Critique de film

Excision

"Excision"
affiche du film
  • Genre : Horreur - Psychologique
  • Année de production : 2012
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Richard Bates Jr.
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h21
  • Scénariste : Richard Bates Jr.
  • Musique : Steve Damstra II, Mads Heldtberg
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : AnnaLynne McCord, Traci Lords, Ariel Winter, Roger Bart, Jeremy Sumpter
  • Récompenses : Meilleur réalisateur au Boston Underground Film Festival 2012

Excision suit Pauline, qui n’est pas une ado typique. Ses diverses fascinations (comme son fantasme d’effectuer des opérations chirurgicales sur des inconnus) effraient ses parents. Il n’y a que sa jeune soeur, souffrant de mucoviscidose, qui la comprenne. Mais lorsque Pauline décide de perdre sa virginité, c’est là que les choses vraiment étranges commencent...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Excision - Précision chirurgicale
Par : Quentin Meignant




Conversion d’un court-métrage qui a fait le bonheur des festivaliers américains en 2008 et 2009, Excision, de Richard Bates Jr., fait partie de ces films dont la simple bande-annonce suffit à susciter la curiosité et à permettre à son réalisateur de faire le tour du Monde. Après le buzz créé par cette vidéo non-censurée, le plus dur restait à faire pour le film : convaincre sur la durée, ce qui n’a rien d’évident pour un matériau à la base dévolu à un traitement court. Pourtant, Excision est à classer au rang des grandes réussites de cette année 2012, lui qui suit Pauline, une jeune adolescente boutonneuse et paumée qui a du mal à faire le tri entre ses fantasmes et la réalité. Fascinée par la chirurgie, l’ado rebelle fait souffrir ses parents à cause d’un comportement provocateur et ses camarades de classe, peu enclins à comprendre ses délires. Alors que l’état de santé de sa sœur, gravement malade, décline dangereusement, la folie guette Pauline.

Jeune réalisateur de talent, Richard Bates Jr. donne d’emblée lieu à des séquences oniriques qui brillent par un esthétisme incroyable tranchant singulièrement avec la routine de la vie de l’héroïne. Cette dernière, mal dans sa peau, tente de survivre dans ce que le cinéaste décrit comme une sorte de jungle : le monde adolescent. Jamais insérée dans la vie de sa classe, Pauline représente à elle seule l’image parfaite de l’ado torturée, tiraillée entre ses envies et un monde aux allures politiquement correctes. Sans verser dans la critique sociétale facile, le cinéaste privilégie le traitement psychologique de son personnage principal, qui ne tarde pas à déraper. Auteur de quelques répliques cinglantes, ânonnées avec un froideur surréaliste (« Peut-on contracter une MST en ayant des rapports sexuels avec une personne morte ? », prononce-t-elle notamment en public), celui-ci entraîne peu à peu l’ensemble dans sa folie.

A la fois détestable (elle n’est pas sans rappeler l’infâme mouflet de We Need to Talk about Kevin) et tellement compréhensible au vu du comportement de sa mère tyrannique et de la situation de sa sœur, Pauline constitue la pierre angulaire de l’œuvre et est sans doute le plus bel exemple d’un développement scénaristique parfait. Outre quelques scènes gores, Excision se distingue donc avant tout par son intelligence et par la prestation de ses différents acteurs, AnnaLynne McCord, méconnaissable pour l’occasion, étant épaulée avec brio par Traci Lords, en mère désabusée et rigide, et Ariel Winter, jeune actrice extrêmement prometteuse. Le final, méthodique et glacial, constitue quant à lui, le point culminant d’un film plein qui pourrait, dans les années à venir, acquérir le statut d’œuvre culte.

L’essai est donc transformé avec panache par Richard Bates Jr., qui est parvenu de faire de son court à succès un long-métrage étonnant et glauque sans commune mesure. Excision n’est peut-être pas le film de l’année, mais son intelligence et l’interprétation cinq étoiles d’AnnaLynne McCord en font un must, le genre d’œuvre que l’on ne peut oublier.


Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage