Critique de film

Godzilla X Megaguirus

"Gojira tai Megagirasu: Jî shômetsu sakusen"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2000
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Masaaki Tezuka
  • Pays d'origine : Japon
  • Durée : 1h45
  • Budget : 950 millions de yens
  • Scénariste : Hiroshi Kashiwabara, Wataru Mimura
  • Musique : Michiru Ôshima
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Misato Tanaka, Yuriko Hoshi, Masato Eve, Shosuke Tanihara
  • Récompenses : Meilleur montage au festival Asia Pacific Film de 2003

Depuis des années, le Japon assiste impuissant aux attaques de Godzilla contre les sources d'énergie nucléaires. Les armes les plus dévastatrices ont été employées mais rien n'a jamais semblé pouvoir ébranler le grand monstre. Nombreux sont ceux qui ont perdu la vie en le combattant ou en tentant d'échapper aux destructions. Aujourd'hui, l'équipe de militaires et de scientifiques spécialement désignée pour annihiler Godzilla pense avoir trouvé la solution : aspirer ce dernier dans un trou noir miniature, le confinant ainsi dans une prison dont il ne pourra plus jamais s'échapper. Mais après un premier essai à première vue réussi, un petit imprévu survient alors que toute l'équipe a déjà plié bagages. Le trou noir ne s'étant, malgré les apparences, pas tout à fait refermé, un énorme insecte ailé en émerge et pond un œuf avant de repartir. Un enfant s'en empare et, par un concours de circonstances, est amené à le cacher dans les égouts. L'œuf finit par éclore et bientôt, une gigantesque méganula arpente la ville à la recherche de nourriture. Sans le savoir, la brigade anti-Godzilla a ouvert les portes de notre monde à une nouvelle menace. Une créature impitoyable prête à tout pour étendre son territoire et y régner en maître absolu. Au même moment, Godzilla se dirige vers le Japon pour une nouvelle vague de destruction. Entre les deux monstres, le combat est inévitable et un seul pourra survivre...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Godzilla X Megaguirus - Are You Ready To Rummmmmmmmmble ???
Par : Fred Pizzoferrato




Après avoir assuré le poste d’assistant réalisateur sur les deuxième et troisième volets de la saga Rebirth of Mothra, Masaaki Tezuka accède au niveau supérieur en mettant en scène le plus célèbre des monstres géants dans ce Godzilla X Megaguirus. La Toho en fut d’ailleurs suffisamment satisfaite pour lui confier les rênes de deux des épisodes suivants, à savoir Godzilla X Mechagodzilla et Godzilla Tokyo SOS.

La saga Godzilla, après une éclipse de 5 ans, était à cette époque entrée dans une nouvelle ère, celle des années 2000, avec le précédent épisode justement nommé Godzilla Millenium. L’idée était alors de développer une série de films libérés des contraintes de la continuité et ne tenant pas compte des 40 années d’évolution du Big G, d’ailleurs officiellement mort lors de l’épisode commémoratif Godzilla Vs Destoroyah. Pourtant, en dépit de ces bonnes intentions, le résultat s’était avéré décevant, tant d’un point de vue artistique que purement commercial. Plutôt que de continuer sur la lancée de Godzilla Millenium, ce vingt-quatrième film prend donc une autre direction et se veut une nouvelle suite directe du Godzilla originel de 1954. Ce Godzilla X Megaguirus commence par une reconstitution des attaques du monstre en 1954 puis s’affranchit de toute continuité et oublie volontairement les métrages ultérieurs. Un pari osé mais sans doute nécessaire pour établir à nouveau le Big G comme une créature menaçante et redoutable. Tous les métrages de la série « millenium » (ou « X »), furent ensuite pensés comme des relectures de la saga (un peu à la manière de la ligne de comics « Ultimates » chez Marvel) en proposant à chaque fois une suite alternative au premier film.

Depuis 1954, Godzilla a menacé le Japon pour en dévorer l’énergie nucléaire nécessaire à sa survie. Deux scientifiques se proposent donc de remplacer cette énergie par une nouvelle, jugée plus sécurisante et propre, le « plasma ». Mais en 1996, dans une vaine tentative de défendre Osaka, devenue la nouvelle capitale du pays après la destruction complète de Tokyo, l’armée se mesure une fois de plus au monstre vert. Ce dernier décime une bande de soldats chargés de l’arrêter et ne laisse qu’une seule survivante, Kiriko, laquelle développe une véritable haine à l’égard de Godzilla. La jeune femme gravit les échelons et finit quelques années plus tard par diriger les G-Grapsers, à savoir la force d’intervention anti-Godzilla mise sur pied pour contrer les créatures géantes menaçant le Japon. Un jeune inventeur Hajime Kudo, est alors recruté pour aider les meilleurs scientifiques du pays à élaborer un nouveau plan visant à se débarrasser définitivement du monstre. L’idée consiste, carrément, à expédier le Big G. dans un trou noir artificiel. Malheureusement, l’expérience tourne mal et provoque l’irruption sur terre d’un étrange œuf extra-terrestre, lequel donne naissance à des centaines de libellules géantes particulièrement agressives menées par le redoutable Megaguirus.

Godzilla X Megaguirus constitue un spectacle très divertissant construit autour d’un scénario inventif et délirant qui rappelle un peu les romans de science-fiction de gare des années 50. Tout un attirail désuet se trouve ainsi convoqué : une unité d’élite chargée de combattre les monstres géants, inspirée par la série télévisée Les Sentinelles de l’Air, des savants un peu barges, des militaires patriotes et des armes improbables (un canon lanceur de trous noirs !). Très agréable pour quiconque reste sensible au charme un peu suranné de la science-fiction de grand-papa. Mais, concession au modernisme et à l’époque actuelle, le métrage se développe à un rythme soutenu : passé la première heure, un peu languissante comme souvent dans la série, tout s’accélère joyeusement pour culminer par un véritable festival d’explosions, de destructions massives et de combats de catch entre créatures géantes.

Visuellement, Godzilla X Megaguirus se révèle en outre de toute beauté : les effets spéciaux sont de fort bonne qualité sans négliger l’aspect un peu toc et bricolé qui donne à ces métrages une partie de leur charme naïf. Les Japonais semblent pourtant avoir rattrapé leur retard et mixent avec un égal bonheur les techniques antédiluviennes (figurant en costume, écran bleu, maquettes et modèles réduits) aux dernières innovations (images de synthèse) pour aboutir à un résultat très convaincant.
Situées la plupart du temps en plein jour, les scènes de destruction sont pour leur part impressionnante, les maquettes étant pulvérisées avec une énergie réjouissante. Godzilla en lui-même retrouve pour sa part une physionomie bien plus menaçante que précédemment avec son énorme colonne dorsale ornée de gigantesques piques, lesquelles rougeoient avant que le monstre ne crache son feu nucléaire. Superbe ! Godzilla est en outre présenté comme une force de destruction impossible à stopper mais pas vraiment maléfique. A l’image d’un cyclone, Big G dévaste tout ce qui se trouve sur son passage mais se situe quelque part « au-delà du bien et du mal », ni tout à fait le gentil défenseur de la Terre qu’il fut dans les années 70 ni non plus l’incarnation du péril atomique proposé par le premier film (et quelques autres ensuite). Une position entre deux chaises que l’on pourra juger au choix peu courageuse ou au contraire intéressante et qui tranche avec le manichéisme de la majorité des épisodes de la saga.

Le combat final contre la libellule géante Megaguirus répond parfaitement à nos attentes et les deux énormes créatures se lancent dans un duel au finish tout à fait maîtrisé. Lorsqu’il affronte son adversaire volant, le Big G ressemble de plus en plus à un lutteur en pleine démonstration de ses prouesses martiales et ne se prive pas de quelques coups et autres sauts hérités des jeux vidéo. Pas franchement réaliste (mais doit on attendre du réalisme d’un kaizu eiga ?) mais vraiment amusant, il n’y manque qu’un commentaire approprié et un chauffeur de salle lançant le fameux « are you ready to rumble ? » cher aux fans de catch. Du côté des humains, le résultat se montre malheureusement moins novateur en proposant quelques personnages très stéréotypés : la belle militaire avide de revanche, l’inventeur farfelu et le gamin fasciné par le monstre. Rien de neuf mais il faudra s’en contenter, l’important étant définitivement ailleurs, à savoir dans les interventions des kaizu déchaînés.

En dépit de passages plus faibles et de quelques longueurs Godzilla X Megaguirus délivre donc un spectacle jouissif comprenant un paquet de scènes anthologiques, en particulier la chevauchée de l’héroïne sur le dos de la bête en plein océan ! Globalement, l’œuvre assure donc le divertissement populaire (dans le bon sens du terme) que chacun attend d’un Godzilla. Recommandé pour les fans !

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