Critique de film

Evil dead 3, L'armée des Ténèbres

"Evil Dead 3, Army of Darkness"
affiche du film
  • Genre : Fantastique – Comédie fantastique
  • Année de production : 1993
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Sam Raimi
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h36
  • Scénariste : Sam Raimi, Ivan Raimi
  • Musique : Joseph LoDuca
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Bruce Campbell, Embeth Davidtz, Marcus Gilbert
  • Récompenses : Saturn Award du Meilleur film d’horreur en 1994
    Golden Raven au Festival international du film fantastique de Bruxelles en 1993
    Critics Award pour Sam Raimi à Fantasporto en 1993
    Nominé au prix du Meilleur film à Fantasporto 1993
    Nominé au Grand Prix du festival d’Avoriaz en 1993

Une tronçonneuse greffée au poignet, un fusil à canon scié dans l'autre main, Ash, le héros des Evil Dead, remonte le cours du temps jusqu'en 1300. Là, il lui faut mettre la main sur le Nécronomicon, grimoire à l'origine de ses malheurs. Sa quête se transforme vite en effarante croisade, qui le mène à affronter une armée de squelettes...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Evil Dead 3 - A mort les morts !!!!
Par : Quentin Meignant


Le dernier épisode de la saga Evil dead se veut extrêmement différent des autres et les changements se font sentir dès les premières secondes. Là où Evil dead 2 n’était en aucun cas une suite du premier épisode, ce Evil dead 3 est une continuation du deuxième opus.

Nous retrouvons donc Ash aux mains d’une tribu moyennâgeuse qui en veut à sa vie. Son état est tout aussi déplorable qu’à la fin du second épisode : une main en moins qui laisse place à une tronçonneuse, le visage en sang et les yeux hagards.

Après un bref flash-back explicatif (on ne sait jamais, certains ermites ont peut-être manqué le 2 !) qui sacralise quelque peu une saga qui avait connu un sérieux coup de frein, nous plongeons à corps perdu en pleine action.

L’humour qui découle du décalage chronologique entre Ash et ses hôtes est immensément drôle et adroit ! On sent que Raimi a bien plus mûri son écriture que ce qu’il l’avait fait lors des épisodes précédents. Il a aussi plus que jamais bénéficié de l’aide de son frère, Ivan Raimi, qui lui a écrit des dialogues empreints d’une drôlerie de qualité.

Ces derniers sont réellement savoureux et démontrent à eux seuls où veut en venir le film. Ici, il n’est nullement question d’horreur à l’état pur mais juste d’une fable pseudo-historique dotée d’un gigantesque humour. Le seul but du film étant de faire rire, Raimi ne se prend pas une seule seconde au sérieux et se laisse aller à quelques scènes incroyables.

Ainsi, lorsque Ash fait découvrir son fusil à canons sciés aux Sieurs du Moyen-Age, il fait une véritable pub pour Priba . C’est ainsi que l’on peut entendre « Chez Priba, les prix sont bas ! » ou encore, un peu plus tard, « A mort les Morts ». Ce à quoi les membres de l’armée des Ténèbres répliquent bien entendu « A mort les mortels ! » bien entendu…

Au niveau des images, l’humour est bien présent aussi. Les scènes de combat sont proprement empreintes de folie. Les mini-Ash qui attaquent le grand Ash prouvent à quel point la dimension de la saga a changé : nous nous trouvons face à une sorte d’épisode horrifique des Visiteurs. Il ne manque donc plus que Jacouille pour que la fête soit totale !

Les anachronismes sont légion : carreaux, miroirs,… Tout ceci renforce encore le côté humoristique qui, cette fois, n’est pas trop entâché des lourdeurs habituelles. Hormis le passage où Ash se retrouve avec deux têtes et s’auto-frappe donc afin de se libérer, rien ne vient parturber une machine à faire travailler les zygomatiques parfaitement au point.

Ce qui frappe aussi, c’est la majestuosité graphique de l’œuvre. La photographie est tout simplement exceptionnelle. Le château et ses environs donnent un grand plus à la saga par rapport à la cabane au milieu des forêts, qui faisait un peu trop « cliché ».

Les décors sont eux aussi géniaux d’un bout à l’autre : tant le château que le royaume des ténèbres sont des endroits impeccables pour laisser libre court aux délires d’un Ash plus en forme que jamais. Au même titre que les fabuleux costumes, les décors ont donc joui de moyens bien plus importants que lors des épisodes précédents.

Les effets de caméras, véritable marque de fabrique d’une saga et d’un réalisateur passés maîtres dans cet art, sont encore plus léchés dans cet épisode. Déjà lors des deux premiers opus, Raimi nous avait littéralement régalé par de vertigineux travellings traversant la forêt de part en part, il revient ici avec une technique encore affinée ! Les mouvements sont encore plus fluides et les bruitages qui les accompagnent sont tout bonnement géniaux !

Quelques clins d’œil sont aussi à signaler. La scène d’amour est clairement faite pour se moquer de ces films historiques qui foisonnent bien souvent de séquences coquines à contrejour tandis que la phrase « Que Dieu sauve Arthur » est un petit clin d’œil au God save the queen anglais.

Bruce Campbell est simplement génial et donne vraiment un tonus et une drôlerie incroyable au propos. Il signe une prestation 10 étoiles et fait plus que jamais entrer son personnage dans la légende du cinéma de genre !

Bref, L’armée des Ténèbres est un excellent film qui ne se prend pas du tout au sérieux et qui donne un autre rang à une saga parfois encensée mais aussi souvent décriée. Raimi a clairement choisi son parti : celui de faire rire ! Et c’est pleinement réussi !


Oeuvres liées :

Evil Dead (1981)
Evil Dead 2 (1987)

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