Critique de film

Dying God

"Dying God"
affiche du film
  • Genre : Horreur, Thriller
  • Année de production : 2008
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Fabrice Lambot
  • Pays d'origine : France
  • Durée : 1h25
  • Budget : 500 000 dollars
  • Scénariste : Jean Depelley, Fabrice Lambot, Nicanor Loreti, Matt Timm, Germán Val
  • Musique : Sup
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  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Lance Henriksen, Misty Mundae, James Horan, Agathe De La Boulaye
  • Récompenses : Aucune

Dans une mégapole décadente, Fallon est un flic se noyant dans la corruption, le trafic d'armes et l'abus de pouvoir. Une série de meurtres de femmes va cependant perturber le quotidien du flic ripou.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dying God - Dieu m’a perforé le foie...
Par : Damien Taymans


Au cœur d’une grande ville sud-américaine, le flic véreux Sean Fallon enquête sur une série de viols et meurtres atroces. Ensemencées par une sorte de Rocco survitaminé, les victimes finissent dans un état proche d’une aérophagie développée. Les tripes à l’air, les pauvres femmes semblent avoir subi une fornication intensive pratiquée par un monstre au phallus géant. Accompagné des maquereaux du quartier, Fallon tente de retrouver cette ignoble créature…

Le cinéma de genre francophone est assez rare que pour qu’on applaudisse toute nouvelle tentative, aussi fauchée soit-elle. Depuis les récents A l’intérieur et Frontière(s), les créations horrifiques tricolores se multiplient, connaissant des fortunes pour le moins diverses. Dans ce contexte d’indigente productivité (bien que le meilleur reste à venir), l’arrivée de Dying God en DTV, même s’il traite de l’infâme Kurupi, monstre mythologique amazonien aux attributs virils développés, est un événement qui se savoure...

Développé parallèlement à deux projets tombés à l’eau, Dying God est le premier long-métrage du réalisateur français Fabrice Lambot, déjà auteur des deux courts Insanity et Le Sang du châtiment. Toujours produit par la société Metaluna co-fondée avec Jean-Pierre Putters et Jean Depelley, Dying God est le produit de la conjonction de ce trio d’amoureux dévolus au genre (comme l’était déjà le très bon Le Sang du châtiment).

Produit argentino-français, le métrage se révèle fortement teinté des univers que les trois compères affectionnent. Au confluent d’une multiplicité de genres (le polar US dont il adopte l’image granuleuse et les recoins mal famés, le giallo argentien, le « monster movie » et le film de serial killer tendance Seven), Dying God additionne toutes ces influences pour devenir une œuvre hybride en forme d’hommage à tout un pan cinématographique qui fit l’éducation de ses géniteurs. Fidèle à ses méthodes antérieures, Lambot intègre à nouveau les éléments constitutifs de chacun des genres pour les faire siens et les détourner joyeusement afin de favoriser leur intégration dans son intrigue. Résultat : sans être foncièrement original, le scénar ne dénote jamais malgré les multiples renvois cinéphiliques et poursuit fidèlement la trame rectiligne qu’il s’est fixée.

Taxé d’amateurisme par certains, Dying God réussit pourtant le délicat pari de ne jamais sombrer dans le Z rigolard, catégorie à laquelle le film semblait pourtant destiné eu égard de son pitch audacieux (un démon au sexe développé, faut oser !). Certes, on pourra pointer l’interprétation foirée de l’inexpressif James Horan. On pourra également maugréer à l’encontre des effets spéciaux pas tous franchement réussis.

Réduire ses considérations à ces seuls détails reviendrait à mettre au pilori la moindre production frenchy sous prétexte qu’elle ne correspond pas aux canons hollywoodiens. Et, dans ce domaine, Dying God n’a pas la prétention de péter plus haut que son fessier. Une série B sympa sans prétention qui vaut largement mieux que les blockbusters amphétaminés et désincarnés pour ados décérébrés (qui a parlé de pléonasme ?).


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