Critique de film

Hook ou la revanche du capitaine Crochet

"Hook"
affiche du film
  • Genre : Aventures, Conte fantastique
  • Année de production : 1991
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Steven Spielberg
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 2h24
  • Budget : 70 millions de dollars
  • Scénariste : J.M. Barrie (roman et pièce) / James V. Hart, Malia Scotch Marmo (scénario)
  • Musique : John Williams
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Dustin Hoffman, Robin Williams, Julia Roberts, Bob Hoskins, Maggie Smith, Caroline Goodall, Charlie Korsmo, Amber Scott, Laurel Cronin, Phil Collins
  • Récompenses : BMI Film Music Award en 1992
    Golden Screen en 1992

Peter Pan a grandi ! Il est devenu Peter Banning, un brillant avocat d'affaires qui n'a plus aucun souvenir de son formidable passé. Mais le Capitaine Crochet, lui, n'a rien oublié. Il veut se venger une fois pour toutes de Peter Pan. Pour l'attirer à lui, il enlève ses deux enfants. Peter parviendra-t-il à les sauver ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hook ou la revanche du capitaine Crochet - Un patchwork mal crocheté
Par : Damien Taymans


Tapi dans les fonds de tiroir de Spielberg depuis quelques années, Hook voit enfin le jour en 1991. Admirateur du mythe de Peter Pan, le réalisateur souhaitait depuis quelques temps adapter l’histoire au cinéma afin d’y apposer sa patte. Ce fut chose faite et pas exactement de la meilleure des manières.

Adaptation, suite ? La forme que prend Hook ou la revanche du capitaine Crochet est floue. Situation initiale temporellement déplacée, personnages refaçonnés : le mythe a subi une relecture curieuse mais pour le moins originale. Pourtant, le postulat de Spielberg entre en conflit avec la fable bâtie par James Matthew Barrie puisque Peter Pan se nomme désormais Peter Banning, accuse quarante piges bien faites et est l’heureux géniteur de deux marmots. Non content d’avoir définitivement quitté l’enfance, Peter est devenu un adulte confirmé : avocat prestigieux sans arrêt pendu à son portable, le bougre en a oublié son enfance ainsi que la plus digne représentante de cet âge d’or : grand-mère Wendy.

Autant dire que la fable originelle s’est retrouvée bouleversée sous la plume de Jim V. Hart et via la caméra virevoltante (le mot est faible) de Spielby. Le métrage n’aborde d’ailleurs qu’en surface le mythe de Peter Pan, n’en reprenant que les personnages principaux ainsi que quelques éléments empruntés à l’œuvre (le crocodile-horloge). Hormis ces caractéristiques propres à la fable, le métrage s’en éloigne fortement pour décrire plus spécifiquement la rédemption de Banning qui redécouvre son passé en rejoignant Neverland. Dès lors, au lieu de s’aventurer sur la thèse psychanalytique qui faisait tout l’attrait de l’œuvre originelle, Hook ne devient qu’une variation grossière au ton faussement moralisateur.

La fable pour adultes (rappelons le manque d’humanité du héros de Barrie, incapable du moindre sentiment et foutrement égocentrique) se transforme en film pour marmots qui verse dans le sentimentalisme fiévreux et la mièvrerie flagorneuse à l’égard d’une œuvre incomprise. Les piètres prestations de Julia Roberts (mauvais choix, n’est-il pas ?) et de Dustin Hoffman finissent de faire glisser ce métrage du syndrome de Peter Pan à la maladie pygmalienne.

Le seul moment de bravoure que l’on peut imputer à l’œuvre spielbergienne est la scène de la bataille hautement graphique entre les enfants et les pirates, portée par un score savoureux de John Williams. Ce qui est relativement peu pour un film de cet acabit (est-il besoin de rappeler les 70 millions de dollars de budget et le casting impressionnant ?).


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