Critique de film

Eden Lake

"Eden Lake"
affiche du film
  • Genre : Survival
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : James Watkins
  • Pays d'origine : Grande-Bretagne
  • Durée : 1h31
  • Scénariste : James Watkins
  • Musique : David Julyan
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Kelly Reilly, Michael Fassbender, Thomas Turgoose, Bronson Webb, Jack O’Connell,...
  • Récompenses : Aucune

Jenny est maîtresse d'école. Elle et son petit ami quittent Londres pour passer un week-end romantique au bord d'un lac. La tranquillité du lieu est perturbée par une bande d'adolescents bruyants et agressifs qui s'installent avec leur Rottweiler juste à côté du couple d'amoureux. A bout de nerfs, ces derniers leur demandent de baisser le son de leur radio. Grosse erreur ! Qui ose dire quoi que ce soit aujourd'hui à une bande de jeunes qui se conduisent mal ? Qu'arrive-t-il à ceux qui osent ? Quel poids les adultes ont-ils sur ces jeunes ? Les parents n'auraient-ils pas finalement les enfants qu'ils méritent ?

Les critiques à propos de ce film

Critique de Eden Lake - Délinquance juvénile
Par : Romain Mollet


Le cinéma de genre britannique regorge de metteurs en scène à suivre. Des noms ? Edgar Wright, Neil Marshall (que l’on salue, ainsi que sa marraine de femme), Paul Andrew Williams ou encore Christopher Smith. Et il faudra désormais ajouter James Watkins, auteur de ce surprenant survival aux relents de drame social, qui nous plonge dans une brousse anglaise assez dépaysante.

Steve et Jenny, un joli petit couple campé par les excellents Kelly Reilly (bavez messieurs) et Michael Fassbender (bavez mesdames), décident de passer un week-end tranquille dans un petit coin de paradis devenu résidence pour personnes aux revenus moyens. Une fois sur place, tout serait parfait s’il n’y avait pas une bande d’adolescents impolis et grossiers (bref, des sales djeunzs) menés par un leader sadique. Après un dérapage de trop de la part des deux adultes, la bande fera tout pour avoir leur peau.

Certes, les films où des mineurs veulent massacrer des adultes ne sont pas nouveaux, on compte parmi eux des chefs-d’oeuvre comme Les Révoltés de l’An 2000 ou Class of 1984, mais Eden Lake ne ressemble à aucun de ces derniers et se pose davantage du côté d’un Délivrance. Dès le début du film, Watkins nous fait partager sa vision sur le sujet de la délinquance juvénile de plus en plus fréquente outre-Manche (alors que son scénario fut écrit 3 ans avant les incessantes bagarres à l’arme blanche dont raffolent les médias). Selon lui, la violence d’un enfant est justifiée par l’autorité parentale, et ce sujet confère une dimension psychologique au film qui le rend immédiatement dérangeant. D’autant plus que ces jeunes "Tony Montana" n’ont aucune pitié et que les sévices sanglants (bravo à l’équipe des maquillages et effets spéciaux !) dont ils sont responsables, filmés via un téléphone portable, sont atroces de sadisme, à tel point qu’ils peuvent paraitre exagérés.

Mais Watkins distille d’abord la peur par petites touches, de façon efficace, usant d’idées plus originales les unes que les autres (vous avez déjà sursauté à la vue d’un molosse qui aboie ?) et du score qui soutient la réalisation maitrisée de bout en bout. Très peu d’effets stylistiques inutiles, mais une véritable personnalité cinématographique où il utilise son décor comme une menace à part entière, aussi dangereux que les esprits rebelles qui le parcourent en BMX. Ainsi, alors qu’elle s’enfuit, la résistante Reilly s’enfonce une pointe dans le pied, et dans un effort surhumain, tente de le retirer. C’est l’une des nombreuses souffrances physiques que le réalisateur n’hésite pas à filmer au lieu de suggérer, de même que les plaies de son fiancé ou encore la furtive "punition" déchirante d’un des enfants causée par l’évasion de la martyre. Le métrage permet également d’admirer les performances de jeunes comédiens, dont la coqueluche de This Is England, Thomas Turgoose, ou encore Jack O’Connell, le tyrannique et dérangé chef de bande.

Eden Lake est un premier film barbare et puissant, un voyage en spirale au bout de la peur, comme le prouve une fin aussi émouvante que traumatisante, concluant parfaitement le sujet que le metteur en scène à su développer avec intelligence, le classant ainsi parmi les meilleurs films de genre de ces dernières années. Alors, on en vient déjà à demander du nouveau de la part de Watkins, dont on réentendra parler l’année prochaine avec The Descent 2 dont il est scénariste et assistant directeur, et bientôt avec un thriller fantastique dont on ignore tout pour le moment... mais on peut d’ores et déjà affirmer que c’est une nouvelle figure virtuose.


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