Critique de film

Ex Machina

"Ex Machina"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction
  • Année de production : 2015
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Pays d'origine : Grande-Bretagne
  • Durée : 1h48
  • Budget : 15 millions de dollars
  • Musique : Geoff Barrow, Ben Salisbury
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  • Bande annonce
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  • Récompenses :

Caleb, 24 ans, est programmateur de l’une des plus importantes entreprise d’informatique au monde. Lorsqu’il gagne un concours pour passer une semaine dans un lieu retiré en montagne appartenant à Nathan, le PDG solitaire de son entreprise, il découvre qu’il va en fait devoir participer à une étrange et fascinante expérience dans laquelle il devra interagir avec la première intelligence artificielle au monde qui prend la forme d’un superbe robot féminin.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ex_Machina - L’amour à la machine
Par : Nicolas Zinque


Connaissez-vous le test de Turing ? Il consiste à mettre en interaction, par communication verbale, une intelligence artificielle et un humain. Ce dernier ne voit pas son interlocuteur (la discussion se fait par ordinateurs interposés) et doit deviner s’il discute avec un autre humain ou avec une machine. Il s’agit donc de voir si celle-ci est capable d’imiter une conversation humaine. Ex_Machina prolonge ce test : le robot Ava peut-il convaincre un homme qu’il a une conscience humaine en le regardant droit dans les yeux ?

L’heureux élu pour cet examen un peu spécial est Caleb (Domhnall Gleeson), informaticien pour Bluebook, le pendant narratif de Google. Le jeune employé est tiré au sort lors d’un concours, et se rend dans la maison hyper sécurisée du CEO Nathan Bateman (Oscar Isaac). Un poil bizarre, le boss partage ses journées entre musculation, boissons et programmation. Il présente à son invité Ava (Alicia Vikander), un robot humanoïde féminin doté d’une intelligence artificielle. Le protocole est simple : une discussion, chaque jour, pendant une semaine. Caleb se laissera-t-il convaincre par l’humanité d’Ava ?

Au départ, Ex_Machina apparait comme un film sur l’intelligence artificielle. Enthousiaste, Caleb se lance dans des explications pointues et pose des questions très techniques. Ce à quoi Nathan répond, agacé, qu’il n’est pas intéressé par ce genre de feedback. Non, ce qu’il souhaite savoir, c’est ce que Caleb ressent vis-à-vis de l’androïde. Une façon très élégante pour le scénariste et réalisateur Alex Garland d’attirer l’attention du spectateur vers ce qui lui importe vraiment : qu’est-ce que la conscience ? Un robot peut-il en avoir une ? Une fois un contexte crédible posé, le récit s’éloigne de la technique et de la théorie pour faire vivre son sujet à travers les interactions entre les personnages, hommes et machines. Et quoi de mieux qu’un huis clos pour exacerber des relations (en plus, c’est moins cher à tourner !) ?
Sur ce point, mission accomplie. Si Caleb tombe un peu vite sous le charme d’Ava (on comprend plus tard pourquoi), il faut reconnaitre que l’attirance entre les deux personnages est palpable. La scène dans laquelle l’androïde enfile des vêtements est tout simplement fabuleuse : il émane d’elle une sensualité qui fait oublier son origine artificielle. Elle n’est pas envoûtante par son physique, mais par son comportement, sa manière d’être et de parler. Coup de cœur au jeu d’Alicia Vikander donc, ainsi qu’au reste du casting. La design d’Ava et les autres effets spéciaux du film sont également très réussis. Impressionnant, pour ce « petit » budget de 15 millions de dollars.
Les entretiens successifs entre Ava et Caleb se suivent avec plaisir, mais tout de même pas avec passion. En réalité, le test tourne court, puisque le jeune informaticien tombe dès le premier rendez-vous sous le charme du robot (ça n’a rien d’un spoiler, rassurez-vous), et le récit se dirige plutôt vers un thriller en huis clos. Alex Garland a peut-être créé un nouveau (sous-) genre hybride, dont les parents sont les thrillers en huis clos et la science-fiction axée sur l’intelligence artificielle. Le résultat est intriguant, mais il laisse un goût de trop peu : d’un côté, l’histoire manque de tension et n’est pas assez étouffante ; de l’autre, la réflexion sur la conscience n’est pas assez poussée. Très tôt, on comprend que l’on se dirige vers un twist ou un imprévu, mais le chemin qui y mène est, lui, un peu trop calme.

Ex_Machina est une œuvre fascinante qui éveille la curiosité. Certes, elle manque de tonus et connait quelques imperfections, mais elle apporte indéniablement une nouveauté dans les récits sur l’intelligence artificielle. Jusqu’à présent, on connaissait surtout Alex Garland pour sa collaboration avec Danny Boyle en tant que scénariste sur 28 Jours plus tard et Sunshine. Il démontre ici ses compétences en matière de réalisation en plus de sa capacité, intacte, à imaginer des histoires originales.


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