Critique de film

Ghost in the Shell

"Ghost in the Shell"
affiche du film

Dans un futur proche, Le Major est unique en son genre: humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, Le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on lui a volé. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ghost in the Shell - La purge
Par : Samuel Tubez


Superbe condensé du manga créé par Masamune Shirow, l’adaptation animée de Mamoru Oshii et sa suite Innocence forment un diptyque passionnant pour tous les amateurs de cyberpunk et de science-fiction. Voir cet univers complexe plongé dans la sauce américaine avait de quoi nous inquiéter, d’autant plus avec un bon petit faiseur bien servile placé derrière la caméra (Rupert Sanders, Blanche-Neige et le chasseur).

La catastrophe est pourtant évitée. Si Ghost in the Shell 2017 ne marquera pas les esprits ni par son originalité ni par sa profondeur, il affiche au moins un certain respect envers ses modèles (l’intrigue piochant essentiellement dans les films d’Oshii mais aussi la série). Ou tout du moins il ne s’en moque pas, les personnages n’étant jamais ridicules et l’univers, superbement représenté d’un point de vue visuel (merci Weta Workshop), restant crédible. Mais hormis ses effets visuels à la pointe qui s’avèrent parfois vertigineux sur un écran Imax, le film de Rupert Sanders semble déjà sévèrement daté. En effet, l’histoire et les thèmes de Ghost in the Shell (dont l’âme dans la machine) ont depuis été maintes fois exploités dans le 7e Art et jamais ce blockbuster ne va chercher à les mettre à jour. Pire, il les vulgarise complaisamment afin de séduire le public lambda tout en essayant d’inclure suffisamment de clins d’œil pour satisfaire les fans. Exit donc la teneur philosophique de l’œuvre originale puisque le Major (Scarlett Johansson, voluptueuse, sobre et monolithique, donc bien dans le rôle) n’est ici plus un cyborg qui se demande ce que c’est d’être humain mais un humain augmenté cybernétiquement qui veut ranimer ses souvenirs. Une simplification à l’extrême qui ne ravira certainement pas les fans ! On se retrouve donc devant un film d’action plutôt soutenu (abusant largement des ralentis) qui explique et surligne le moindre élément d’un scénario…déjà vu et revu. L’intérêt semble dès lors limité à une frange de spectateurs avides de Madeleine de Proust situées déjà bien loin dans le processus de digestion (voir déjà ressorties par là où vous savez) et amateurs de formules mainstream faciles à appréhender. Rien de véritablement intéressant pour le fantasticophile averti qui préférera se relancer les deux magnum opus de Mamoru Oshii qu’il possède forcément dans sa dvdthèque.

Univers complexe et cryptique par excellence, Ghost in the Shell ne pouvait qu’être vulgarisé par la machine hollywoodienne qui en a purgé l’essence philosophique pour livrer une œuvre cyberpunk simpliste à destination des profanes. RAS pour les connaisseurs.


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