Critique de film

Ecorché vif

"Skinned Deep"
affiche du film
  • Genre : Horreur
  • Année de production : 2004
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Gabriel Bartalos
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h37
  • Scénariste : Gabriel Bartalos
  • Musique : David Davidson
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Karoline Brandt, Warwick Davis, Jay Dugre, Aaron Sims, Liz Little
  • Récompenses : Aucune

Une région oubliée des Etats-Unis. Une maison délabrée au bord d'une route poussiéreuse. Une famille. Jusque là, rien d'extraordinaire, si ce n'est que la famille en question se compose uniquement de monstrueux psychopathes cannibales. De féroces prédateurs qui exterminent quiconque ose s'aventurer sur leur terrain de chasse...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ecorché vif - Rednecks fever
Par : Damien Taymans




Une famille d’Américains moyens sillonne le sud pour une obscure raison. Pan ! Une crevaison vient détruire leurs plans de week-end. Heureusement, une vieille dame extrêmement sympathique leur offre l’hospitalité dans son humble demeure (ben, c’est quasiment le bureau de Mae-Nak après une nuit de travail acharné). Ce qu’ils ignorent, c’est que la famille de ladite mémé est un peu barjo sur les bords et que l’équipée entend bien profiter de ces nouveaux convives pour… les découper en morceaux…

Gabriel Bartalos, noble artisan du maquillage et des effets spéciaux du cinéma horrifique de série B qui oeuvra sur Leprechaun et ses suites ainsi que pour le compte du délirant Elmer le remue-méninges, se lance avec Ecorché vif dans sa première réalisation (la seule à ce jour). Œuvre ultra-référentielle, Ecorché vif se présente comme un mélange improbable des univers du Massacre à la tronçonneuse de Tobe Hooper, du Freaks de Tod Browning assaisonné à la sauce Troma. S’appuyant sur une intrigue exagérément convenue (une famille de rednecks qui torture une jeune fille dont la famille vient d’être décimée), le métrage de Gab’ reluit d’inventivité grâce à son bestiaire détonnant. Granny, vieille dame aguicheuse au sourire enjôleur et à l’innocence présumée (y a pas plus sournois que ces vieillies biques en tablier), pendant féminin du shérif Hoyt du remake hooperien de Nispel. Le Chirurgien aux mâchoires d’acier et au visage entièrement brûlé, bête sanguinaire aisément comparable au Leatherface originel. Plates, le nain de foire, habile dans le lancer d’assiettes. Brain, jeune homme d’une gentillesse sans bornes qui arbore une gigantesque matière grise en guise de chevelure. Et enfin, le Créateur, enveloppe corporelle bodybuildée et décapitée tapie dans les sous-sols du manoir familial. Un bestiaire auquel viennent s’ajouter une bande de motards grabataires tout droit sortis d’un Mad Max spécial troisième âge…

Malgré cette faune hétéroclite de prime abord assez attrayante, Ecorché vif pèche par excès et s’avère bien incapable de tisser la moindre trame scénaristique un tant soit peu originale. Largement rebattue, l’intrigue se décline en de nombreux dédales ennuyeux (à l’instar des couloirs labyrinthiques qui composent le sous-sol de la demeure) qui permettent gracieusement à la victime de faire des tours à moto, de batifoler dans un parc à la vue de tout le monde sans pour autant chercher à fuir l’assemblée de cinglés qui la traumatisent. D’autant que les retours dans l’enceinte de la nuée de freaks s’accompagnent sempiternellement des mêmes excentricités de personnages attachants dans un premier temps qui deviennent rapidement lourdingue (mention spéciale au surjeu de Warwick Davis bien loin de ses prestations de Leprechaun).

Ecorché vif se dote d’une faune exotique aux frasques lourdingues à l’esthétique prétendument lynchienne afin de calfeutrer autant que faire se peur les vides béants qui composent le scénar’ d’une convention outrancière. D’exagérations capillotractées en élucubrations échevelées, Bartalos signe un métrage indigeste tout juste mis sur pied pour prouver l’étendue de ses talents en effets spéciaux. Affligeant…

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