Critique de film

Héritage maudit (L')

"Inheritance"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Kris Kristensen
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h29
  • Scénariste : Kris Kristensen, Brian McDonald
  • Musique : Erik Aho
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Jen Taylor, Marjorie Nelson, Carter Roy, Emma Jones, Kathryn Mesney, David Dummond
  • Récompenses : Aucune

Dans cette histoire glaciale d'une mourante obsédée par la jeunesse éternelle, une jeune et jolie gouvernante doit se battre contre le fantôme vicieux de l'agonisante et lutter afin de tuer cet esprit qui possède son corps.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Inhéritance - Legs encombrant
Par : Damien Taymans




Lillian Baker est une vieille dame un brin acariâtre qui vit seule dans son énorme maison. Abandonnée par la seule famille qu’il lui reste, à savoir une fille qui ne s’intéresse qu’au potentiel héritage qu’elle va palper lorsque la vieille va crever, Lillian ne peut compter que sur Abbey, jeune femme qui, tout en poursuivant ses études pour devenir sage-femme, passe le plus clair de son temps avec la mémé gâteuse. Un choix qui s’avère payant puisque suite à la mort de madame Baker, Abbey hérite de sa maison et de ce qu’elle contient … ainsi que de la personnalité de feue madame Baker qui investit ponctuellement son corps…

Kris Kristensen, réalisateur de documentaires à propos de Grant Lee (Elixirs and Remedies) et de la culture alimentaire en Amérique (The Meaning of food), s’essaie pour la première fois à la fiction, tentant du même coup une incursion dans le genre. Un projet qu’il monte avec Brian McDonald, réalisateur de White face sur lequel Kristensen officiait en tant que producteur. Stakhanovistes convaincus et fauchés comme les blés, les deux hommes se répartissent les tâches à qui-mieux-mieux, quitte à accumuler des fonctions distinctes (Kristensen ici réalisateur, scénariste, producteur et monteur).

Estampillé œuvre horrifique, Inheritance ne se limite qu’à l’instauration d’une atmosphère qui se veut inquiétante sur fond de mystères et de phénomènes paranormaux liés à une métempsychose encombrante puisque, non contente d’avoir quitté le royaume des vivants, la vieille carne décide d’investir le corps de sa garde-malade (décrite comme jeune et jolie, vous jugerez par vous-même) et, du même coup, d’éliminer tous les parasites qui peuplaient sa vie. Exit le petit ami d’Abbey, Neill, auquel elle préfère le jeune médecin célibataire qui l’auscultait en son temps. Rafraichissement capillaire, revisite de la garde-robes (la pauvre Abbey doit se coltiner les robes de mémé) et déménagement contraint et forcé (adios bel appart, bonjour immense manoir) sont au programme. Autant de bouleversements destinés à asseoir plus confortablement une histoire d’une indigence sans pareil. Jouant la carte convenue de l’hésitation entre la crise schizophrénique ou la possession fantomatique, Kristensen et son co-scénariste McDonald se fourvoient longuement en compilant des scènes soi-disant ambiguës censées plonger le spectateur dans un état dubitatif concernant les troubles psychologiques de la pauvre Abbey. C’est que, n’ayant visiblement pas peur du ridicule, le tandem ne recule devant rien pour forcer l’équivocité de l’histoire, une ambiguïté qui sombre définitivement lors d’une magnifique séquence durant laquelle Abbey, dans la salle à manger, discute avec son moi possédé par Lillian, installé dans le salon, éloignement géographique minime qui contraint tout de même la jeune Abbey de se déplacer de pièce en pièce pour pouvoir poursuivre la conversation (des effets rendus par un montage on ne peut plus foireux mal ciselé qui au lieu de jouer sur un ersatz de champ/contre-champ préfère marquer les déplacements du personnage de l’armoire au fauteuil, du fauteuil à l’armoire.

Inheritance révèle l’amateurisme du tandem Kristensen-McDo, incapable de fournir un film digne de ce nom, prétendant faire de l’art en ne se cantonnant qu’à l’approximation (pour preuve, la photographie identique à celle des Feux de l’amour et le montage chaotique de l’ensemble). Les compères livrent donc un objet longuet, ennuyeux, inintéressant qui réussit le comble d’être désincarné tout en approchant la réincarnation.

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