Critique de film

Funny man, le bouffon de l'horreur

"Funny man"
affiche du film
  • Genre : Comédie, Horreur
  • Année de production : 1994
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Simon Sprackling
  • Pays d'origine : Angleterre
  • Durée : 1h30
  • Budget : 1 million de dollars
  • Scénariste : Simon Sprackling
  • Musique : Stephen W. Parsons
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Christopher Lee, Benny Young, Matthew Devitt, Ingrid Lacey, Pauline Black, Tim James
  • Récompenses : Nominé au prix du Meilleur film à Fantasporto en 1995

Quand Man Taylor gagne, au poker, la maison ancestrale de Callum Chance, il ne réalise pas encore que le jeu est loin d'être terminé... Un par un, les membres de la famille de Max sont assassinés par le mystérieux Funny Man, un bouffon démoniaque qui tue à l'aide de techniques imaginatives et variées, doublées d'un sens de l'humour certain. Pendant ce temps, le frère de Max est sur le point d'arriver à la maison avec un groupe d'auto-stoppeurs...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Funny man - Inglorious bastard
Par : Damien Taymans


Mr. Chance perd au poker un manoir qu’il possède en Angleterre. Avant de s’incliner, il prévient l’heureux détenteur : « Vous n’êtes pas aussi fort que le Bouffon ! ». Effectivement, arrivés sur place, la petite troupe tombe nez-à-nez avec le fameux bouffon qui accumule les mises en scène délirantes pour éliminer petit à petit les habitants du manoir…

A première vue, Funny Man semble appartenir au clan très fermé des péloches décomplexées arborant une étiquette comédie horrifique pour plaire à un public duel en combinant gore et humour dans un spectacle grand-guignolesque autant inventif que jouissif. Pourtant, bien loin des canons eighties qui avaient réussi à s’imposer par leurs débordements déjantés et maladroits (Bad taste) ou leurs détournements des canons rigides imposés (Re-Animator), le métrage du néophyte Simon Sprackling pèche pas excès, survolant les genres pour ne s’inscrire dans aucun, distillant nombre meurtres au gré des bouffonneries vachardes de son croque-mitaine, astiquant sans cesse un filon usé jusqu’à la corde. Revisite des tueurs masqués qui pullulèrent durant les eighties, relecture du mythe clownesque, inscription bringuebalante dans le folklore carnavalesque moyenâgeux, enlisement dans un gore de fort mauvais goût, Funny man donne tout, s’offrant même le luxe d’emprunter visuellement autant au gothique qu’au rococo. En résulte une œuvre hybride sise dans un no movie’s land indéfinissable en raison de sa bâtardise non maîtrisée, un excès too much…

Too much, deux mots qui caractérisent à merveille le métrage de Sprackling. Tanguant maladroitement entre deux genres (la comédie rigolarde et l’horreur), empruntant à gauche et à droite selon les références, s’essayant même au passage à la transgression, Funny man ne trouve jamais véritablement sa voie à tel point que le spectateur en vient rapidement à se lasser des méfaits supposés drôles de sa créature trop souvent exubérante. De blagues potaches en conduites enfantines, de gags cartoonesques en évocations sexuelles patentes, le bouffon tire très mal son épingle du jeu se réduisant dans sa diversité (un comble !), transformant chaque nouvelle situation en un amalgame redondant des précédentes. Les molles allusions philosophiques à propos de la société de consommation, de la luxure humaine et des démons du jeu ne suffiront pas à convertir cet amusement primaire en fable irrévérencieuse.

Censé être décomplexé et séditieux, Funny man s’avère surtout être un mix bâtard, pompeux et pompant entre des tonnes d’influences éparses. Amusant dix minutes, gonflant sur la durée.

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