Critique de film

Inseminoid

"Inseminoid"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Science-fiction
  • Année de production : 1981
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Norman J. Warren
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h33
  • Budget : 2 millions de dollars
  • Scénariste : Gloria Maley, Nick Maley
  • Musique : John Scott
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Robin Clarke, Jennifer Ashley, Stephanie Beacham, Steven Grives, Barrie Houghton, Rosalind Lloyd, Victoria Tennant, Trevor Thomas, Heather Wright, David Baxt
  • Récompenses : Prix des Meilleurs effets spéciaux au Fantafestival en 1982
    Nominé au Prix du Meilleur film � Fantasporto 1982

Lors d'une mission archéologique sur une planète gelée et hostile, les membres de l'équipage sont attaqués par des créatures inconnues. L'un meurt, l'autre devient fou. Il agresse l'équipage et tente de saborder le vaisseau. Sandy, elle, se réveille à l'infirmerie, avec la sensation d'avoir été enlevée et inséminée par des extra-terrestres. Etait-ce seulement un cauchemar ? Son nouvel appétit pour la chair humaine et sa mutation en un être sanguinaire prouveront le contraire.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Inseminoid - Artificiel
Par : Damien Taymans


Un duo de scientifiques est envoyé sur la planète Xeno afin d’y mener des fouilles archéologiques. Suite à une explosion, l’un décède tandis que l’autre est sauvé in extremis à peine écorné par un mystérieux cristal. Remis sur pied, le scientifique est pris de folie destructrice au sein de la base et sème la panique avant de se faire abattre. Intrigués, ses compagnons désirent comprendre quelle est la nature du fameux cristal et envoient Mitch et Sandy explorer la planète pour en rapporter quelques échantillons. Sur place, le tandem est attaqué par une créature monstrueuse. Sandy se réveille quelques heures plus tard sur une table chirurgicale avec, dans son ventre, une progéniture extraterrestre qui pousse plus vite que les moustaches de Dali…

Suite au Alien de Ridley Scott et Dan O’Bannon, les variations science-fictionnelles proposant une intrigue spatiale autour d’un extraterrestre envahissant l’espace vital des humanoïdes sont légion. Malgré les arguments peu crédibles du producteur Richard Gordon visant à interdire toute accusation plagiaire, le métrage de Norman J. Warren peine à ne pas souffrir de la comparaison d’avec son illustre prédécesseur. Pourtant, malgré un pitch quasi similaire (milieu spatial, une tribu de scientifiques divers, un individu investi par un alien), les deux œuvres possèdent de multiples points de distanciation qui terminent de les différencier l’une de l’autre, sacrant du même coup irrémédiablement l’œuvre de Scott au détriment de la relecture européenne de Warren. C’est que l’Anglais, déjà coupable de Satan’s slave et du Zombie venu d’ailleurs, éprouve bien des difficultés à se rapprocher des modèles américains malgré les deux autochtones (Robin Clarke et Jennifer Ashley) insérés dans le cast suite aux recommandations de la Shaw brothers. Une européanisation qui se lit autant dans la sexualisation de l’intrigue que dans le décalque engourdi des œuvres qu’elle imite.

Si le pitch emprunte considérablement au film de Scott lui-même se modelant sur It ! The Terror from Beyond Space de Edward L. Cahn, l’œuvre de Warren lorgne également sur le classique de Mario Bava La planète des vampires dont il reprend les monochromes tour à tour bleuâtres, rougeâtres et verdâtres, subterfuge chromique symbolisant un univers étranger au monde terrestre qui permet de ne pas éparpiller le budget rachitique en fx coûteux et inutiles. Mieux, pour limiter au mieux les frais, le tournage se déroule dans une caverne britannique (et sa température constamment froide) à peine agrémentée de quelques éléments appartenant aux lieux de vie supraterrestres dans l’imaginaire collectif. Centrée dans les sous-sols de la planète Xeno, l’intrigue louvoie au gré de couloirs labyrinthiques aux nombreux méandres nantis de quelques caissettes ornementales. De faiblesse, le film transforme pourtant le confinement financier en force lorsqu’il décide de développer davantage le caractère de l’hôte que celui de la créature (qui fera également son apparition, atteignant du même coup le comble du ridicule), renvoyant du même coup aux œuvres traitant de possessions démoniaques également en vogue depuis le film de Friedkin. Sandy, en pleine gestation exponentielle, devient un prédateur redoutable qui ne désire que d’exterminer ses compagnons de jadis par simple envie plus que par instinct de protection de sa progéniture. Déplacement thématique reprenant la thèse de Hobbes de l’homme loup dans laquelle l’insertion de la créature alien ne devient plus qu’une légitimation science-fictionnelle maladroite des confrontations humaines qui baignent l’ensemble.

Que reste-t-il en définitive de cet Inseminoïd au titre évocateur ? Une thématique épuisée, des acteurs fadasses, une musique électronique éreintante, des décors minimalistes et un manque de rythme crucial pudiquement contrebalancés par l’une ou l’autre séquence glauque sympathique (l’attaque des aliens, l’insémination). Bien loin d’être le plus mauvais film de Warren, Inseminoïd constitue pourtant le plus bel exemple de la roublardise d’un réalisateur qui sut en nombre circonstances passer à travers les mailles du filet de productions avares en dringuées horrifiques.

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