Critique de film

John Dies at the End

"John Dies at the End"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Fantastique, Horreur
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Musique : Brian Tyler
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  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : --

Deux fainéants se retrouvent obligés de combattre un mal venu d'une dimension parallèle. Problème : ils ne sont vraiment pas doués pour ça.

Les critiques à propos de ce film

Critique de John dies at the end - Chop Suey
Par : Seb Lecocq




Tu aimes les restaurants chinois ? Alors tu aimeras John Dies At The End. Pourquoi ? C’est très simple. Parce que dans John Dies At The End, la sauce soja, très certainement frelatée, tient un rôle prépondérant et parce que la sauce soja, c’est bon et ça va avec tout. Comme John Dies At The End. D’abord, on est très content de retrouver Don Coscarelli, qui se fend d’ailleurs d’un petit cameo rigolo dans le film, enfin sorti de sa retraite dix ans après Bubba Ho-tep. Le cinéaste, bien aidé par son duo d’acteurs principaux totalement dans le ton du film, retrouve la fougue et la verve de ses jeunes années. Mais maintenant qu’on a bien tourné autour du pot, il va falloir rentrer dans le pot, et là c’est une autre paire de manches, car John Dies At The End est proprement irracontable. On pourrait toutefois affirmer sans trop se tromper que c’est l’histoire de deux losers shootés à la sauce soja fournie par Robert Marley dont l’un reçoit des appels téléphoniques de l’autre grâce à un hot dog. Et ne vous y trompez pas, ça reste l’une des choses les plus sensées du film. Pour le reste, ça part dans tous les sens. Mais vraiment tous les sens. Une fois de plus, on en revient au restaurant chinois. On ne sait pas toujours ce qu’on va y manger mais on sait qu’au moins, on en aura pour son argent.

John Dies At The End est de ces films qui surgissent de nulle part et vous emmènent sans que vous n’ayez le temps de dire quoi que ce soit. On connaissait un peu Coscarelli, on savait que le bonhomme était capable de partir en vrille sur ses scénarios mais de se tenir à une certaine logique interne en matière de récit et à une homogénéité visuelle et esthétique. Tel un félin, le scénario tissé par Coscarelli, basé sur une histoire de David Wong, retombe invariablement sur ses pattes quels que soient la direction, le sens ou la hauteur d’où il est jeté. Et c’est une des forces du film. Enquiller les séquences les plus folles et les plus whatzeufeuk possible tout en conservant une logique interne au récit. L’analyse rétroactive de l’œuvre le confirme : chaque élément, même le plus invraisemblable, tient une place plus ou moins importante dans le déroulement ou la résolution de l’histoire. Si résolution il y a... car là aussi, cela reste à prouver. Donc non, Coscarelli ne fait pas du n’importe quoi pour le simple but de faire du n’importe quoi. Quoique, je ne m’explique toujours pas l’hilarante attaque de la moustache volante…

S’il possède bien une certaine logique interne, John Dies At The End se savoure avant tout pour ce qu’il est : un véritable ovni filmique sorti de nulle part. La meilleure approche possible face au métrage est de reprendre à son compte la réplique d’un des flics du film : « Je ne cherche plus à comprendre ». A chaud, l’analyse n’est pas utile, il suffit juste de se laisser emporter par le flot d’images, de scènes, se laisser porter et savourer chaque seconde d’un film tout entier dédié au fun et au plaisir. John Dies At The End est un film d’amoureux du cinéma pour les amoureux du cinéma. C’est du cinéma pulp qui utilise les codes de la série B et de la série Z mais avec une vraie honnêteté, une vraie passion pour ce cinéma-là et sans cynisme aucun. Une déclaration intelligente, fine et inventive au cinéma qu’on aime. Puis Coscarelli n’est pas un manchot derrière la caméra, il emballe le tout très proprement, avec un rythme et un sens de l’esthétique irréprochable. Dépeignant une partie de l’Americana avec classe, il ne sombre jamais dans la facilité consistant a se dire que « puisqu’on raconte n’importe quoi, faisons-le n’importe comment ». Pas de ça ici, Coscarelli opte pour une mise en scène plutôt classique, épousant et mettant en valeur ses situations sans se sentir obligé de surligner l’incongruité de la chose par des mouvements de cameras ou des cadres encore plus incongrus. C’est là, à mon sens que réside tout le talent du réalisateur de Phantasm.

John Dies At the End est un film drôle et porté par un bel état d’esprit, qui rappelle d’ailleurs celui de Bubba Ho-Tep et qui plonge le spectateur dans un état d’euphorie assez inexplicable. On se laisse porter, on suit les tribulations d’une bande d’outcasts plongés dans une étrange histoire rehaussée par une atmosphère de Fin des Temps. Avec un Clancy Brown dans un rôle extraordinaire. Malgré une courte présence à l’écran, il est le personnage dont on se souvient. Celui qui vole la vedette. John Dies At The End ressemble à beaucoup de choses mais ne ressemble finalement à rien de connu si ce n’est à lui-même. Pour conclure, en essayant vainement de résumer la chose, ce serait un mélange entre Twin Peaks/Bubba Ho-Tep/Southland Tales/South Park et le Symbol de Matsumoto. Et là encore, on serait loin du compte.


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