Critique de film

Heartstopper

"Heartstopper"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Slasher
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Bob Keen
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h25
  • Scénariste : Vlady Pildysh, Warren P. Sonoda
  • Musique : Eric Cadesky, Nick Dyer
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Meredith Henderson, James Binkley, Nathan Stephenson, Michael Cram, Robert Englund, Laura DeCarteret, Scott Gibson, Ted Ludzik, Lori Hallier, John Bayliss, Wayne Flemming, Celine Lepage, David Roche,...
  • Récompenses : Aucune

Deux jeunes hospitalisés se retrouvent aux prises avec un tueur en série qui vient d’être exécuté. A la recherche d’un nouveau corps pour perpétrer ses méfaits, le psychopathe n’hésite pas à arracher le coeur de toute personne qui se met sur son chemin.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Heartstopper - Shocker de bas étage
Par : Quentin Meignant


Bob Keen est connu dans le petit monde du cinéma de genre américain pour avoir collaboré sur les maquillages et effets spéciaux de nombreux succès internationaux. D’Alien à Star Wars V et VI, en passant par Inseminoid, Highlander, Hellraiser ou Candyman, le bonhomme a pas mal bourlingué allant de tournage en tournage pour participer à la renommée des oeuvres qu’il a servis. Dès lors, il n’y a rien d’étonnant à ce que Keen se soit lancé dans la réalisation, imprégné qu’il était par les talents incomparables qu’il a croisés tout au long de sa carrière. Néanmoins, après les échecs de ses films précédents (The Lost World et Proteus restent de frappants exemples de ce qu’il ne faut pas faire), le bisseur ne faisait plus rêver personne et son nouveau projet, Heartstopper, était promis à un cuisant nouvel échec. Largement inspiré du Shocker de Wes Craven (déjà pas un exemple du genre), Heartstopper narre l’histoire de deux jeunes hospitalisés qui se retrouvent aux prises avec un tueur en série qui vient d’être exécuté. A la recherche d’un nouveau corps pour perpétrer ses méfaits, le psychopathe n’hésite pas à arracher le coeur de toute personne qui se met sur son chemin.

A la lecture de ce pitch, on s’attend sans nul doute à la relecture du concept suranné du meurtrier qui revient à la vie après son électrocution, chose que Bob Keen ne dément nullement avec une première séquence d’arrachage de cœur assez sympathique à défaut d’être vraiment répugnante. Tournée comme un flash-back et alliée à une B.O. rock assez nerveuse, cette scène a le don de motiver, instillant au film une bonne dose de ce que l’on espère être un délire hardcore. Malheureusement, cette impression est vite sapée par le marasme régnant dès la séquence suivante, mettant en scène de manière basique et brouillonne l’électrocution du tueur. Même si les talents de Keen en tant que maquilleur sont aisément reconnaissables grâce à la fonte d’un visage, l’ensemble irrite déjà fortement, la faute à une mise en scène bordélique et au style un peu trop pompeux adoptée par celle-ci.

Mais tous ces aléas formels et scénaristiques ne sont encore rien par rapport au grand bric-à-brac qui suit. Entre slasher à deux sous et survival adolescent gonflé…au yaourt, Keen ne sait jamais trop où se situer et sa mise en scène frôle carrément le comique de situation tant elle paraît être le fruit d’un hasard des plus complets. Arrachages de cœurs débilos et dialogues faussement inquiétants sont alors au programme d’un héros qui n’en finit pas d’asséner sa personnalité médiocre à une pellicule qui n’avait sans doute pas mérité ça. Si une jeune victime fait à raison remarquer à celui-ci qu’un hôpital est "un endroit pour soigner et non pas pour tuer", ce dernier n’en a cure et continue le véritable massacre, filmique celui-là, auquel se livre visiblement délibérément Bob Keen. Dans une seconde partie calamiteuse qui verra l’ensemble déprécier encore un peu plus (Vous n’en rêviez pas ? Keen l’a pourtant fait !), le métrage va jusqu’à offrir une vision considérable de la médiocrité du casting. Entre un Robert Englund peu à son affaire et des adolescents (Meredith Henderson et Nathan Stephenson) à la limite de la débilité profonde, le film, même s’il avait été de qualité, aurait de toute façon sombré.

Avec ces défauts, Heartstopper fait indéniablement partie de ces films à éviter comme la peste. Totalement insipide, ce vomitif filmique ne fait preuve d’aucune inventivité, se bornant à reprendre des éléments vus à de nombreuses reprises et à les tourner en ridicule. Triste constat d’échec pour un Bob Keen qui ferait bien mieux de retourner définitivement à ses maquillages et effets spéciaux.

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage