Critique de film

High-Rise

"High-Rise"
affiche du film
  • Genre : Action, Science-fiction, Drame
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Grande-Bretagne
  • Durée : 1h59
  • Musique : Clint Mansell
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

1975. Le Dr Robert Laing, en quête d’anonymat, emménage près de Londres dans un nouvel appartement d’une tour à peine achevée; mais il va vite découvrir que ses voisins, obsédés par une étrange rivalité, n’ont pas l’intention de le laisser en paix… Bientôt, il se prend à leur jeu. Et alors qu’il se démène pour faire respecter sa position sociale; ses bonnes manières et sa santé mentale commencent à se détériorer en même temps que l’immeuble : les éclairages et l’ascenseur ne fonctionnent plus mais la fête continue! L’alcool est devenu la première monnaie d’échange et le sexe la panacée. Ce n’est que bien plus tard que le Dr Laing, assis sur son balcon en train de faire rôtir le chien de l’architecte du 40ème étage, se sent enfin chez lui.

Les critiques à propos de ce film

Critique de High-Rise - La tour infernale
Par : Samuel Tubez




Plus gros budget à ce jour pour le réalisateur Ben Wheatley (Kill List, A Field in England), High-Rise est par ailleurs l’adaptation d’un des piliers de La trilogie de béton du romancier J.G. Ballard (I.G.H., dans sa version romanesque, en étant la troisième partie après Crash ! - déjà adapté par Cronenberg - et L’île de béton). Ce qui fait deux excellentes raisons de s’intéresser à ce film pas comme les autres…

Nicolas Roeg ou Vincenzo Natali en avaient rêvés, Ben Wheatley l’a fait. Mais a-t-il eu toute liberté dans cette entreprise ? La question peut légitimement se poser tant son film est chaotique à plus d’un niveau. On y suit le Dr Laing (excellent Tom Hiddleston) qui vient d’emménager dans un nouvel appartement d’une tour high-tech tout juste achevée. Alors que le voisinage s’avère pour le moins hostile et dérangé, ce neurologue découvre un système interne proche de la balkanisation où les plus nantis, dont l’architecte de la structure, jouissent de leurs biens aux étages supérieurs tandis que les moins aisés vivent tout en bas (la classe moyenne se situant au mitan). Mais les diverses strates rivalisent en perversion et plongent rapidement le bâtiment dans l’aliénation totale tandis que Laing tente de préserver sa place et son petit espace vital au cœur de toute cette furie.

Evidemment, cette satire virulente du libéralisme à outrance mais aussi du capitalisme se devait d’être mise en scène avec force et fracas, mais il semblerait que Ben Wheatley ait oublié de créer des liens entre ses personnages et le spectateur. Ils ont beau être charismatiques (Hiddleston), énigmatiques (Jeremy Irons), sexy (Sienna Miller) ou totalement en roue libre (Luke Evans se lâche totalement), aucun des protagonistes de High-Rise n’attire un semblant d’empathie auprès du spectateur. On assiste à une suite de séquences bordéliques mais peu borderlines (on a déjà vu plus choquant ailleurs) découpées et montées de façon parfois très aléatoires (on sait Wheatley quelque peu en froid avec la production, ce qui expliquerait certaines choses), et à l’impact tout relatif. Difficile dans ces conditions de s’intéresser durant près de deux heures assez répétitives aux événements de ce gratte-ciel infernal et ce, en dépit d’un réel savoir-faire. La vision iconoclaste du cinéaste fait toutefois mouche et il parvient dans cette atmosphère délicieusement rétro-futuriste à transformer la folie en nouveau standard de son monde, qui possède bien des résonances effrayantes avec le nôtre. Son habituel humour grinçant s’impose aussi magnifiquement au travers des certaines images, magnifiées par son fidèle chef op’ Laurie Rose et rythmée par la partition de Clint Mansell où vient poindre une reprise étonnante du SOS d’Abba par Portishead.

Ayant saisi le propos et la mécanique assez rapidement, le spectateur finit par s’ennuyer quelque peu devant ce Snowpiercer à la verticale dépourvu de véritable cheminement et qui finit par s’effondrer sur lui-même. Reste l’humour et le savoir-faire indéniable de Wheatley qui transperce de-ci de-là dans cette entreprise que l’on devine certainement bridée par quelque producteur frileux. En l’état, High-Rise forme une expérience cinématographique en marge et déconcertante, sorte de satire kaléidoscopique qui donne le tournis.


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