Critique de film

Invasion Los Angeles

"They live"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 1988
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : John Carpenter
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h33
  • Budget : 4 millions de dollars
  • Scénariste : Ray Nelson (nouvelle) / John Carpenter (scénario)
  • Musique : John Carpenter, Alan Howarth
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  • Bande annonce
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  • Casting : Roddy Piper, Keith David, Meg Foster, George 'Buck' Flower, Peter Jason, Raymond St. Jacques, Jason Robards III, John Lawrence, Susan Barnes, Sy Richardson
  • Récompenses : Nominé aux Saturn Awards de la Meilleure musique et du Meilleur film de science-fiction en 1990
    Nominé au prix du Meilleur film à Fantasporto 1989

Un ouvrier au chômage, John Nada, tout juste arrivé à Los Angeles, se lie avec un ouvrier noir, Frank, qui l'entraîne dans Justiceville, le bidonville où vivent les laissés pour compte de la Californie triomphante. Il ne tarde pas à découvrir des lunettes noires qui lui permettent de constater que la ville a été envahie par des extra-terrestres d'apparence humaine.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Invasion Los Angeles - Alien apocalypse
Par : Damien Taymans


Après son Big trouble in Little China, John Carpenter décide de revenir vers un cinéma plus indépendant, celui-là même qui lui permit de se hisser au statut de cinéaste incontournable. Prince des Ténèbres relance le réalisateur dans le cinéma de genre grâce à un beau succès commercial (3 millions déboursés pour 18 récupérés). Adapté d’une nouvelle de Ray Nelson, Invasion Los Angeles est un retour pour Big John aux films science-fictionnels apocalyptiques dont le plus bel exemple reste son New York 1997.

Apportant quelques modifications à la nouvelle originelle (le prénom du héros George sera substitué par John, l’insertion des lunettes qui permettent de rentrer en contact avec le monde réel), Carpenter accentue la différenciation entre le héros paumé et le monde au sein duquel il évolue. John Nada, dont le prénom et le nom témoignent de son anonymat, est un personnage marginal évoluant tant bien que mal dans un univers qu’il ne comprend pas mais apprécie naïvement, bercé par les illusions des discours bien pensants de l’époque. Nada aime l’Amérique, celle-là même sui le rejette en le refoule au statut de paria. Cette Amérique tendance Reagan dominée par les idéologies capitalistes et mondialistes, cette Amérique qui condamne ses habitants à évoluer aveuglément tels des moutons écervelés qui suivent le troupeau. Les dirigeants discourent et les citoyens approuvent sans chercher à comprendre les messages dissimulés derrière ces discours dithyrambiques, messages formidablement illustrés par ceux auxquels est confronté John après qu’il a chaussé les lunettes.

La découverte des lunettes, symbole de la vue recouvrée, constitue un tournant décisif dans la vie de ce va-nu-pieds sociétal. Elles lui donnent la possibilité de voir le monde tel qu’il est. Dénué de ses apparences, le monde réel couvre une réalité autre et difficile à concevoir. De vagabond sans personnalité, John Nada devient un révolutionnaire qui n’hésite pas à flinguer à tout va les créatures qui dominent l’univers qu’il chérit. Faisant irruption dans une banque, le guérillero bute les aliens avec pour seule sommation une phrase inoubliable à la manière d’un Snake Plissken. La métamorphose du héros est sans faux pli de même que l’introduction de son acolyte Frank avec lequel il s’adonnera à une lutte mémorable longue de six minutes, hommage aux matchs de catch pour lesquels Carpenter nourrit une véritable passion. Le métrage déroule son intrigue de la plus belle des manières, ne permettant jamais à l’ennui de s’immiscer, pour mener le spectateur vers un final dantesque.

Soutenu par un score lancinant qui accentue la lenteur rythmique de l’ensemble, Invasion Los Angeles tangue continuellement entre l’atmosphère pesante apocalyptique et les pétarades jouissives des action movies. Fréquemment reléguée au second plan dans la carrière de Big John, l’œuvre n’en est pas moins l’une de ses plus flagrantes réussites qui ne dénote aucunement avec le reste de sa filmo.


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