Critique de film

Jurassic Park

"Jurassic Park"
affiche du film
  • Genre : Science-Fiction - Terrestre
  • Année de production : 1993
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Steven Spielberg
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h07
  • Budget : 95 millions de Dollars
  • Scénariste : Michael Crichton, David Koepp
  • Musique : John Williams
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Sam Neill, Laura Dern, Jeff Goldblum, Richard Attenborough, Bob Peck, Martin Ferrero, Joseph Mazzello, Ariana Richards, Samuel L. Jackson, B.D. Wong, ...
  • Récompenses : Oscars des Meilleurs Effets Spéciaux, de la Meilleure Bande son et du Meilleur Montage Sonore en 1994
    Meilleur réalisateur, Meilleurs Scénaristes, Meilleur film de science-fiction et Meilleurs effets spéciaux aux Saturn Awards 1994
    Meilleur Film étranger aux Awards of the Japanese Academy 1994
    Meilleurs effets spéciaux aux BAFTA Awards 1994
    Meilleure musique de film aux BMI Film & TV Awards 1994
    Meilleur Film étranger aux Blue Ribbon Awards 1994
    Meilleur Film étranger aux Czech Lions 1994
    Golden Screen 1994 en Allemagne
    Golden Screen 1993 en Allemagne
    Meilleure présentation dramatique aux Hugo Awards 1994
    Meilleur Film étranger au Mainichi Film Concours 1994
    Meilleur Montage Sonore aux Motion Picture Sound Editors 1994
    Choix du Public aux People's Choice Awards 1994
    Meilleur Jeune Acteur (Joseph Mazzello), Meilleure Jeune Actrice (Ariana Richards), Meilleur Film familial aux Young Artist Awards 1994

Généticien de génie, le professeur John Hammond a recréé de nombreuses espèces de dinosaures à partir d'une goutte de sang prélevée sur un moustique fossilisé. Il projette d'ouvrir un gigantesque et terrifiant parc d'attractions. Mais la pureté de son rêve se heurte à la cupidité des hommes et à la violence latente et indomptable de la nature... Le film mythique de Steven Spielberg.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Jurassic Park - Spielberg au sommet de son art !
Par : Quentin Meignant


Jurassic Park est sans aucun doute l’un des projets les plus ambitieux qu’ait connu Steven Spielberg et, plus généralement, le cinéma tout entier ! Ce film de SF, tiré d’un roman de Michael Crichton (à qui l’on doit aussi Sphère, Le treizième guerrier ou encore Congo), disposa dès lors, comme toute oeuvre spielbergienne d’un budget colossal : 95 millions de dollars.

On pouvait donc s’attendre à du très grand spectacle de la part de celui que certains n’hésitent pas à décrire comme étant l’un des meilleurs cinéastes de sa génération, si pas le meilleur. Aidé par un casting de tout premier ordre, l’homme ne risquait pas grand chose, si ce n’est de tomber dans l’excès de certains films de dinosaures : privilégier un spectacle qui n’en est pas vraiment un, en vue d’une efficacité jamais réellement atteinte !

Mais dès le départ, on devine que Spielberg ne tombera pas dans ce piège puisqu’il met tout son talent au service d’une seule chose : la présentation des personnages, créés par Crichton dans son roman, tous plus hauts en couleur les uns que les autres. Ces séquences, très bien élaborées, de présentation de chacun des héros servent aussi indéniablement à asseoir la puissance d’un casting de rêve. Spielberg prend tout son temps pour nous présenter des acteurs de renom qui éblouissent véritablement la pellicule.

Sam Neill (L’antre de la folie) constitue un héros principal de choix, épaulé par la surprenante Laura Dern, sa femme à l’écran. Le reste du quatuor de choc est composé de l’hilarant Jeff Glodblum (La Mouche) et du vénérable Richard Attenborough (Hamlet, Les dix petits nègres). On ne peut aussi qu’encenser les présences de Samuel L. Jackson (Incassable) et et du regretté Bob Peck à l’affiche.

Bien plus qu’un casting exceptionnel, Steven Spielberg, il est vrai fortement aidé par Crichton, nous livre des personnages d’une efficacité extrême. Evoquant un véritable débat sur la génétique, ces derniers manient l’humour tout en mettant l’humain devant ses responsabilités. A ce titre, le Docteur Ian Malcolm, incarné par Jeff Goldblum est sans aucun doute la plus grande réussite du métrage. Profitant de répliques pour le moins cinglantes, Goldblum nous assène, par le biais d’un jeu d’acteur hors du commun, des touches humoristiques qui constituent un véritable régal.

Ainsi nous est donc présenté Jurassic Park, projet faramineux d’un milliardaire totalement fou sur une île déserte. Cette dernière nous donne d’ailleurs une nouvelle impression de taille : rarement une île n’avait paru aussi belle ! La photographie de cette dernière, fruit du travail de Dean Cundey, est particulièrement exotique et enchanteresse. L’arrivée des héros en hélicoptère est donc un régal pour les yeux, un plaisir inégalable auquel Spielberg se permet encore le luxe d’ajouter une musique devenue légendaire.

Cette musique, signée par John Williams (compositeur qui suit Spielberg comme son ombre depuis Les dents de la mer), est en effet apparue de suite comme une musique culte et indétrônable, d’ailleurs reprise dans Le monde perdu et injustement transformée dans Jurassic Park III. Il est en tout cas un fait certain que John Williams ajoute encore une plus-value à l’ensemble avec une bande originale considérée de nos jours comme un véritable ovni musical, au même titre que celle d’Indiana Jones.

Mais les dinosaures, me direz-vous, dans tout ça ? Nous y arrivons... Et, encore une fois, on ne peut que tirer un grand coup de chapeau à Spielberg qui, pour l’époque, parvient à nous sortir des dinos que certains n’arriveraient pas encore à rendre si efficaces de nos jours.

Il ne faut pas oublier que le film a déjà 15 ans et que les moyens à l’époque n’étaient pas aussi importants que maintenant au niveau des effets spéciaux et de la modélisation des créatures. Dès lors, pour rendre ses monstres d’un autre temps plus réels et attractifs que jamais, Spielberg innove : faisant porter de simples morceaux de bois (ou de carton) par des membres de son staff, il charge ensuite son équipe de modéliser le tout par PC. Le résultat n’en est que meilleur et nous pouvons sans aucun doute remercier l’ami Steven d’avoir privilégié cette technique à celle de l’animatronic, qui aurait été totalement ridicule dans un film aussi rythmé.

Car, en effet, le rythme est tout de même au rendez-vous, surtout quand les méchants dinosaures, tels que le T-Rex, les velociraptors ou autres Psittacosaurus (toi-même !), sont de sortie. De très belles scènes d’action, agrémentées de gros plans impressionnants des dinos et embellies de quelques répliques hilarantes, sont à suivre avec une certaine passion.

Mais bien plus encore que ces scènes d’action, ce sont surtout les séquences découverte qui sont véritablement agréables. Spielberg nous présente un monde totalement inconnu, basé sur les déductions de quelques scientifiques et sur l’imagination de Crichton, qui ne peut que laisser rêveur.

La majestuosité de certains dinosaures, la magie que l’on ressent au plus profond de nous lors de la découverte de ces images qui paraissent tellement réelles, tout ceci ne peut qu’émerveiller... Bien plus qu’un film de SF, Spielberg nous offre une véritable plongée dans un monde qui a toujours fasciné l’humain.

Il nous l’offre un peu à la manière d’un documentaire : longs plans larges de troupeaux de bracchiosaures, caméra en plein milieu d’une course de gallimimus,... Bref, nos yeux ne sont pas en reste, à l’image de nos oreilles, depuis longtemps charmées par la musique de Williams.

En fait, ce résultat parfait, ce mélange incroyable entre SF teintée d’angoisse et découverte à l’état pur ne connaît qu’un seul défaut : l’intronisation dans l’histoire de deux enfants sauvés un peu trop miraculeusement.

On le sait en effet : tuer des enfants dans un film du box-office américain, cela fait assez mauvais genre mais Spielberg aurait peut-être dû nous éviter tout simplement cette dimension enfantine et héroïque. Car, chacun des enfants apporte sa pierre à l’aventure de manière un peu trop importante : la petite fille parvient ainsi à utiliser le système informatique du parc et donc à verrouiller une porte automatiquement.

Tous les enfants ne s’appellent pas Einstein et Spielberg aurait dû s’en souvenir avant de nous livrer un happy end familial un peu trop gros pour être gobé ! Sans doute le réalisateur a-t-il voulu éviter une interdiction aux moins de 16 ans lors de la sortie en salles, ce qui eût été très préjudiciable au film financièrement parlant...

Malgré ce petit défaut relevant d’une Amérique (trop) bien-pensante, la qualité de l’ensemble fait de Jurassic Park un chef-d’oeuvre indémodable. Sans être trop ancré dans le genre, le film de Spielberg parvient à faire frémir mais aussi à émouvoir. Les qualités intrinsèques du métrage font en tout cas de celui-ci une oeuvre légendaire appréciée de (presque) tout le monde !


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