiche du film
  • Genre : Action
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 2h14
  • Musique : Naoki Sato
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

L'histoire se passe en 1878 à Tōkyō. Kenshin Himura, ancien assassin surnommé Battosaï, littéralement : "maître dans le dégainage de l'épée", durant l'époque du Bakumatsu, cache un passé très lourd... Devenu un vagabond depuis l'instauration de l'ère Meiji, il parcourt le pays muni de son sabre à lame inversée, avec le désir de ne plus tuer. Il rencontre une jeune fille qui cherche à protéger son dōjō, Kaoru Kamiya, et finit par s'installer chez elle après l'avoir aidée. Peu à peu, ils vont rencontrer leurs futurs compagnons : Yahiko Myôjin, un garçon issu de la classe des samouraïs qui devient le disciple de Kaoru, et Sanosuke Sagara un adepte en bagarre de rue.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Kenshin le vagabond - J’accuse...
Par : Damien Taymans




Décliné en 28 volumes et en une série animée de 95 épisodes, le manga Kenshin le vagabond (Rurouni Kenshin, pour les puristes) attendait patiemment que le cinéma s’empare de son corpus pour l’adapter en version live depuis la livraison OAV de Kazuhiro Furuhashi. L’occasion pour le réalisateur Keishi Ohtomo d’explorer l’ère Meiji en compagnie du samouraï au sabre à lame inversée, après avoir dépeint l’ère précédente, celle du shogun Yoshinobu Tokugawa, dans Ryomaden qui se termine dès l’entrée du présent film. Alors que le règne du shogun prend fin et que l’ère Meiji débute, le légendaire Battosai, assassin notoire qui dégainait le sabre plus vite que son ombre (japonaise, pas chinoise), vagabonde dans Tokyo et dézingue tour à tour officiers de police et truands. Bref, sème la terreur. Mais l’imposteur ne risque pas de faire frémir longtemps la population car le vrai Battosai, depuis rebaptisé Kenshin Himura, est de retour et entend bien faire taire les rumeurs qui circulent à son encontre. D’autant que, en 10 ans, le sieur a eu largement le temps d’expier ses fautes et a décidé depuis de garder son sabre au chaud. Pas question de simplement couper les langues, donc...

Penché sur l’immense masse de feuillets du manga originel, Keishi Ohtomo se demande comment intégrer un maximum de ceux-ci en deux heures de film. On n’est pas, au Japon, aussi gourmand et vénal que Peter Jackson qui à partir d’un seul bouquin, échafauderait sans complexe une quadrilogie. Dès lors, il opte pour deux épisodes qu’il entremêle et conserve la plupart des dialogues originaux pour se montrer aussi fidèle que possible à l’œuvre du mangaka et à ses personnages. Ceux-ci bénéficient d’un soin tout particulier : chacun débarque avec son passé, son caractère, ses émotions qui transparaissent lors des scènes de combats. Kenshin le vagabond n’est à proprement parler pas un film de sabres, même s’il comporte quelques séquences d’action à couper le souffle (l’entrée dans la cour du vilain Kanryu Takeda) chorégraphiées par Kenji Tanigaki, l’un des principaux collaborateurs de Donnie Yen. Conformément au précepte de la belle Kaoru Kamiya, le cinéaste préfère que les sabres servent à l’élévation de l’être plutôt qu’à l’épluchage pur et simple des corps. Ohmoto est un poétique, pas le genre à Yukihiko Tsutsumi qui brossait un portrait loufoque des 20th Century Boys.

Les Ronins peuvent ranger leur hara-kiri, l’honneur du samouraï ne dépend plus du haut fait d’arme mais de l’art de maniement de son engin. Du coup, Kenshin prend souvent les atours d’une tragédie en cinq actes avec son lot d’amours et de désamours, d’unions et de désunions, de luttes intestines et de trahisons. Parsemé de quelques tourniquets de sabres, certes, mais une tragédie avant tout. L’action et le combat se mettent totalement au service de l’histoire et du cheminement du héros, hanté par son passé d’assassin, harcelé par des ennemis qui tantôt souhaitent l’éliminer tantôt désirent se l’adjoindre et habité par l’envie de défendre veuve et orphelin armé d’un sabre anecdotique...

Vu le rythme imprimé par le réalisateur à son œuvre et les moments de bravoure qui la parsèment, impossible d’avoir le vague à lame. Kenshin le vagabond reste une adaptation très réussie qu’il convient de compléter en parcourant dans son intégralité le manga original.


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