Critique de film

Heartless

"Heartless"
affiche du film
  • Genre : Fantastique
  • Année de production : 2009
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Philip Ridley
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h54
  • Scénariste : Philip Ridley
  • Musique : David Julyan
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  • Bande annonce
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  • Casting : Jim Sturgess, Clémence Poésy, Luke Treadaway, Justin Salinger, Fraser Ayres, Noel Clarke, Ruth Sheen, David Florez, Nikita Mistry, Timothy Spall, Connie Hyde, Nadia Theaker,...
  • Récompenses : Meilleur Acteur (Jim Sturgess), Meilleure mise en scène, Meilleur réalisateur, Meilleur film au Festival de Fantasporto 2010
    Méliès d'Argent au Leeds International Film Festival 2009

Un jeune homme conclut un pacte avec le diable pour être plus séduisant aux yeux d’une belle inconnue. Ce qu’il ignore c’est que ce changement a un prix. En échange de la beauté, il devra tuer. Jusqu’où est-il donc prêt à aller pour séduire et s’accepter tel qu’il est ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de Heartless - Un coeur gros comme ça...
Par : Quentin Meignant




Auteur et réalisateur assez peu prolifique, Philip Ridley n’en demeure pas moins l’un des cinéastes les plus adulés d’Angleterre, tant chacune de ses réalisations frôlent la perfection. Après son Enfant Miroir, film à succès de 1990, et son exceptionnel Darkly noon - Le jour du châtiment, en 1995, Ridley fit une longue pause, laissant sur le carreau des milliers d’amateurs de cinéma de genre, toujours friands de son regard novateur sur des propos pourtant maintes fois mis en scène. Il en va d’ailleurs de même avec son retour aux affaires, Heartless, métrage qui s’intéresse tout simplement au pacte passé par un jeune homme avec le Malin. Jamie Morgan, défiguré par une énorme tache de vin passe en effet un accord avec le Diable pour être plus séduisant aux yeux d’une belle inconnue. Ce qu’il ignore c’est que ce changement a un prix. En échange de la beauté, il devra tuer. Jusqu’où est-il donc prêt à aller pour séduire et s’accepter tel qu’il est ? Film le plus primé de Philip Ridley, Heartless fut présenté au public du BIFFF 2010 alors qu’il avait déjà remporté le Méliès d’Argent lors du Festival de Leeds, laissant donc la voie libre à bien d’autres productions qui auraient sans doute souffert de sa concurrence.

Influencé par Clive Barker, Philip Ridley distille dès les premiers instants un exceptionnel contraste entre ce que l’on peut appeler son bestiaire et le réalisme social dont Heartless est teinté. Prenant place dans la dure réalité des banlieues anglaises, l’œuvre plante en effet un décor à la base fort peu enclin à un quelconque univers fantastique, instillant à l’ensemble tout entier un caractère particulièrement sombre. Cette toile de fond particulièrement démoralisante permet à Ridley de tirer la quintessence d’un héros au traitement particulièrement touchant.

Celui-ci, véritable pierre angulaire de l’œuvre, est par ailleurs incarné avec brio par l’excellent Jim Sturgess, acteur au sommet de son art qui glana d’ailleurs bien des récompenses pour ce rôle. Campant à merveille ce personnage un brin paumé qui n’a jamais réellement pris part à une quelconque vie sociale et qui se retrouve du jour au lendemain amoureux et face à un dilemme inextricable, le comédien prouve, grâce à la délicatesse de son interprétation, toute la richesse psychologique et visuelle de l’œuvre de Ridley. Véritable passionné de cinéma, ce dernier donne aussi lieu à une véritable leçon de mise en scène et de montage, berçant de plus son ensemble d’un score bien choisi.

Plus qu’une simple révélation, Heartless restera sans doute à jamais l’une des œuvres phares du BIFFF 2010 dans la mémoire collective. Finement interprété, mis en scène de manière quasi parfaite, le métrage de Philip Ridley offre une relecture plus qu’intéressante du thème du pacte avec le diable, mettant par ailleurs en avant une critique sociétale assez poignante.


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