Critique de film

Go Goa Gone

"Go Goa Gone"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Horreur
  • Année de production : 2013
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Inde
  • Durée : 1h51
  • Musique : Jigar, Sachin
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Hardic et Luv, deux amis, n’ont pas la vie facile. Pour couper avec ce train train quotidien, ils décident de descendre à Goa avec leur ami Bunny. Goa, c’est la ville de la fête. Mais nos amis sont vite confrontés à la cruelle réalité de la vie : Les zombies.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Go Goa Gone - La Nuit des Loosers vivants
Par : Damien Taymans


Luv et Hardik, deux tire-au-flanc, insistent lourdement auprès de leur colocataire, Bobby, pour l’accompagner dans son voyage d’affaires à Goa, sorte de Club Med à ciel ouvert, sans les monos en moule-bite. Mais surtout, dans le coin, une rave party de la mort est organisée par la mafia russe et ils obtiennent leur sésame. Ni une ni deux, les compères filent pour se remplir les narines (de la dope, de la dope !) et, accessoirement, se vider les bourses. A leur réveil, ils découvrent la plage abandonnée. Mais pas de coquillage ni de crustacé : juste un millier de petits morts-vivants en quête de chair fraîche...

Rares sont les incursions des réalisateurs indiens en-dehors des plates-bandes formatées de la comédie romantique bollywoodienne. Et les expéditions dans la jongle sauvage du genre fantastique ou horrifique le sont encore plus. Ne cherchez pas : en matière d’invasion zombie, Go Goa Gone est le précurseur en langue hindi. La réponse à cette naissance tardive est livrée au sein du récit par l’un des protagonistes : l’Inde est un territoire qui connaît des centaines de légendes liées aux esprits et autres incarnations spectrales. Mais les morts-vivants n’ont pas voix de cité au pays de Bouddha et nul texte en sanskrit n’en fait clairement mention. Saleté de mondialisation ! L’intronisation de la ghoule devait s’amorcer en douceur, par le truchement d’une zom com, genre de transition parfait destiné à inoculer avec délicatesse le virus zombiesque. Un genre que les géniteurs de la pellicule, Krishna D.K. et Raj Nidimoru (99), maîtrisent sur le bout des doigts, des canons hollywoodiens aux œuvrettes barrées britanniques, exhumant pour l’occasion tous les gimmicks des deux productions (la technique de Shaun consistant à errer tel un zombie au milieu des ghoules dans Shaun of the Dead) et recyclant, à leur sauce, les codes en les aromatisant d’une pincée de masala pour une nuit des losers vivants made in India.

L’épidémie trouve donc son origine dans un mélange de drogues, les pros de la gâchette aptes à dézinguer du zomblard à cent mètres de distance sont de vrais Indiens infiltrés dans une fausse mafia russe et le trio de héros branques, biberonnés à Call of Duty, usent d’improbables stratagèmes et techniques de combat pour venir à bout d’une armée de créatures tout droit sorties d’un Zombieland sous acide. Se joue ainsi dans le trou du cul de l’Inde, dans la bien-nommée Goa, une tragi-comédie plus internationale qu’il n’y paraît avec ses geeks bas du front érigés au rang de héros et une mise en scène rappelant les cinématiques des plus célèbres jeux vidéo. Ce qui n’empêche pas les auteurs de pratiquer un méta-humour excessivement percutant sur leurs propres mœurs quand ils s’ingénient à introduire dans les messages d’information anti-tabac un faux témoignage de l’un des personnages du film. D’ailleurs, la censure nationale a imposé une restriction aux moins de 16 ans en raison de sa trop grande générosité en sexe (pour les cochons d’Inde), gore et irrévérences en tous genre.

Go Goa Gone, rouleau compresseur du potache, n’a rien d’une insipide zom com de plus et parvient à conserver son identité quand d’autres productions moins inspirées se cantonnent au simple recyclage (Zombibi, Zombies of Mass Destruction). Ce desi-zombie s’affranchit vaillamment de l’esprit bollywoodien et en remontre même à certaines créations occidentales, tout aussi fauchées mais avares en idées. Ce dont le tandem de réalisateurs-scénaristes ne manque pas...


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