Critique de film

Jeu d'enfant

"Child's Play"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 1988
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Tom Holland
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h27
  • Budget : 9 millions de dollars
  • Scénariste : Tom Holland, John Lafia, Don Mancini
  • Musique : Joe Renzetti
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Catherine Hicks, Chris Sarandon, Alex Vincent, Brad Dourif, Dinah Manoff, Tommy Swerdlow, Jack Colvin, Neil Giuntoli, Juan Ramírez, Alan Wilder, Richard Baird
  • Récompenses : Saturn award de la Meilleure actrice (Catherine Hicks) en 1990

C'est une chouette poupée qui parle, un compagnon de jeu idéal. Mais le Chucky qu'on a offert au petit Andy est un peu différent : c'est un être diabolique dont le passe-temps est d'assassiner les gens...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Jeu d’enfant - Le tueur pour enfant
Par : Chroniqueurs


Par Dante

On ne le dira jamais assez, les années 80 ont été le vivier d’un cinéma de genre, surtout américain, riche en perles autant qu’en bouses qui avec le temps sont quand même devenus des plaisirs coupables. Dans ce contexte, où l’on multipliait les figures mythiques du mal (Freddy, Jason et consorts), une petite poupée du nom de Chucky débarqua sur les écrans en 1989. Réalisé par Tom Holland, artisan très discret, qui ne reviendra que quelques années après nous livrer deux produits kingiens (Les Langoliers et La peau sur les os), et sera bombardé maître de l’horreur par Mick Garris dans son anthologie des Masters of Horror. Titre usurpé ? Peut-être bien. Car si Holland a donné naissance à une figure mythique du cinéma d’horreur devenue une saga commerciale par la suite, Chucky premier du nom est loin d’être un chef-d’oeuvre.

Jeu d’enfants (le titre français) a tout de la petite bande d’horreur intéressante. Possédant un concept novateur, elle ne se donne pourtant jamais les moyens de l’exploiter à fond. Commençant comme une sorte de thriller fantastique, les premières minutes du film nous dévoilent l’origine de la célèbre poupée, coupant court à toute interrogation, qui fait souvent les choux gras des autres sagas. Dans la demi-heure qui suit, Holland s’emploie à poser son atmosphère, calme et naïve, illustrée par le rôle de l’enfant Andy et de sa mère Catherine Hicks (la mère de 7 à la maison). Bien loin de balancer ses effets aléatoirement, Holland distille au contraire l’apparition de sa poupée, véritable star du film, par des procédés, certes ultra usités comme les vues subjectives et les jeux d’ombre, mais terriblement efficaces.

Malheureusement, Holland abandonne bien vite ce côté angoissant, fonçant tête baissée dans la facilité. Car comment ne pas tomber dans le grand guignolesque quand on a une poupée qui tue ? Holland se lasse des brèves apparitions de sa marionnette pour nous le balancer en plein champ. D’autant que la personnalité de la poupée est ici très peu exploitée, erreur qui se verra réparée par la suite avec le développement du côté sadique et pince-sans-rire du serial killer haut comme trois pommes. Dénué de tout développement réel, Chucky est réduite à la simple fonction de boogeyman.

Grosse déception donc, quand on connaît d’avance tout le mythe qui entoure la poupée. Car dans ce premier opus, on n’a droit qu’à quelques vannes balancées ici et là, quelques rares dialogues vraiment cyniques, l’ambiance générale étant on ne peut plus sérieuse.

Jeu d’enfants dépose un bilan mitigé dans la mesure où il hésite trop souvent entre plusieurs genres. Du thriller fantastique, nous passons au slasher lambda avant de se retrouver dans une clôture dans la veine d’un survival. Le tout entrecoupé de pauses humour et de quelques scènes relativement funs. La suite de la saga abandonnera d’ailleurs tout côté sérieux pour tomber dans le délire le plus total, dotant du même coup la poupée d’une personnalité propre qui le distingue des boogeymans habituels.


Oeuvres liées :

Chucky 2 (1990)
Chucky 3 (1991)
La fiancée de Chucky (1998)
Le fils de Chucky (2004)

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