Critique de film

God Bless America

"God Bless America"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Crime
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h45
  • Musique : Matt Kollar
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses : --

Un homme d'âge moyen, en phase terminale, tue un adolescent star de télé-réalité avant de se lancer dans un road-trip sanglant avec la camarade de ce dernier.

Les critiques à propos de ce film

Critique de God bless America - Putain de temps !
Par : Damien Taymans


Frank est un homme comblé : célibataire endurci depuis une douloureuse séparation, il supporte entre chien et loup les hululements de ses voisins dont le bébé braille sans discontinuer et, de jour, se coltine les pinaillages vides de sens de ses collègues de bureau à propos de la dernière émission de télé-réalité, nouveau tremplin d’un star-system de moins en moins regardant. Ses dernières planches de salut résident dans le sourire de sa fille et dans son travail, ultimes bastions qui lui permettent d’échapper ponctuellement à la crétinerie ambiante. Rapidement, Frank déchante : son médecin lui annonce la présence d’une tumeur inopérable au cerveau, son patron le vire et sa mioche joue les Castafiore dans les oreilles maternelles parce qu’elle n’a pas reçu le portable qu’elle espérait. Foutu pour foutu, sans port ni attache, Frank part en croisade contre les semi-célébrités télégéniques qui encombrent le paysage audiovisuel et atteint au moins un niveau de 8 sur l’échelle de l’arrogance et de la méchanceté...

Sous ses airs de défenseur de la morale, le personnage interprété par Joel Murray (Disjoncté), flanqué de son acolyte Roxy (l’ado rebelle, la figure désormais incontournable campée par Tara Lynne Barr), ressemblerait presque à son homonyme du Super de James Gunn. En l’occurrence, la comparaison s’arrête net sitôt qu’on pénètre au cœur de ce God bless America, pendant narrativisé des documentaires putassiers de Michael Moore. Si, dans sa première partie, Bobcat Goldthwait restitue avec brio l’indigence des programmes télévisuels formatés pour les abrutis congénitaux (des ersatz de Sweet Sixteen ou de n’importe quel télé-crochet musical de type Le facteur X de la nouvelle star qui crèche à l’Académie des stars résument la stérilité des divertissements que propose la petite lucarne) et, par la suite, met finement en exergue la désinformation pratiquée par les mass-medias (le meurtre perpétré par les protagonistes dans une salle de cinéma sont justifiés à tort par la violence du documentaire projeté), le réalisateur peine à se maintenir dans les limites de cette peinture de l’Absurdie télévisée. A force de démolir des ambulances aisément atteignables et que des centaines de sociologues se sont déjà plu à canarder, God bless America étouffe son potentiel subversif et verse dans la démagogie encombrante.

Malgré une reproduction des plus fidèle de la niaiserie ambiante qui gangrène nos organes d’informations et quelques séquences plutôt bien senties (notamment l’exécution en slow motion dans la salle de cinéma), God bless America, prêt-à-penser lourdaud, se contente d’une fusillade mollassonne sur des cibles à vue qui ne possèdent comme seul blindage que les courbes de leur audimat.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage