Critique de film

Exte hair extensions

"Ekusute"
affiche du film

Une jeune femme est découverte morte dans une poubelle remplie de cheveux. Celle-ci se fait alors kidnapper par un employé de la morgue fétichiste des cheveux, Yamazaki, car il est fasciné par la repousse des cheveux de la jeune femme. Yamazaki coupera alors les cheveux de la jeune femme et les vendra dans les salons de coiffure. Parmi ceux-ci se trouve le salon de coiffure ou Yuko travaille. Cette dernière découvrira la vérité et devra protéger sa petite nièce, qui est maintenant à sa charge.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Exte hair extensions - Un peu tiré par les cheveux...
Par : Damien Taymans

Lorsqu’on a le malheur de vous parler de films de spectres asiatiques, voilà que votre cerveau vous serine incessamment cette fabuleuse représentation de la jeune fille au teint pâle, sponsorisé par Garnier et les longs cheveux noirs soyeux, également sponsorisés par Garnier. C’est qu’on en a soupé des Sadako en puissance. Alors, pour ne pas trop ressembler à ses homologues incapables de changer une seule ligne de leur script par peur de paraître originaux, Sion Sono, à qui l’on doit notamment Strange Circus et Suicide Club, ose un pitch couillu en faisant de ces dites chevelures le pôle principal de son intrigue.

A l’instar du très moyen The wig philippin, les extensions capillaires sont ici transformées en objets tueurs. Sauf que, contrairement au film précité, Sono ne se borne pas seulement à mettre en scène des situations compromettantes au sein desquelles les cheveux s’entremêlent pour tuer. Le réalisateur prend même plus son pied à couper les cheveux en quatre, leur faisant faire maintes cabrioles avant d’arriver à l’extermination de la victime choisie. Dès lors, le pitch déjanté trouve son pendant en termes de meurtres puisque quelques pauvres personnes innocentes trop portées sur leur apparence capillaire vont subir la dure loi des extensions meurtrières et de leur créateur foldingue.

Outre le cadavre torturé dont les cheveux poussent de manière exponentielle, on croisera avec plaisir Yamakazi, responsable de la morgue au fétichisme capillaire certain, une enfant et sa mère complètement déjantée et la demi-sœur de cette dernière. Autant vous dire que le tableau est pour ainsi dire complet. C’est que Sion Sono ne se borne pas (on vous l’a dit précédemment, z’avez qu’à retenir) uniquement à exciter les coiffeurs de tous horizons en exhibant des pilosités à faire rager le premier chauve venu. Le réal va plus loin et nous offre même une peinture sociologique. Non, je ne me moque pas de vous. Fidèle à ses thèmes (et notamment à ceux de Suicide club), Sion Sono reprend sa peinture des familles dysfonctionnelles dans Exte grâce à ce triangle maudit formé par Yoku, sa sœur Tsugumi et la fille de celle-ci, appelée Mami. De même, il poursuit la satire sociale entamée à propos de la recherche de beauté chez ces femmes obnubilées par la mode et l’apparence.

Exte, un film social ? En réalité, pas tout à fait. Car, mis à part quelques scènes assez descriptives sur les réalités décrites ci-avant, le film plonge assez souvent dans le registre du fantastique grâce à ces cheveux qui bougent tout seul et envahissent l’écran de manière assez étrange. Car, avouons-le, certains effets sont plutôt ratés et on regrettera les exagérations multiples auxquelles s’est adonné le réal lors de ses scènes de tueries…

Cependant, Exte hair extensions se démarque des autres productions par la folie de son pitch de base et par les bouffées d’air qu’il offre. Le métrage ne tombe que rarement dans le franchement grotesque et s’en extirpe adroitement grâce au retour à la réalité qu’il offre….


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