Critique de film

Intraçable

"Untraceable"
affiche du film
  • Genre : Policier, Thriller, Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Gregory Hoblit
  • Pays d'origine : Etats-Unis
  • Durée : 1h41
  • Budget : 35 millions de dollars
  • Scénariste : Robert Fyvolent, Mark Brinker, Allison Burnett, Robert Fyvolent, Mark Brinker
  • Musique : Christopher Young
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Diane Lane, Billy Burke, Colin Hanks, Joseph Cross, Peter Lewis
  • Récompenses : Aucune

Au FBI existe une cellule qui sâ

Les critiques à propos de ce film

Critique de Intraçable - Quand Jigsaw rencontre John Doe...
Par : Gore Sliclez




L’agent du BFI, Jennifer Marsh (Diane Lane) à qui incombe de lutter contre la cybercriminalité, est chargé d’enquêter sur le site, Kill With Me, montrant en direct la mort d’un chat. Mais ce qui s’apparentait alors à de la violence contre animaux tourne à l’horreur complète quand, toujours en direct, le tortionnaire décide de s’en prendre à un être humain qui meurt lentement d’hémorragie. S’ensuivent alors d’autres victimes, toutes torturées dans d’atroces mises à mort et dont la vitesse d’exécution dépend du nombre de visiteurs du site.

Capable du meilleur Primal Fear, 1996 ou Frequency, 2000) comme du pire (Fallen, 1998), Gregory Hoblit semble en tout cas se complaire dans le fantastique et le polar bien noir. Mais il faut bien avouer qu’ici le réal monte de plusieurs crans dans l’émotionnel à coups de gore et de scènes choc.

Prenez beaucoup de Saw, un peu de Seven et du Silence des Agneaux et vous aurez une vision à peu près exacte de cet Intraçable plutôt glauque. Car ces scènes de torture filmées en direct ressemblent à s’y méprendre aux pièges redoutables et crapuleux d’un Jigsaw en méforme. Ici une victime se vidant de son sang par hémorragie, là une autre qui meurt brûlée par des dizaines d’ampoules incandescentes (bonjour la facture d’électricité annuelle) ou encore une autre qui décède dans un bain d’acide avec un résultat final très visuel. Le tout orchestré par un enfant au visage d’ange (Joseph Cross ) mais au regard démoniaque bien décidé à retourner sa soudaine popularité contre ses victimes.

Et c’est bien en cela que le film parvient (remarquablement) à nous déranger quand on voit ces centaines de commentaires d’internautes ravis de ces mises à mort et en train de prendre leur pied en matant la souffrance de l’autre. Sans compter ces centaines de milliers de connexions qui défilent sur un compteur et sans que la police ou une éventuelle bonne conscience du public ne puissent en arrêter le déroulement. Se connecter au site revient à se rendre coupable de complicité de meurtre, ce qui en soit n’aurait rien d’exceptionnel de la part d’une société pouvant être terriblement égoïste et déjà rompue aux images choc diffusées sur Internet où un simple clic vous permet d’assister à la décapitation d’otages américains. Un malaise réel parfaitement retranscrit dans ce film noir, très noir à l’instar de sa photographie aux tons bleutés et gris.

L’ultramédiatisation est décidément un sujet porteur ces derniers temps au cinéma où la diffusion de l’information est sans limite et sans tabou. La course à l’image et à l’information est à portée de tous et génèrent des sites ou des blogs au succès grandissant. Sujet propice donc pour des scénaristes qui trouvent là matière à développer des intrigues très visuelles et des contextes comportementaux de masse face à l’horreur en directe et via tous les médias possibles.

Témoin de ce lynchage technologique, Jennifer est remarquablement interprétée par une Diane Lane une fois encore remarquable d’émotion qui porte entièrement ce film sur ses épaules. Face à elle, un Joseph Cross ambigu et angoissant.

Sorte de somme de plusieurs genres et de plusieurs références évidentes, Intraçable se démarque néanmoins grâce à une réalisation solide, classique et sans faille ainsi qu’une parfaite maîtrise du rythme. Oubliez la love story bateau et ennuyante ainsi que le méchant qui ressuscite plus vite qu’il ne meurt, ici point de cela. Une œuvre qui, certes, ne révolutionne rien mais qui a le mérite de ne jamais sombrer dans la caricature ridicule ou dans l’ersatz de mauvaise facture. Une agréable surprise…

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