Critique de film

Hardcore Henry

"Hardcore Henry"
affiche du film

Attachez votre ceinture. Hardcore Henry est certainement l’expérience la plus intense et la plus originale à vivre au cinéma depuis bien longtemps ! Vous ne vous souvenez de rien. Votre femme vient de vous ramener à la vie. Elle vous apprend votre nom : Henry. Cinq minutes plus tard, vous êtes la cible d’une armée de mercenaires menée par un puissant chef militaire en quête de domination du monde. Vous parvenez à vous échapper mais votre femme se fait kidnapper. Vous voilà perdu dans un Moscou hostile. Ici tout le monde semble vouloir votre mort. Vous ne pouvez compter sur personne. Sauf peut-être sur le mystérieux Jimmy. Pouvez-vous lui faire confiance ? Arriverez-vous à survivre à ce chaos, sauver votre femme et à faire la lumière sur votre véritable identité ? Bonne chance Henry, vous allez en avoir besoin.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Hardcore Henry
Par : Jonathan Chevrier

Il y a des films qui, sans qu’on ne les voit trop venir, nous balancent dans la tronche leur folie mais surtout, leur singularité au sein d’une distribution annuelle de plus en plus chargée et impersonnelle. Le bien-nommé Hardcore Henry est de ces œuvres-là, projet complètement barré venu du froid, adapté d’un court-métrage - Bad Motherfucker - et mis en boite par Ilya Naishuller, acteur dont c’est le premier passage derrière la caméra. Filmée entièrement en vue subjective et ressemblant clairement à un croisement méchamment bandant entre Call of Duty, GTA et The Raid de Gareth Evans, la péloche semblait renvoyer tout autant au jeu-vidéo contemporain qu’aux séries B burnées et décomplexées qui manquent cruellement au septième art mondial (Mad Max Fury Road l’an dernier, The Raid 2 en 2014 et puis... c’est tout).

Car son pitch (Henry, sur le point de mourir et transformé en partie en cyborg, est ramené à la vie par une épouse qu’il doit sauver des griffes d’un tyran psychotique doté de pouvoirs télékinétiques) semble lui-même, être tout droit sorti d’une aventure vidéoludique sur console. Une belle promesse qui, cerise sur le gâteau, se payait le luxe d’avoir en son casting les géniaux Sharlto Copley et Tim Roth, ainsi que Timur Bekmambetov à la production - le roi de l’action tarée made in Russia.

A l’écran, même si quelques confusions rendent le tout un brin brouillon, force est d’avouer que l’OFNI qu’incarne le métrage d’Ilya Naishuller est sans conteste, avec Deadpool, l’œuvre la plus jouissive de ce début d’année ciné 2016.
Monument du culte pour tous les fans de FPS, empruntant énormément à la grammaire vidéoludique (l’épopée vengeresse du héros façon niveau à passer avec des univers différents, invincibilité et régénérescence de santé en prime), survitaminé et généreux, le film relève avec panache son défi fou et exploite pleinement les gimmicks techniques de son parti-pris en alignant notamment les corps-à-corps hardcore aussi violents que salement gore. Ça brise des os et des culs non-stop - à tel point que c’en est presque épuisant ! -, c’est franchement drôle (grâce à un second degré salvateur) et foutraque à mort, Sharlto Copley y est juste dément (le mec s’éclate et ça se voit) tandis que la B.O. envoie quelques sons électro parfaits pour l’occas’.

Sans forcément casser la baraque (le film a une tonne de défauts), Hardcore Henry, à l’instar du diptyque Hyper Tension, est un putain de divertissement régressif, sanglant et déglingué comme on aimerait en voir plus souvent, follement sincère dans son envie d’offrir au spectateur un moment de cinéma tout sauf fin et subtil. Pure série B en puissance (scénario limité bourré d’incohérences, jeu d’acteurs approximatif, ton jamais sérieux et action complètement démesurée à la clé), la péloche frappe là où ça fait mal. Pourvu que beaucoup de cinéastes emboîtent le pas de Naishuller dans les mois à venir...


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