Critique de film

Hindsight

"Hindsight"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Lee Hyeon-seung
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Scénariste : Lee Hyeon-seung
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  • Bande annonce
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  • Casting : Song Kang-ho, Sin Se-kyeong
  • Récompenses : --

Ex-patron d’un gang, Du-Heon s’inscrit à des cours de cuisine dans l’espoir de prendre un nouveau départ en ouvrant un restaurant. Il y rencontre Se-Bin, une mystérieuse et séduisante jeune femme. Du-Heon doit malgré lui revenir aux affaires et se confronter à son successeur dans le milieu. Ce qu’il ne sait pas, c’est que Se-Bin est une tueuse à gages employée par le successeur de Du-Heon pour le tuer...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hindsight - Master chef
Par : Damien Taymans


Le retour aux affaires du réalisateur d’Il Mare ne pouvait passer inaperçu. Hindsight, amalgame de romantisme fiévreux et de grand banditisme, présage déjà, le pitch à peine posé, une nouvelle décalque américaine dont seul Keanu Reeves. Le postulat n’est pourtant pas neuf : le cinéma sud-coréen a déjà enfanté, sur un thème similaire, de Ma femme est un gangster et de ses suites, tragi-comédies survitaminées à la mise en scène ultra-académique. Or s’il reste un prodige allouable à Hindsight, c’est sa mise en forme : naviguant de Séoul à Busan, Lee Hyeon-seung oppose deux Corée du Sud ; celle, froide et pervertie, de la capitale (bénéficiant d’une teinte bleutée glacée) et celle, organique et magnificente, de la ville portuaire où se développent les instants les plus charnels de la passion qui lie les deux héros.

Suivant le dédale d’émotions du couple en devenir, entre attachement et déchirement, la construction narrative patine quant à elle dans la semoule. Les inlassables mouvements de yo-yo opérés sur plus de deux heures finissent par rendre l’œuvre au mieux tolérable : au fur et à mesure, l’esthétique perd de sa superbe, la caractérisation atteint ses limites, le scénario tourne en rond. Plombé par des séquences pompées sur un quelconque Top Chef asiatique, l’aspect tragique de l’amour rendu impossible par les plaies béantes d’un passé tenace s’écaille et ne laisse en définitive qu’un arrière-goût plutôt suret. Pourtant, Song Kang-Ho (The Host, Thirst) met du cœur à l’ouvrage mais, comme l’illustre son incompétence culinaire dans le film, la sauce ne prend pas, tant et si bien que, lorsque débarque un tueur froid et implacable pour dynamiser un peu l’ensemble, on sait déjà que le soufflé ne pourra plus être sauvé.

Sorte de Top Chef asiat’ entremêlé de fausses séquences d’imbroglios mafieux, Hindsight constitue le contre-exemple du polar sud-coréen en verve depuis quelques années.


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