Critique de film

Hide and Seek

"Sum-bakk-og-jil"
affiche du film
  • Genre : Thriller
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 1h47
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Seong-su, un homme d'affaires, vit dans un immeuble luxueux avec sa famille et souffre d'une mysophobie. Il garde un secret concernant son frère à qui il n'a plus parlé depuis des années. Un jour, il apprend que ce dernier a disparu. Avec sa famille, il va vérifier son appartement dans un quartier minable et découvre des codes mystérieux presque partout sur les murs des appartements. Il rencontre Joo-hee et sa fille dans le couloir… Plus tard, il constate les mêmes codes dans son immeuble…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hide and Seek - Effractions sans dénominateur commun
Par : Damien Taymans


Sous ce titre évoquant le Trouble Jeu de John Polson se cache un autre thriller, autrement mieux monté émanant de la nation-maîtresse du genre, la Corée du Sud. Pour son premier film, Huh Jung s’appuie sur une légende urbaine vachement tenace au Pays du matin calme. Celle-ci avance que certains intrus se planquent dans votre maison et vivent parfois à vos côtés sans que vous ne vous en rendiez compte. Le home invasion parfait, en somme. Illustration d’emblée : une jeune femme rentre à son appart’ tranquillement et se rend compte que quelqu’un s’est introduit dans son humble demeure alors qu’elle s’en est absentée. Le coupable : un mystérieux voisin, mutique, coiffé d’un casque de moto qui ne tarde pas à en faire de la charpie. La figure du monstre énigmatique et monolithique a durablement imprimé dans la rétine du spectateur, le récit peut donc se concentrer à déballer son gros morceau.

Le héros de l’histoire n’est autre que Sung-soo, homme d’affaires friqué, habitant logement fastueux avec femme et enfants. L’image d’Epinal de la famille aimante et du foyer sécurisé. Pourtant, à y regarder de plus près le fameux cliché, le vernis semble se craqueler et révéler une situation plutôt fragile : la mère, femme au foyer, ne peut se défaire de son luxe et s’occupe avec autant de méticulosité de ses mômes que Plastic Bertrand de ses mélodies, les mômes sont d’affreux braillards irrespectueux quand Sung-soo, l’ATM familial, est absent plus souvent qu’à son tour, souffre de mysophobie et cache aux siens l’existence de son propre frère. Il faut dire que le frangin a des tendances psychotiques et jalouse la réussite financière de Sung-soo. Mais, lorsque ce dernier apprend que le mouton noir a disparu, il se rend à sa dernière adresse et tente d’élucider le mystère. Sur place, il découvre surtout d’étranges signes placés sous la sonnette de chacun des studios, des signes qui sont également gravés à côté de la porte de son propre foyer...

Le foyer, ce bastion que l’on espère inviolable et qui est source de bien des angoisses, censé protéger la maisonnée des périls du monde extérieur. "Toi, toi, mon toit" dans les esgourdes, Sung-soo interdit la moindre infiltration étrangère dans son antre. Même les plus infinitésimales bactéries en sont chassées. La crainte des nantis est on ne peut plus légitime : des masses de déshérités ne rêvent que d’une chose, disposer du même confort high-tech domotisé de ces immenses propriétés. Cette phobie a été largement explorée par le septième art donnant allant du succès fracassant (le Dream Home hong-kongais) à La Purge. Avec Hide and Seek, Huh Jung compose une œuvre bourrée de suspense qui use et abuse de moments d’angoisse (les portes de l’ascenseur se fermeront-elleeeeees ?) et multiplie les fausses pistes (les souvenirs d’enfance du héros) pour mieux surprendre le spectateur lors d’un "final twist" aussi étonnant que capillotracté, à l’aune des quelques agissements stupides des personnages de l’œuvre : dès qu’ils se trouvent coursés ou perçoivent l’intrusion, ils n’appellent jamais à l’aide, afin de laisser le soin à l’effraction d’être sans dénominateur commun.

La lutte des classes version Huh Jung bénéficie d’une réalisation classe et bien troussée qui manque hélas de réalisme et de mordant. Deviendrait-on trop exigeant envers le cinoche coréen ?


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