Critique de film

Ghost Game

"Laa-thaa-phii"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Fantômes
  • Année de production : 2006
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Sarawut Wichiensarn
  • Pays d'origine : Thaïlande
  • Durée : 1h40
  • Scénariste : Sarawut Wichiensarn
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Pachornpol Jantieng, Kittilak Chulakrian, Wacharin Jinamulee, Chanetphaka Korsuwan, Thanyanan Mahapirun
  • Récompenses : Aucune

Un reality show de 24h enferme 11 participants dans un ancien camp où la population locale a été torturée et exécutée, camp aujourd’hui transformé en mémorial. L’objectif de l’émission est de voir quel candidat aura les nerfs assez solide pour rester jusqu’à la fin. Le vainqueur de l’épreuve, repartira avec un chèque de 5 millions de bahts. Les esprits des défunts vont se réveiller, parmi eux le commandant des troupes ayant ordonné l’exécution de masse…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ghost Game - L’envers des camps
Par : Quentin Meignant






Tourné en 2005 dans un véritable camp de la mort au Cambodge, Ghost Game, aka Laa-Thaa-Phii, fait office à l’époque d’énorme production dans une industrie cinématographique thaïlandaise commençant à s’ouvrir à l’internationale, notamment grâce au succès de l’exceptionnel Shutter tourné un an plus tôt. Estampillé nouvel eldorado des ghost stories asiatiques, le pays de Sarawut Wichiensarn devait donc rapidement confirmer avec une prod très ambitieuse. Telle était donc la mission de Ghost Game, ensemble qui s’attaque au phénomène de la télé-réalité en mettant en scène le tournage d’une émission qui enferme 11 participants dans un ancien camp où la population locale a été torturée et exécutée, camp aujourd’hui transformé en mémorial. L’objectif de l’émission est de voir quel candidat aura les nerfs assez solide pour rester jusqu’à la fin. Le vainqueur de l’épreuve, repartira avec un chèque de 5 millions de bahts. Les esprits des défunts vont se réveiller, parmi eux le commandant des troupes ayant ordonné l’exécution de masse…

Après avoir d’emblée plongé le spectateur dans la folie sanguinaire toujours bien prégnante des décors d’un véritable camp de la mort cambodgien, l’aura de Ghost Game paraît immense. S’inspirant de faits historiques malheureusement bien réels, l’œuvre de Wichiensarn se dote d’une ambiance tellement lourde que l’ensemble se transforme littéralement en procès pour crime de guerre. Dès lors, cette puissance incroyable fait passer le véritable sujet horrifique pour anecdotique, d’autant que la profusion de ghost stories asiatiques n’aide pas à l’originalité du contenu.

Visuellement abouti, la noirceur du traitement n’ayant d’égal que celle des lieux, le métrage se décline de manière on ne peut plus conventionnelle : effets sonores poussifs, cadrage trop traditionnaliste, apparitions prévisibles, autant d’éléments qui font de Ghost Game le parfait exemple d’un cinéma trop codifié. Dès lors, si le côté formel de l’ensemble demeure d’excellente qualité, le suspens laisse irrémédiablement à désirer durant tout le déroulement de l’intrigue. Sans jamais s’attaquer à la question de la télé-réalité (si ce n’est durant le générique final), Ghost Game souffre d’un manque de sous-texte nuisant à son intérêt et faisant de lui un simple spectacle pseudo-angoissant.

Si Ghost Game bénéficie de décors à couper le souffle et d’un traitement visuelle totalement abouti, il n’en demeure pas moins une œuvre aussi inefficace que dispensable. Si Sarawut Wichiensarn ne faute jamais, apportant même une certaine dose de génie au niveau de la réalisation, son métrage prouve simplement que les ghost stories asiatiques traditionnelles ont largement fait leur temps…


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