Critique de film

End of Animal

"End of Animal"
affiche du film
  • Genre : Science-fiction, Surréalisme
  • Année de production : 2010
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Jo Sung-hee
  • Pays d'origine : Corée du Sud
  • Durée : 1h54
  • Scénariste : Jo Sung-hee
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  • Bande annonce
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  • Casting : Lee Min-Ji, Hae-il Park, Park Sae-Jong
  • Récompenses : Aucune

Lors d’une froide journée, Sun-young effectue en taxi le long trajet qui la ramènera chez sa mère, où elle doit accoucher. Cette perspective doit réjouir la timide jeune femme, surtout que l’auto-stoppeur fraîchement embarqué par son chauffeur en cours de route se montre très désagréable à son égard. Il semble tout savoir sur elle et, entre autres insanités, entame un étrange compte à rebours, suivi d’un flash, un bruit assourdissant, puis le néant… A son réveil, Sun-young est seule. L’électricité ne marche plus et des grognements effrayants émanent des bois. Quelque chose d’apocalyptique est arrivée au Monde et les survivants que Sun-young croise ne s’avèrent pas d’une grande aide, bien au contraire…

Les critiques à propos de ce film

Critique de End of Animal - Vous les femmes...
Par : Quentin Meignant






Jeune réalisateur sud-coréen, Jo Sung-hee possède un sacré CV. Après avoir terminé ses études de designer industriel à l’Université de Séoul, il a en effet été admis à la Korean Academy of Film Arts avant de remporter le troisième prix de la Cinéfondation du Festival de Cannes en 2009 grâce à son moyen-métrage Don’t sleep out of the House. Ceci explique sans doute pourquoi le cinéaste s’est retrouvé sélectionné dans la compétition internationale du NIFFF 2011 à l’occasion de son premier long-métrage, End of Animal. Le film suit Sun-young, une jeune femme en fin de grossesse, qui, lors d’une froide journée d’hiver, effectue un long trajet en taxi pour se rendre chez sa mère. En chargeant un auto-stoppeur, le chauffeur du taxi est loin d’imaginer ce qu’il va se passer. Le mystérieux jeune homme déballe un flot d’insanités assez impressionnant avant de dresser un curieux portrait de Sun-young et du chauffeur. Semblant tout savoir sur leur passé mais aussi sur leur avenir, il leur annonce un événement dramatique qui droit survenir dans les minutes qui suivent. Après un grand flash, Sun-young se réveille seule dans le taxi. Plus aucun appareil ne fonctionne, des hurlements de bête sauvage émanent des bois avoisinants et des personnages troublants apparaissent au fur et à mesure que le temps passe.

Intriguant dès l’apparition du personnage mystérieux, End of Animal bascule d’emblée dans un espèce de surréalisme aussi troublant qu’intéressant, Jo Sung-hee se bornant à déconstruire toute logique. Bénéficiant de décors désertiques du plus bel effet et d’un style particulièrement épuré, l’entame du métrage se décline tel un cauchemar éveillé, plongeant le spectateur et la principale protagoniste entre rêve et réalité, un peu comme l’avait fait il y a quelques temps le kazakh Akan Satayev avec le très troublant Strayed.

L’apparition des personnages tout aussi curieux multipliant encore l’impact de End of Animal, le film suit la décrépitude mentale et physique de la protagoniste principale, aux prises avec ses propres démons (la timidité et le manque profond d’assurance). Mais là où Sung-hee aurait dû livrer une fable sur l’instinct animal en rendant à Sun-young l’aspect sauvage et rebelle de tout être humain, le cinéaste s’égare et donne lieu à un morne discours sur la condition féminine. Privilégiant un traitement auteurisant là où il aurait dû donner naissance à un survival au crescendo violent, le metteur en scène fait sombrer son ensemble dans un marasme ennuyeux qui s’étire sur près de deux heures.

Doté d’évidentes qualités visuelles et de vingt premières minutes intéressantes, End of Animal ne tient malheureusement pas la longueur, Jo Sung-hee répugnant à donner un sens à sa fable sur la condition humaine. Là où le scénariste aurait dû procéder à une hausse de rythme par paliers, il se satisfait pleinement des pénibles déambulations insensées de son héroïne.


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