Critique de film

Horns

"Horns"
affiche du film
  • Genre : Fantastique, Drame, Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Alexandre Aja
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h59
  • Scénariste : Alexandre Aja, Grégory Levasseur, Joe Hill
  • Musique : Robin Coudert
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Soupçonné d’avoir assassiné sa fiancée, rejeté par tous ceux qu’il connaît, Ignatius a sombré dans le désespoir. Un matin, il se réveille avec une paire de cornes sur la tête. Celles-ci lui donnent un étrange pouvoir, celui de faire avouer leurs plus noirs secrets aux gens qu’il croise. Ignatius se lance alors à la recherche du véritable meurtrier…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Horns - Ange ou démon ?
Par : Samuel Tubez




Alexandre Aja adapte King junior (à savoir Joe Hill) par le biais d’une histoire incroyablement casse-gueule où un jeune homme suspecté du meurtre de sa copine se voit du jour au lendemain affublé d’une paire de cornes possédant un étrange pouvoir de persuasion...

Entre la romance (un brin niaise et mielleuse), le film d’ado obscur et l’épouvante saupoudrée d’humour noir, Horns propose un mix inégal où la quête de vérité d’Ignatius (Daniel Radcliffe, plutôt bon) est habilement menée, apportant au compte-goutte son lot de révélation et où l’on s’amuse devant un parterre d’autochtones tous plus pervers et dérangés les uns que les autres. Les cornes juchées sur le crâne de notre anti-héros lui permettent d’entendre les plus intimes secrets de ceux et celles qu’il croise, ce qui nous donne droit dans un premier temps à quelques séquences croustillantes (la gamine infernale dans la file d’attente, le médecin queutard) avant de s’avérer bien plus utile quand il fera le tour de ses proches pour connaître leurs plus sombre pensées et ainsi obtenir le fin mot de l’histoire. La satire qui en découle est succulente, Aja égratignant avec la complicité de Hill (qui a supervisé l’écriture de cette adaptation) un panel de personnages ruraux aussi pervers qu’abjects avec beaucoup d’humour. Well done, le frenchie. Bien amené aussi le portrait d’un groupe de gamin façon Stand by me que l’on retrouve à l’âge adulte (une constante chez King-père) et qui ont chacun grandi en conservant des secrets plus ou moins inavouables. Dans ses meilleurs moments Horns évoque ainsi les quelques honorables adaptations de Stephen King qui pullulaient à la fin des années 80-début 90 sur nos écrans (Stand by me donc, mais aussi Ça, Le Bazaar de l’épouvante,…), et qui étaient baignées dans des atmosphères tour à tour lumineuses, mélancoliques et sombres, ambiances ici parfaitement rendues par le chef opérateur Frederick Helmes (Blue Velvet, Ice Storm). Un mimétisme qui manque il est vrai cruellement de personnalité (Hill n’étant pas au niveau de son géniteur) tout en alignant certes quelques grosses ficelles, mais donnant parfois droit à des séquences de flashbacks parfaitement réussies. Moins convaincantes sont par contre les plongées dans le fantastique et l’épouvante, dont un final pas loin d’être grotesque qui laisse malheureusement le spectateur sur une mauvaise impression. Les plus puristes pourront en outre pester sur un doublage français particulièrement médiocre présentant un surplus de jeu de mots sataniques lourdauds comparé aux dialogues originaux. Rien de déshonorant, bien au contraire, pour cette belle tentative old school de fantastique ancré dans la réalité.

L’ombre de Stephen King surplombe légitimement cette œuvre aussi imparfaite qu’attachante qu’est Horns. Malgré ses ruptures de ton pas toujours bien dosées et son manque de personnalité, le dernier film d’Alexandre Aja est en tout cas un film fantastique qui tente des choses tout en proposant une alternative aux suites et remakes qui pullulent. Pas de quoi bouder sa sortie au ciné en tous cas.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage