Critique de film

Here Comes the Devil

"Ahí va el diablo"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Adrian Garcia Bogliano
  • Pays d'origine : USA, Argentine
  • Scénariste : Adrtian Garcia Bogliano
  • Musique : Julio Pillado
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  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : --

Here Comes the Devil suit un couple qui perd ses enfants près de grottes lors d’un voyage à Tijuana. S’ils réapparaissent bien vite, ils semblent différents, quelque chose a changé en eux, quelque chose de terrible...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Here comes the devil - La salsa du démon
Par : Seb Lecocq


J’aurais dû me méfier dès la découverte du patronyme du réalisateur. En effet Adrian Garcia Bogliano n’est autre le géniteur de l’horriblement irritant I’ll Never Die Alone. Cette fois, plus de rape revenge voyeuriste au rabais mais sur le papier, une approche de l’horreur plus atmosphérique et occulte. Here Comes The Devil. Si Bogliano n’a pas vraiment progressé en matière de mise en scène, son film se montre par contre beaucoup moins insupportable que son No morire sola. Mais pas meilleur pour autant. L’Enfer est pavé de bonnes intentions comme le souligne l’adage qui résume parfaitement la situation : les intentions de départ de Bogliano sont on ne peut plus nobles mais, sur l’écran, leur mise en pratique est ratée dans les grandes largeurs. Là où le style demande de la finesse et du tact, Bogliano, pachydermique au possible, fait figure d’éléphant maladroit dans un magasin de porcelaine.

Le réalisateur argentin semble s’inspirer du travail de cinéastes comme Brillante Mendoza, Apichatpong Weerasatekhul au encore Amat Escalente mais sans avoir la moitié du quart du talent de ses confrères. Ses cadres sont bancals, le rendu de l’image amateur, le jeu des comédiens aléatoire et le scénario prend l’eau de toutes parts. Le film flirte même par moments avec la série Z lors de l’apparition d’un policier moustachu tout droit sorti d’une version argentine de Samurai Cop ou Clash Of The Ninjas.

Pourtant, tout commençait sous de bons auspices avec une scène d’introduction sexuelle et pas mal shootée. Cette scène montrant des amours lesbiens posait les bases d’une histoire de possession charnelle, érotique et fort intrigante. Cette introduction saphique restera le point culminant d’un film raté. Le reste étant bien évidemment à l’avenant : mise en scène ultra-datée, cadres n’exprimant aucune angoisse, aucun malaise, absence totale d’étrangeté et de peur et, ce qui semble être la marque de fabrique du réalisateur, une vulgarité crasse lors des scènes de sexe ou de nu émaillant le récit sans la moindre justification. Si ce n’est, éventuellement, pour mettre en avant le côté tentateur du Malin. Here Comes The Devil ne sait jamais trop sur quel pied danser, se voulant introspectif et atmosphérique mais sombrant dans la plus pure exploitation à la première occasion. Invariablement, le réalisateur opère les mauvais choix. Une scène en particulier met en exergue le ratage de l’œuvre : lors d’une séquence, deux personnes séquestrent un méchant dans le but de le faire parler. La scène est pas mal shootée et distille une petite tension. Mais patatra, Bogliano gâche tout en sombrant dans le gore de bas étage.

Dans ce film, chaque début de bonne intention ou de bonne idée est ruiné par une exécution lamentable. C’est vraiment dommage car les intentions de départ étaient bonnes, sans toutefois être révolutionnaires et auraient pu donner une petite série B à la Ti West. Rarement le Malin aura semblé si peu... malin.


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