Critique de film

Freddy 5, L'enfant du cauchemar

"A Nightmare on Elm Street: The Dream Child"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Croque-mitaine
  • Année de production : 1989
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Stephen Hopkins
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h29
  • Budget : 6 millions de dollars
  • Scénariste : John Skipp, Craig Spector, Leslie Bohem
  • Musique : Jay Ferguson
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  • Bande annonce
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  • Casting : Robert Englund, Lisa Wilcox, Erika Anderson, Valorie Armstrong, Michael Ashton, Beatrice Boepple, Matt Borlenghi, Noble Craig, E.R. Davies, Burr DeBenning
  • Récompenses : Critics' Award à Fantasporto 1990
    Nominé au prix du Meilleur film à Fantasporto 1990
    Razzie Award de la Pire chanson (1990)

Ayant déjà vaincu Freddy Krueger, Alice est loin d'imaginer que le croquemitaine s'apprête à revenir hanter ses rêves. Enceinte de son amant Dan, elle reste pourtant une proie de choix puisque Freddy se manifeste à travers le sommeil de son bébé. Bientôt, Dan est tué et l'enfant d'Alice pourrait bien permettre à Freddy de se réincarner. Le seul espoir réside dans le mystère des origines de Freddy...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Freddy 5 - Le bâtard de dieu
Par : Damien Taymans

Ainsi donc, à en croire le titre de ce cinquième opus, Freddy Krueger, le désormais célèbre croque-mitaine, aurait un môme braillard sur les bras auquel il donnerait le biberon de sa main gantée ? Pas vraiment. L’enfant du cauchemar est le petit Freddy lui-même sur la genèse duquel le film de Stephen Hopkins, qui met en scène l’année suivante les pérégrinations urbaines du terrifiant Predator, revient. Au grand dam des amateurs des meurtres humoristico-gore du boogeyman dont, d’après Nightmare on Porn street, seul le chapeau est mou, cette œuvre est la moins résolument sanglante de la franchise et, dans le même temps, la plus riche en détails concernant la mythologie de l’anti-héros qui s’étoffe de film en film.

Alice Johnson, protagoniste du précédent film, est de nouveau tourmentée par Krueger qui s’invite dans les rêves de l’enfant qu’elle porte (d’où le titre !) afin de ressusciter par son entremise dans le monde des vivants. Ce postulat aberrant étant posé, Leslie Bohem, scénariste émérite des films catastrophes catastrophiques Daylight et Le Pic de Dante, enquille les séquences oniriques destinées à harmoniser ce volet à la fois gothique et baroque à l’ensemble de la saga. Les effets des cauchemars incombent à une légion de maquilleurs et maquettistes donnant vie à des concepts aussi originaux qu’outranciers : le boyfriend d’Alice fusionne avec sa moto, un aficionado des comic books est aspiré dans une BD en noir et blanc, une jeune femme obsédée par sa taille-mannequin est gavée en pleine repas de famille "si bien qu’elle creva", pour reprendre de La Fontaine, Alice poursuit le croque-mitaine à travers un dédale d’escaliers à l’architecture surréaliste rappelant ceux qu’empruntait Bowie dans le Labyrinth de Jim Henson.

De ce déluge d’images cartoonesques esthétisées à l’excès naît le désarroi : Freddy Krueger a décidément perdu de sa superbe. Petit à petit, l’aura du boogeyman se détériore : le sauvageon au pull rayé se désormais détourne des élucubrations nocturnes des pensionnaires d’Elm street dans l’espoir de rejoindre le monde des mortels (idée pourtant contestées par les producteurs de New Line pour le film de Sholder) et combat au final ses propres démons symbolisés par sa mère devenue bonne sœur (bonjour, les liens familiaux !) et revenue d’outre-tombe pour soutenir la jeune Alice dans son combat.

Propre et soignée, la mise en scène d’Hopkins se contente de porter à l’écran ce tourbillon de séquences, vidées de tout effet de peur, dont le point d’orgue est à chercher dans les premières minutes du film avec le viol collectif dont est victime Amanda Krueger.


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