Critique de film

Gutterballs

"Gutterballs"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Ryan Nicholson
  • Pays d'origine : Canada
  • Durée : 1h34
  • Budget : 250 000 dollars
  • Scénariste : Ryan Nicholson
  • Musique : Patrick Coble, Gianni Rossi
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Nathan Witte, Alastair Gamble, Jeremy Beland, Mihola Terzic, Saraphina Bardeaux, Wade Gibb, Stephanie Schacter, Danielle Munro, Nathan Dashwood, Dan Ellis
  • Récompenses : Aucune

Un tueur sanguinaire utilise mille et un artifices pour décimer un à un les ados présents dans un club de bowling...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Gutterballs - Strike !
Par : Damien Taymans






Au bowling Xcalibur, de drôles de choses se trament. Deux bandes de jeunes délurés s’affrontement en nocturne sous l’œil peu avisé du concierge qui s’y connaît côté boules et quilles. Les oppositions des deux groupes d’adulescents donnent lieu un soir à une violente bagarre entre les ténors de chacune des équipées, une dispute soldée par un joli lancer de boule de la part de Lisa sur le pied du pauvre Steven. Vénère comme pas deux, Steven prépare sa vengeance et passe sa haine pour la fille facile sur les galbes de son corps, provoquant tant qu’à faire un viol collectif à coup de triques et de quilles. Le lendemain soir, une nouvelle bataille se déroule sur les pistes. Une soirée pèpère se profile à l’horizon jusqu’à ce qu’un mystérieux tueur ne se mette à collectionner les cadavres pour réaliser son propre strike…

Affiche aux réminiscences du Maniac de Lustig, une scène de viol extrêmement éprouvante renvoyant au I spit on your grave (l’explosion trash en sus) de Meir Zarchi, le tueur ganté façon giallo, les jacasseries débridées à caractère pornographique sauce Porky’s. Aucun doute, Gutterballs (qui signifie les balles manquées qui finissent dans la gouttière, bande de néophytes anglophones !) est un pur descendant de la génération eighties accroc aux slashers décimant à tout-va des générations entières d’ados drogués au bear, sex and run (dès que le tueur approche seulement). Pour accentuer son retour aux sources de l’âge d’or du flick horror et du slasher old school, Ryan Nicholson, spécialiste du maquillage qui oeuvra sur X-files, Destination finale et autres Blade Trinity, centralise son intrigue autour du bowling Xcalibur à l’initiale démesurée présageant le caractère érotico-gore de l’ensemble. Une investigation géographique poussée à son paroxysme comme le prouvent le lettrage néon du titre et les assassinats diversifiés à l’outillage hétéroclite liés au monde du jeu de quilles (quille aiguisée, polisseur de boules, quilles nouées en nunchaku).

Sur base d’un scénar’ effilé au possible, le Canadien développe un univers chaotique où s’entremêlent constamment effusions sanglantes et déversements précoces, ravalements de façade et éjacs faciales (presque), arrachages de bras et parties de jambes en l’air. Qu’on se le dise, Gutterballs se distingue essentiellement par son réalisme brut et son appétence à retourner les estomacs, chose assez rare que pour être soulignée dans le monde largement exploré des séries B décomplexées. A mille lieues des splatter indigestes, le métrage de Nicholson relève le défi en proposant successivement émasculations, énucléations, démembrements et autres joyeusetés tout en multipliant les prises de vue afin de ne perdre aucune goutte (d’hémoglobine, cela va sans dire). Pourtant, et c’est bien là la complexité de l’entreprise, Gutterballs ne se contente pas de n’être qu’un splatter. Ultra-référencé, le métrage accapare les poncifs des sous-genres horrifiques les plus courants (giallo, serial-killer, monster movie) pour les réinvestir à sa manière au sein d’une mise en scène teintée des slashers version 80’s et des grindhouses conventionnels. En résulte une réalisation flashy à outrance, kitsch à souhait et tellement généreuse que les défauts qui parsèment l’ensemble (montage foutraque, interprétations limites) se voient réduits à peau de chagrin devant tant de bonté sanguinolente.

Gutterballs, malgré son montage légèrement bordélique et son scénario rapiécé, constitue l’une des meilleures productions low budget de cette décennie. Décomplexé et dépravé, Gutterballs fait l’effet d’un énorme coup de poing dans le bide et d’un coup de bottine dans les parties intimes. Cris et chuchotements se voient substitués en son sein par nausées et vomissements, tout un programme.


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