Critique de film

Fright Night

"Fright Night"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique - Vampires
  • Année de production : 2011
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : USA
  • Scénariste : Tom Holland
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  • Bande annonce
  • ]
  • Récompenses :

Remake du classique de Tom Holland (1985).

Les critiques à propos de ce film

Critique de Fright night - Gillespie-les-dents-longues
Par : Damien Taymans




En 1985, Tom Holland écrivait et réalisait Vampire, vous avez dit vampire ?, comédie horrifique qui convoquait toute l’imagerie traditionnelle des monstres à longs crocs et tournait à la dérision l’apanage du bon petit chasseur de vampires. Lancée par Dreamworks/Disney (le projet avait déjà connu une première tentative de concrétisation avec Screen Gems qui a finalement revendu les droits du film), l’entreprise du refaisage s’acoquine rapidement d’un nom. Celui de Craig Gillespie (Monsieur Woodcock, Une fiancée pas comme les autres), entretemps annoncé pour reprendre les rênes de la parodie Orgueil et préjudices et zombies produite par Nathalie Portman. Le scénario échoit à Marti Noxon, scénariste émérite d’une autre création vampirique lorgnant sur les productions des années 80, à savoir la série Buffy contre les vampires. Également signataire des quelques épisodes des séries Mad men et Grey’s anatomy, la scénariste se voit confiée une tâche délicate : réactualiser un script fendard sans l’aseptiser.

Car, à l’origine, Fright night est une bande qui a rapidement accédé au statut d’oeuvre culte. Réalisé en 1985 par Tom Holland (Jeu d’enfants, La peau sur les os), Vampire, vous avez dit vampire ? (titre français contestable) provoque, dès sa sortie en salles, l’adhésion du public au point que l’investissement de départ de Columbia (9 millions de budget) est récupéré près de trois fois, rien que pour l’exploitation américaine. Chez nous, même constat : le film remporte le Prix Dario Argento au festival d’Avoriaz et réalise de très beaux scores au box-office hexagonal. Fidèle au matériau originel, le remake de Gillespie multiplie même les clins d’œil en offrant notamment un caméo à Chris Sarandon, le Jerry Dandridge de 1985.

Fright Night, nouvelle mouture, s’engage dans une voie radicalement différente de son modèle. Moins porté sur la comédie, assurée pour l’heure par quelques répliques cinglantes d’ironie ("Ma mère est très chrétienne" explique Charley alors qu’il quitte la chambre de celle-ci dont la porte est remplie de crucifix), le film de Gillespie entreprend avant tout de redonner au genre vampirique ses lettres de noblesse. En soi, l’annonce du remake de Fright night n’avait d’ailleurs rien d’étonnant. Le projet se trouve même au confluent des tendances du cinéma de genre contemporain puisque s’y épousent la grande tradition mercantile du remake des canons de l’horreur eighties, le lifting du croisement des genres comico-gore (Shaun of the dead, Tucker and Dale vs evil) , la technologie stéréoscopique (se faire sucer en trois dimensions, ça vous dit ?) et l’attachement des productions pour les suceurs de sang depuis la déferlante fantastico-romantique Twilight.

Le comique de situation cultivé par Tom Holland cède ici la place à une narration plus riche en action et en suspense, soutenue par une mise en scène souvent inspirée (le plan-séquence de la course-poursuite en voiture). A l’image du séducteur Jerry Dandrige, incarné par Colin Farrell, métamorphosé en monstre sanguinaire et sans la moindre pitié, Fright night nouvelle cuvée rend honneur au genre horrifique par l’intermédiaire de quelques séquences de trouille bien troussées, appuyées par des effets spéciaux convaincants parfois desservis par une 3D tape-à-l’oeil.

Vent de fraicheur évoquant les heures bénies des eighties (décidément, après Super 8 !), Fright night redonne au vampire ses arguments sexys et bestiaux qu’il avait quelque peu perdus depuis l’émergence des diaphanes héros de Twilight.


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