Critique de film

Génération Perdue: La Tribu

"Lost Boys: The Tribe"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Vampires
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : P.J. Pesce
  • Pays d'origine : USA, Canada
  • Durée : 1h34
  • Scénariste : Hans Rodionoff, Janice Fischer, James Jeremias
  • Musique : Nathan Barr
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Tad Hilgenbrink, Angus Sutherland, Autumn Reeser, Gabrielle Rose, Corey Feldman, Shaun Sipos, Merwin Mondesir, Greyson Holt, Moneca Delain, Kyle Cassie, Tom Savini,...
  • Récompenses : Aucune

A la mort de leurs parents, Chris et sa soeur emménagent chez leur tante, non loin d'une communauté de vampires. Quand la jeune fille tombe sous le charme de l'un d'eux, Chris fait appel au spécialiste local, Edgar Frog.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Génération Perdue : La Tribu - Qualité perdue
Par : Quentin Meignant


Génération perdue avait, en 1987, marqué les esprits. Le sympathique teen movie déguisé en conte gothique dans sa première partie était parvenu à charmer son public, engrangeant au passage la somme appréciable de 32 millions de dollars de recette. Le film permit aussi à Joël Schumacher de voir son talent révélé au grand jour, ce qui lui donna une chance d’entrer, parfois de médiocre façon (Batman & Robin, Le fantôme de l’opéra), dans la cour des grands. On pensait le film classé sans suite mais la grande surprise vint des studios Warner qui décidèrent, plus de vingt ans plus tard, d’offrir une « suite-remake » aux aventures des djeunz vampires. Flairant le gros coup financier, ces producteurs inconscients mirent à la tête de ce deuxième épisode l’inexpérimenté P.J. Pesce, sans doute dans le but de modeler le film à leur manière sans subir les foudres d’un réal plus chevronné.

C’est dès lors sans surprise que, dès les premiers instants du métrage, on constate que, vingt ans plus tard, peu de choses ont changé : l’ambiance gothique, ici largement faussée, est toujours bien présente tandis que le récit s’implante bien vite dans l’ambiance teen si chère à Schumacher vingt ans plus tôt. Mais voilà, à l’inverse de l’œuvre originale, la sauce ne prend en aucune manière, la faute à une photographie léchée qui paraît trop irréelle contrairement à ce qui avait été élaboré par Michael Chapman des années auparavant. Pesce ne s’arrête hélas pas là dans son manque d’inspiration puisqu’il reprend exactement les mêmes bases scénaristiques que Schumacher en les inversant quelques peu. Un frère et une sœur sont donc les cibles d’un gang de suceurs de sang mais, contrairement au premier opus, c’est la jeune fille qui succombe en premier aux sirènes vampiriques et érotiques du chef de bande.

Ce dernier dirige d’une poigne de fer une bande de déjantés qui, non seulement sont bikers mais en plus surfers. Pesce démontre, par le biais de ces personnages, toutes les limites de son talent. Les protagonistes, caricaturés au possible, ne sont jamais clairement assumés, tout comme l’humour présent dans l’œuvre. On passe ainsi de séquences assez amusantes en dégrigolades mélo ringardes sans aucun intérêt. Le degré zéro est atteint lorsque survient Edgar Frog, un shaper de planches de surf, chasseur de vampires et prêtre ordonné sur le web faisant partie de l’Association des Pasteurs en Ligne. Ce dernier, qui a tout appris sur la chasse aux vampires en dévorant des comics, est l’antithèse même du personnage intéressant et provoque un vent de bouffonnerie inégalable durant toute la seconde partie du métrage. Malgré quelques scènes assez gore et des répliques parfois cinglantes (« Ta sœur est devenue une suceuse de sang, Nosferatu, Dracula, mais avec un utérus »), les lourdeurs se multiplient au fil du temps et le métrage se dirige inexorablement vers un final aussi prévisible que pitoyable.

Affublé d’un happy end irritant et d’une énième vanne foireuse, ce dernier paraît bien facile et ne justifie en aucun moment le temps passé devant l’œuvre. Doté de très peu d’effets horrifiques et tournant plus autour de protagonistes mal développés, ce Génération perdue : La tribu ne justifie en rien son statut de suite. Même si le film de Schumacher souffrait de quelques défauts, il ne méritait en aucune façon une si piètre séquelle.

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