Critique de film

Jusqu'en Enfer

"Drag Me to Hell"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Comédie
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 2009-05-27
  • Réalisateur : Sam Raimi
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 99 mn
  • Scénariste : Sam Raimi, Ivan Raimi
  • Musique : Christopher Young
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Alison Lohmann, Justin Long, Lorna Raver, Jessica Lucas, Dileep Rao
  • Récompenses : Aucune

Christine Brown, spécialiste en crédit immobilier, vit à Los Angeles avec son petit ami, le Professeur Clay Dalton. Tout va pour le mieux jusqu'au jour où la mystérieuse Mme Ganush débarque à la banque et la supplie de lui accorder un crédit supplémentaire pour sa maison. Christine hésite entre la compassion et la pression de son patron, Mr Hicks, qui la voudrait plus ferme avant de lui octroyer une promotion. Fatalement, Christine choisit sa carrière, même si sa décision met Mme Ganush à la rue. Pour se venger, la vieille femme jette la malédiction du Lamia sur Christine, transformant sa vie en un véritable cauchemar. Hantée par un esprit malfaisant, incomprise de son petit ami, elle se fait aider du medium Rham Jas, qui l'entraine dans une course frénétique contre la damnation éternelle, pour inverser le sortilège...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Jusqu’en Enfer - Sam est toujours Groovy !
Par : Romain Mollet




Après un long (et réussi) détour par la case Spider-Man, le génial Sam Raimi revient enfin aux sources de ce qui a fait sa renommée à travers le monde : le film d’horreur. Si les fans de la première heure d’Evil Dead craignaient ce retour, placé sous la contrainte d’un PG-13, les premières minutes du film suffisent pour se rendre à l’évidence : Drag Me to Hell est une vraie bombe, comme on n’en avait pas vu depuis longtemps.

Exit Ash Williams, Raimi a trouvé en la personne de Christine Brown un nouveau souffre-douleur qui, à l’instar du personnage culte incarné par Bruce Campbell, passera d’une vie morne à celle de combattant d’esprits malveillants, le tout saupoudré avec un humour irrésistible.
Jeune spécialiste dans l’immobilier, Christine fait l’erreur de refuser le dossier d’une vieille gitane pour faire plaisir à son patron, et ainsi monter dans les échelons de l’entreprise, en ces temps de crise sociale. Ce qu’elle ne pouvait pas prévoir, c’est que cette dame âgée n’admet pas son échec et lui lance une terrible malédiction. En invoquant le démon Lamia, Christine sera, en seulement trois stades - un par jour -, directement emmenée dans les antres de l’Enfer. C’est le début d’un long calvaire pour la pauvre héroïne, mais aussi le début du délire pour le spectateur.

Après un pré-générique hallucinant, qui annonce d’emblée l’ambiance du film, Sam Raimi distille son intrigue de différents genres : après une courte présentation, le récit s’ancre peu à peu dans la peur véritable, qui va décrescendo dans l’intrigue, se combinant parfaitement avec le second degré, à l’instar d’un Evil Dead II. Car contrairement à une majorité des films d’horreurs actuels, qui désirent jouer avec la résistance du spectateur face à la violence physique insoutenable, Sam Raimi revient à un parti-pris plus conventionnel mais ô combien efficace. Alternant horreur parfois cartoonesque et moments de détente qui dérapent aisément, le film est dominé par la peur. Le spectateur, laissé seul dans une ambiance lourde, fait face à des moments de silence sans cesse dérangés par de nombreux bruits inattendus et soutenus dans leur inquiétant étrangeté par l’excellente bande-originale de Christopher Young. Un stress qui accompagne à l’écran le personnage, Christine, qui découvre quasiment en même temps que nous les effets terrifiants (pourtant pressentis) à venir. Drag Me to Hell s’apparente donc à un véritable train-fantôme dans lequel on s’aventure dans un seul but : s’éclater. Comme à son habitude, Sam Raimi applique la recette qui l’a fait connaître au monde entier et nous livre des moments de pure hilarité (Christine invitée chez ses beaux-parents ou aux prises de Mme Ganush dans une cabane digne du garage d’Evil Dead) mêlés à de nombreuses références à un genre qu’il connaît décidément par coeur.

Plus les heures passent pour Christine, plus la peur prend un autre aspect dans le métrage. Ce qui terrifiait autrefois, le spectateur y a pris goût et désormais, ce qu’il désire c’est du délire on ne peut plus jouissif. Un délire d’abord visuel, puisque même 28 ans après ses débuts, Sam Raimi continue à faire osciller sa caméra dans tous les sens, donnant lieu à des scènes hallucinantes à l’énergie frappante (l’incantation, par exemple). La mignonne Alison Lohmann a subi, durant le tournage, une torture de tous les instants et a dû montrer sa ténacité face à un cinéaste qui l’a malmenée autant qu’il ne l’avait fait avec Bruce Campbell des années auparavant. Autant éprouvant pour les acteurs que pour le spectateur, le bonheur atteint son apogée lors d’un délicieux dernier quart d’heure, relativement calme par rapport au déluge précédent - est-ce pour mieux surprendre ? - mais à la fois dantesque et irrésistiblement hilarant.

Bref, avec ce retour au film d’horreur décalé, Sam Raimi prouve d’une part qu’il n’a rien perdu de son esprit génial, bourré d’idées farfelues, mais aussi qu’il suffit de franchement peu pour faire vraiment flipper et rire un public qui en redemande. Un don qui n’est pas donné à tout le monde, et que l’on aimerait bien voir (ou plutôt revoir) plus souvent dans ces temps où le cinéma fantastique manque parfois d’originalité. D’ores et déjà un chef-d’oeuvre du genre !


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